Ça se binge : Maniac
Au moment d'entamer cet article, vous vous direz sans doute que tout le monde a déjà trop parlé de cette nouvelle série Netflix et de son casting XXL - au passage, chaque article lu ça et là sur le web a probablement rappelé la présence de Cary Fukunaga (aux commandes de la première saison de True Detective) à la réalisation, de Patrick Somerville (The Leftovers) au scénario et des retrouvailles de Jonah Hill et Emma Stone, onze ans après SuperGrave (preuve ultime que les cood kids ne meurent jamais !). Qu'importe : Maniac, qui réunit également Jemima Kirke (ex-Girls), Sally Field (mythique Miranda Hillard dans Madame Doubtfire) et Justin Theroux (The Leftovers), mérite tout cet abattage médiatique. Ne serait-ce que pour les nombreuses bizarreries qu’elle renferme dans son scénario, basé à New-York : la présence d'un koala robotique dans l'épisode 2, la découverte d'une seconde Statue de la Liberté, la bibliothèque de Brooklyn transformée en terminal de bus et les nombreux rêves éveillés des personnages incarnés par Jonah Hill et Emma Stone, Owen et Annie. C'est parfois un peu flou, on a même la sensation d'être par instant aussi paumé que les deux personnages principaux, mais Cary Fukunaga ne s'en cache pas : Maniac a été maintes fois retravaillé et beaucoup de scénarios ont été jetés. Au New York Times : « Patrick et moi étions tous deux très enthousiastes à l'idée de faire une auto-analyse pendant plus d'un an et demi. Nous avons exploré à fond nos relations - parfois directement, parfois indirectement - avec nos parents et nos frères et sœurs, et nos proches. »

poster_large.jpg-c_1024_350_x-f_jpg-q_x-xxyxx« Exploration », le mot est lâché ! Et il colle parfaitement au récit développé par Maniac tout au long des dix épisodes de cette unique saison - Patrick Somerville, et Cary Fukunaga ont d'ores et déjà annoncé qu'il n'y aurait pas de suite. Un peu à la manière de Matrix, voire d'eXistenZ (références assumées), Maniac n’est au final rien d’autre qu’une plongée dans la psyché de ses deux acteurs principaux, pile au moment où ils acceptent de participer à d’étranges tests scientifiques. L’idée ? Gober trois pilules pourrait réparer leurs troubles intimes, résoudre les mystères de l’esprit et propulser les candidats dans des mondes parallèles. Idée lumineuse qui permet à la série de transformer presque chacun de ses épisodes en un clin d’œil à différents genres cinématographiques : le film d’action des années 1980, le film noir, l’heroic fantasy, la comédie, etc.


C’est parfois sublime (la classe de Jonah Hill et Emma Stone, putain !), mais Maniac n’est ni le chef-d’œuvre espéré par les uns, ni la série mainstream dénoncée par d’autres. Disons qu’elle étonne par ses scènes émouvantes, séduit par ses phrases percutantes placées ça et là (« C’est si dur de garder dans nos vies les êtres qu’on a perdus »), frappe par sa créativité hors-norme, et touche par son incapacité à la rendre pleinement séduisante. Un peu à l’image de l’ordinateur permettant de voyager dans tous ces mondes parallèles : intriguant et attachant à certains moments, mais tellement « dépressif », selon les propres mots des acteurs, qu’il en devient lourd à observer. Par instants, du moins.

La série qu’on aimerait spoiler : Ad Vitam
Soyez honnêtes : il y a encore quelques années, on vous aurait parlé d'une série de science-fiction produite par Arte avec Yvan Attal dans le rôle principal, vous auriez fui aussi vite que Ross Geller face à une araignée (les vrais savent). Aujourd’hui, les productions françaises font preuve d’une telle ambition que cette proposition de la chaîne franco-allemande se révèle au contraire franchement excitante : on y suivra les aventures de Darius, un flic de 120 ans, et de Christa, une jeune fille colérique, chargés d’enquêter sur la disparition de plusieurs mineurs au sein d’une société où l’on pensait avoir éradiqué la mort. Le reste est encore flou, mais le casting (Yvan Attal, donc, mais surtout Garance Marillier, Rod Paradot ou encore Niels Schneider) donne sacrément envie de se jeter sur ces six épisodes le 8 novembre prochain.

