Je suis pas débile, je sais bien que mon désir est comme une cocotte qui doit rester pliée, c’est juste que je sais aussi voir la vivacité et le charme là où ils se trouvent, c’est tout. D’ailleurs, les gens font la moue quand j’aborde le sujet, mais j’ai rien inventé : les histoires les plus populaires sont des contes zoophiles, et les scénaristes se sont jamais gênés pour écrire des romances « mixtes ». C’est pas pour autant que la pratique va entrer dans notre quotidien ; contrairement à cette infamie de « café gourmand » par exemple, qui s’est insinuée dans nos vies sans faire de bruit, et là, y’a personne pour s’insurger. Alors OUI, c’est VRAI, le kink zoophile est un fantasme impressionnant, ça fait tout de suite comme si on parlait de double pénétration pendant un premier date avec Vianney le chanteur. Mais en vrai, vous croyez quoi ? Hein, vous, brave Peuple ? Réveillez-vous quand vous collez la petite devant La Belle et la Bête sur l’iPad pour être tranquilles 70 minutes, vous lui donnez accès à un dessin animé de renommée internationale qui est ZOOPHILE.

Laissez-moi continuer de vous niquer le cerveau, je me dis puisqu’on est là, autant aller au bout du délire. De toute façon, vous êtes kéblo, vous pouvez plus vous arrêter de lire, donc autant vous aider à arrêter de culpa’. Mon objectif, c’est pas de m’unir un jour à mon ami et confident Coyote, un croisé berger allemand avec un humour incroyable, mais j’apprécie que dans la fiction « non spécialisée », les scénaristes fassent un effort pour dédramatiser notre amitié franco-allemande, à Coyote et moi. Ça me permet de déposer quelque part cette lourde charge que d’autres appellent le désir, et de le cadrer aussi. Parce que, qu’on soit clairs, NON, je n’ai jamais regardé de porno zoophile, mais OUI, j’ai regardé certains épisodes de Bojack Horseman plusieurs fois. Alors si vous êtes néophytes curieux, laissez-moi vous faire une petite sélection des fictions qui ont jalonné la zoof’friendlyAttention, je vous donne mes petites adresses à moi, je suis pas en train de faire un recensement exhaustif. Le désir, c’est une question de rencontres.2

Mon préféré : Bojack Horseman
Bojack a été une star de la télévision dans les années 90, mais c’est surtout un cheval (mais bon, moi, vous l’avez compris, « je vois pas les couleurs ») magnifique, alezan, avec une personnalité spleenétique un peu comme celle d’Axel Bauer. Il a su me séduire car c’est un canasson avec des fêlures. Il n’a pas de « type » de femmes (YES), et il laisse sa chance à la personnalité de sa partenaire. J’ai envie de lui caresser le nez là où c’est doux.
Pourquoi c’est de la zoophilie safe : Bojack pourrait me pécho quand il veut. Mais c’est un dessin animé, donc y’a peu de chances.
Est-ce que j’ai déjà tapé « Bojack porn » sur internet ? NON, POURQUOI ?

Celui où je trouve que la fin est dommage : La Belle et la Bête*
*à ne pas confondre avec La Belle et le bad boy, de Mc Solaar.
La Bête est un milliardaire dans la fleur de l’âge ; d’ailleurs, il a servi de matrice à tous les mummy porn depuis le début du phénomène littéraire. Son seul particularisme, c’est que ce n’est pas un prince comme les autres : c’est un bison qui porte une chemise à jabots. Je l’apprécie car il est introverti et humble, contrairement à Elon Musk. À la base, son projet est de faire un peu de bed and breakfast pour briser la solitude, mais l’hôte qu’il reçoit est une dame comme moi (= pro-zoophile). La seule chose que je n’aime pas dans La Belle et la Bête, c’est qu’à la fin, le bison se transforme en humain. J’ai trouvé ce délire scénaristique un peu loufoque.
Pourquoi c’est de la zoophilie safe : je ne risque pas de tomber amoureuse de la Bête, car il a l’air trop romantique et ça me saoule.
Est-ce que j’ai déjà tapé « Costume Bête pas cher » sur internet ? NON, POURQUOI ?

Le scénario qui passe pas le test de Bechdel : Ariel, La Petite Sirène
Ariel est le fruit d’une humaine et d’un poisson, mais elle fait un repli communautaire et choisit de développer sa partie humaine en allant se mettre à la colle avec un pervers narcissique. Je n’apprécie pas l’histoire entre Ariel et le prince, car je suis peut être zoophile mais je suis pas conne. Or la morale d’Ariel, c’est que si ton mec se barre avec une pote de BTS à toi, faut se dire c’est la vie c’est comme ça. Bah je suis désolée, c’est pourri.
Pourquoi c’est de la zoophilie safe : la tendance mermaid est désormais populaire, ça m’a coupé l’envie.
Est-ce que j’ai déjà tapé « Ariel la petite sirène + squirt » sur internet ? NON, POURQUOI ?

Le scénario avec des hashtags qu’il vaut mieux taper en navigation privée : Le Petit Chaperon rouge
Le Petit Chaperon rouge est un récit où est expliqué ce qui suit de manière plus subtile que comme je vais le présenter, mais en gros : si t’arrêtes de courir, tu te fais enculer par un loup. Soit toutes les boîtes Tupperware© de Pandore que j’essaie de garder fermées. Donc oui, j’aime bien cette histoire qui rassemble toutes mes envies. Un peu comme si mon mec n’était pas dégoûté de me faire l’amour alors que j’ai mes règles. Ce que j’aime particulièrement dans cette idylle impossible, c’est que depuis le début, si le loup était méchant, c’est parce qu’il était malheureux. Ça m’a vachement touchée.
Pourquoi c’est de la zoophilie safe : me laissez pas aller à Thoiry seule, je préfère être honnête avec vous.
Est-ce que j’ai déjà tapé « Jacob Twilight + porn + full moon » sur internet ? NON, POURQUOI ?

Le scénario qui me rassure sur mes chances de faire un film, car si celui-là a été financé, alors tout est possible : La Forme de l’eau
La Forme de l’eau, c’est l’histoire d’une dame qui tombe amoureuse d’une belle daurade dotée de jambes. Ils se rencontrent dans son aquarium qui est aussi sa prison, elle le sort de là et lui procure plus de plaisir qu’aucune papillote ne lui aura jamais assuré.
Pourquoi c’est de la zoophilie safe : alors là, à moins que vous ne soyez excités par le générique de Thalassa, on est sur du 110 % safe.
Est-ce que j’ai déjà tapé « anguille traduction anglais + hentaï » sur internet ? OH ÇA VA.

Le scénario où ils ont étalonné tout le monde pour qu’ils aient les yeux orange : Twilight
Dans cette saga, il y a deux équipes : celle d’Edward, un enfulte qui refuse de se brosser les dents, et celle de Jacob, à laquelle j’ai toujours adhéré car il met en avant son amour de valeurs telles que la famille, sa patrie et sa femme, bien qu’il soit un loup-garou. J’aime tout dans Jacob, sauf quand il se marie avec une femme à laquelle je n’arrive pas à m’identifier, car elle s’appelle Renesmée et elle a une tête à acheter une nappe au marché de Pézenas, l’été, avant de mettre ses gamins en école Steiner.
Est-ce que j’ai déjà tapé « Jacob + Edward + ragefuck » sur internet ? Oui. Mais j’ai rien trouvé de satisfaisant.

Le scénario zoophile pour les asexuels : Le Cochon de Gaza
Ce film est un bon exemple de ce que j’aime dans les relations humains-animaux. On n’est pas obligé de se guélan pour s’aimer, et ça, le cinéma pro-zoof’ l’a bien compris. Dans ce film, il est question d’une relation platonique entre un homme et son cochon, à qui il souhaite bonne nuit et met des chaussettes quand le sol est trop gravillonné.
Est-ce que j’ai déjà tapé « chaussettes + animaux » sur internet ? Oui, mais c’était pas une recherche porno.

Le scénario où les auteurs en avaient gros sur la patate : Peau d’âne
Peau d’âne, c’est l’histoire d’une petite dame qui, pour échapper à un mariage avec son père n’a qu’une solution : « ne faire qu’un » avec UN BEL ÂNE.  
Pourquoi c’est de la zoophilie safe : c’est elle qui va vers lui, l’âne n’a aucune obligation de la ken. C’est un âne escort, en fait.
Est-ce que j’ai déjà tapé « Peau d’âne porn » sur internet ? Non, parce que je sais que j’aurais perdu mon âme d’enfant.

Je vous passe rapide ceux que j’aime pas parce que c’est pas crédible ou que c’est des fantasmes unisensiques, et on reprend : King Kong, où un gros gorille qui doit manger 120 œufs par semaine emmène sa dulcinée dans une www.mapetitecabanedanslesarbres.com qu’il loue à l’année. Il y a aussi ce fameux épisode de Black Mirror où un Premier ministre anglais cède à un chantage et doit faire l’amour avec une truie. Nous n’avons pas aimé cet épisode car il nous a embêtés. Je parle au nom de la commu’ des Zoophiles Vanille. Et puis bien sûr, il y a Roger Rabbit, l’histoire du lapin qui aimait les bonnes meufs. C’est pas tant l’histoire qui me plaît pas mais les mensus de Jessica Rabbit, qui sont pas tellement militantes. FIN DE LA PARENTHÈSE.

Bon, et sinon, mes deux séquences préférées pour calmer ce feu que j’ai en moi, c’est d’abord un épisode de Misfits, la série avec les petits Anglais tous trop mignons. L’un des persos, Kelly, chope pendant une tempête magique le pouvoir de lire dans les pensées de gens, ce qui la rend assez irritable, bien qu’elle prenne ses fleurs de Bach, parce qu’elle a des gros seins, et déjà, quand tu lis pas dans les pensées et que t’es pourvue, c’est relou, mais alors avec le full access laisse tomber, la meuf pète un câble elle en peut plus. Elle rencontre enfin un jeune homme dénué de pensées salaces : ils tombent amoureux, mais elle le quitte car au lit, il la DÉMFFJEBIUEF ZPOJR. Normal : car EN FAIT, sa particularité, ce n’est un homme que depuis la tempête ; avant, c’était un gorille. Coucouuuuuuu mon Coyote, tiens bon, on y est presque. Et pour terminer, donc, si je ne devais garder qu’un seul portrait dans mon pendentif médaillon, je choisirais Brian, le chien de Family Guy. On se ressemble, il est un bon toutou fidèle, certes, mais surtout, il a ce petit complexe de supériorité qui me fait péter un câble et il BAISE PLEIN DE MEUFS en #doggystyle <3

PS : Si au moins vous pleuriez devant le Grand Canyon parce que tous les Indiens ont été exterminés, je pourrais comprendre.

Illustrations : Kine Andersen