OSEF : le retour de Veronica Mars
C'est Kristen Bell qui l'a annoncé sur Instagram, avant que l’on ne découvre le pitch de cette saison 4 : « Les spring breakers se font assassiner à Neptune, décimant au passage l’industrie touristique de la ville balnéaire. Après que Mars Investigations a été embauchée par des parents endeuillés qui veulent attraper le tueur de leurs fils, Veronica se retrouve plongée dans un mystère épique en 8 épisodes, qui va opposer les riches élites de l’enclave. Ces dernières préféreraient mettre un terme à la bacchanale qui dure depuis un mois, alors que la classe ouvrière compte sur l’afflux de liquidités que représente la réponse de la côte Ouest à Daytona Beach. »
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L’intrigue que tout le monde se pose :
Pourquoi n’y-a-t-il pas de fond à la piscine dans BoJack Horseman ? Tout être humain normalement constitué doit se poser cette question, même si personne ne sait vraiment quoi y répondre.

L’interview du mois :
À The Backpackerz, Pascal Tessaud explique ce qui l'a poussé à réaliser Paris 8, la face hip-hop, série-documentaire prévue sur Arte début 2019 et qui revient sur l’entrée du hip-hop à l’université de Saint-Denis au début des années 1990 :

« L’histoire du hip-hop n’est pas étudiée en France, contrairement aux États-Unis, où des artistes comme Talib Kweli, Chuck D ou KRS-One enseignent ce patrimoine dans des facs de renom. Mon documentaire est aussi une manière de réhabiliter l’enseignement des cultures populaires. Il faut savoir que je n’ai pu récupérer qu’à peine dix pour cent des archives vidéo de la fac sur ce sujet. Tout le reste a été malencontreusement détruit. Cela montre le peu d’estime que l’on porte sur cette dite « sous-culture » en France. Si je n’avais pas demandé à sortir ces images, toute cette mémoire aurait été totalement détruite. Des centaines d’heures sont parties en fumée. C’est donc un petit miracle que j’ai pu faire cette série documentaire avec quelques images sauvegardées, qui sont inédites et exceptionnelles. »

La guest star ultime : Aaron Paul
« Science-fiction, bitch ! » On ne risque probablement pas d'entendre Aaron Paul prononcer cette phrase dans la saison 3 de Westworld, dont le tournage devrait débuter en mars 2019, mais son unique présence au casting de la série HBO suffit à notre enthousiasme. « Je me sens comme si j'étais dans un rêve de Dolores », a-t-il précisé sur son compte Instagram. « Pouvez-vous me réveiller de ce rêve ? Je me sens béni et ému de pouvoir enfin évoquer ce petit secret. Merci Jonah et Lisa et toutes les personnes derrière Westworld pour m'avoir permis de venir jouer dans votre parc. À très bientôt. »


La punchline du mois : 
Harvey : Ça va trop vite, impossible de se concentrer. À peine on s’installe dans un plan que ça bouge à nouveau.
Eileen : C’est le chemin de l’orgasme.
Harvey : Quoi ?
Eileen : L’orgasme fait cet effet. Quand le plaisir monte, c’est désordonné. On alterne entre ses fantasmes, la réalité et un entre-deux.
Harvey : Je ne peux pas…
Eileen : Quoi, Harvey ?
Harvey : Je reconnais que ce tu as pondu en deux jours ressemble, dans un flou artistique warholien, correspond à ce que vit une pétasse qui se tape son voisin et son concierge.
Eileen : Son réparateur télé.
Harvey : Bravo de nous avoir fait entrer dans la tête d’une femme jusqu’au nirvana. Le problème, c’est que le public, les mecs qui se paluchent devant, ils ne veulent pas être dans la tête d’une nana. Ils veulent être dans leur propre tête. Ils veulent des bites dans des chattes.
Eileen : Du porno.
Harvey : Notre raison d’être.

La saison 2 de The Deuce a commencé depuis à peine une petite vingtaine de minutes que David Simon (The Wire, Treme) a déjà parfaitement capté l’essence et les paradoxes des films pour adultes.

Jennifer Garner, « Her name is Sydney Bristow »
Il y a tellement de moments où l’on aurait pu réduire Jennifer Garner à une pimbêche d’Hollywood, une actrice de seconde zone juste bonne à alimenter les pages des tabloïds américains. Ces dernières semaines, par exemple, les médias parlaient simplement d’elle pour évoquer son passage à l’école de ses enfants, des bigoudis plein la tête, ou alors le fait qu’elle ait accompagné Ben Affleck en cure de désintox (oui, le journalisme vous veut du bien parfois). Un peu comme si sa performance en 2003 dans Daredevil, suffisamment gênante pour que l’on s’en souvienne, l’avait réduite au statut d’actrice « non-bankable ». C’est oublier un peu vite que Jennifer Garner a longtemps été une figure importante du petit écran. Elle a fait pas mal d'apparitions dans diverses séries (New York, police judiciaire, Spin City, Felicity, Le Caméléon ou encore Les Simpson), mais on ne va pas vous faire l’historique. Les vrais savent pertinemment où l’on veut en venir : à Alias, et plus particulièrement à son personnage de Sydney Bristow qu’elle a incarné avec talent de 2001 à 2006. Un rôle que J.J. Abrams a spécialement pensé pour elle (même si Melissa George, finalement interprète de Lauren Reed, et Jenna Fisher – Pam dans The Office - ont un temps été pressenties), mais qu’elle a longtemps hésité à accepter ou non.alias_stillAvec le temps, on a même fini par apprendre qu’elle avait repoussé cinq fois son audition et qu’elle s’était entrainée aux arts martiaux durant tout ce temps. Bien lui en a pris, comme on dit : avec Alias, l'Américaine a ainsi pu tout jouer, tout incarner, l'héroïne badass capable de se lancer dans des bastons hyper-chorégraphiées comme la jeune femme aux problèmes plus intimes, le tout depuis différentes villes du monde entier (Berlin, Mexico, Sarajevo, etc.) et selon un look systématiquement extravagant (chacune de ses perruques coûtait entre 5 000 et 20 000 dollars l'unité). En clair, c'était l'anti-Jack Bauer, ce héros à qui rien ne semble pouvoir nuire. Et même si la saison 3 est sans doute la moins aboutie, ça n'a pas empêché Jennifer Garner de marquer l'esprit des sériephiles, aux côtés de tout un tas de guest stars prestigieuses (Quentin Tarantino, David Cronenberg, Ethan Hawke, Christian Slater ou encore Jason Segel) et au sein d’une série plus complexe, profonde, mystique et fantastique qu'on ne pourrait le penser - à croire que J.J. Abrams expérimentait ici, notamment à travers un personnage aussi énigmatique que Milo Rambaldi, les récits mystérieux qu'il allait ensuite développer dans Lost.

Retrouver Jennifer Garner à l'affiche de la nouvelle série de Lena Dunham (Camping) est donc un réel plaisir : c'est l'occasion de revoir un visage connu, mythique pour toute une génération, mais aussi pour elle de revenir au premier plan, douze ans après la disparition d’Alias. Dans un tout autre exercice, plus introspectif, qui plus est.

Ça sent la fin : The Big Bang Theory
Alors que des négociations avaient été lancées pour une treizième saison, Jim Parsons a eu la bonne idée de faire ses adieux aux fans de The Big Bang Theory, et donc de couper court aux rumeurs. Ça se passe, comme souvent aujourd’hui, via un post Instagram, qu’on vous traduit gentiment ici :

« C’est difficile (impossible, en fait) de vraiment accepter que cette photo est la première des 24 ultimes épisodes qu’on va filmer pour The Big Bang Theory. Je m’estime chanceux d’avoir encore 23 épisodes à filmer cette saison car j’espère que chacun d’eux va m’aider à réellement encaisser la nouvelle. Une autre chose pour laquelle je ressens énormément de gratitude – et je n’ai pas besoin de temps pour réellement la ressentir, ce sentiment a toujours été avec moi mais se voit multiplié à l’annonce de notre saison finale – c’est la dévotion de nos téléspectateurs, qui nous ont donné l’opportunité d’explorer ces personnages pendant 12 années de notre vie. Je suis reconnaissant envers notre équipe technique – bon nombre d’entre eux ont été avec nous depuis le premier jour – car ce sont les personnes qui ont apporté ce sentiment de stabilité et de fiabilité, qui sont si chaleureuses et gentilles, toujours prêtes à dire bonjour et à sourire dès qu’on arrive sur le plateau. Et qui, même si vous ne les voyez pas à l’écran, sont à bien des égards le cœur battant qui a gardé la série en vie pendant que nous agissions comme des idiots dans l’espoir de faire rire quelqu’un. Je suis reconnaissant envers tous les scénaristes de notre série – ceux qui sont avec nous maintenant et ceux qui sont allés et venus – car sans eux, il n’y aurait littéralement pas eu de Big Bang Theory. Les scénaristes ont conçu le show, ils ont créé ces personnages, ce sont eux qui ont trouvé des façons divertissantes et naturelles de garder cette série en vie, ce qui est une tâche bien plus difficile qu’il n’y paraît. Et bien qu’ils le sachent déjà, ça vaut le coup de le répéter : je suis terriblement reconnaissant envers le casting sur cette photo et les membres du cast qui n’y sont pas – qu’ils soient apparus dans une seule scène ou plusieurs épisodes au fil des saisons. Vous êtes mes compagnons de jeu dont je suis tombé amoureux et vous êtes devenus une partie de ma vie, sur le plateau comme en dehors. Vous êtes mes compagnons de jeu quand on n’a pas envie de jouer mais qu’on est obligés parce que c’est notre travail d’aller là-bas et de prétendre être ces personnes fictives. Et on se regarde dans les yeux, on prononce ces mots et on finit par créer cette étrange réalité alternative qui m’a beaucoup apporté, plus que ce que j’aurais pu l’imaginer. Vous allez tous me manquer. » 

 
 
 
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La photo du mois :
Ceux qui ont vu la trilogie Goal savent pertinemment le risque que représente un projet visuel autour du foot – certains ne s’en sont d’ailleurs pas encore remis, et on les comprend. Alors, quand Amazon annonce la production d’une série sur Diego Maradona, « de sa jeunesse en Argentine jusqu'à l'apogée de sa carrière légendaire », on est à la fois enthousiaste et craintif – en vrai, on ne sait pas vraiment quoi faire de cette information pour le moment, mais ça fait quelques lignes supplémentaires dans le papier, donc bon…
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La guest star inattendue : Courteney Cox
À défaut d'avoir retrouvé un rôle récurrent dans une bonne série depuis Friends (ceux qui ont accroché à Dirt ou Cougar Town sont probablement des gens dangereux, on le rappelle...), Courteney Cox enchaîne les apparitions dans diverses séries, plus ou moins cultes : Scrubs, Go On, Drunk Story - et maintenant Shameless, pour une saison 9 dans laquelle elle incarnera une actrice renommée et alcoolique.

La vidéo du mois :
En trois saisons, Rick and Morty a réussi à dépasser le cadre du paysage sériel pour s'imposer comme l'un des objets pop les plus influents actuellement. En attendant la saison 4, et alors que la B.O. vient d'être éditée, le collectif de vidéastes mené par Malec a eu la bonne idée de revisiter le générique à la sauce anime. Avec, au passage, un petit clin d’œil à One Punch Man, qui dit mieux ? 

La photo qui rend nostalgique :
That '70s Show a vingt ans cette année, et ça file un sacré coup de vieux. Topher Grace, alias Eric Forman, n'a pas manqué de le rappeler sur son compte Instagram.

 
 
 
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