RUSSIE : Il y a-t-il un passeport dans l'avion ?

C’est seulement la seconde fois qu’on prend l’avion avec Forever Pavot. La première fois, c’était pour partir jouer en Finlande. Le batteur Cédric et moi, on avait fait fort en perdant nos passeports la veille du départ, mais on avait tout de même réussi à monter dans l’avion par je ne sais quel miracle... Cette fois-ci, on a bien pris nos précautions (notre régisseur Pierre séquestre nos passeports depuis une semaine). Mais finalement (attention spoiler) on réussira quand même à rater notre avion au retour... Je crois qu’on est maudits avec les avions.

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A notre arrivée, on est acceuillis par deux types de Moscou super cool que j’avais déjà rencontré à Paris par Julien Gasc : Eka et Artem. Ils nous accompagnent jusqu’à notre hôtel pour déposer nos bagages. Première surprise : c’est un hôtel de malade, piscine intérieure, SPA, hammam et tout le tralala.... Bref, du gros luxe. On est dans un quartier très chic, dans le style du quartier de la bourse à Paris. 

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Le premier soir, on joue dans un club nommé PowerHouse. C’est un lieu super avec un grand extérieur, dans l'esprit d'un Biergarten à l’allemande. On découvre avec surprise que notre pote Olia mixe devant notre concert (elle vit entre Moscou et Berlin). Elle passe du pur son, l'ambiance est top et le public aussi. A la fin du show, une fille vient nous remercier en m’offrant son pendentif. Un type au look geek 60’s me donne aussi un coffret CD d’un compositeur russe de musique de films. Il n’arrête pas de me répéter que c’est le De Roubaix russe.

C’est la première fois qu’on m’offre des cadeaux après un show, ça me touche énormément. On finit la soirée chez un pote du promoteur dans un appart de malade. Je me souviens avoir discuté de romantisme, de Stereolab (c’est des fans hardcore ici). En bons Français que nous sommes, on finit la soirée en dansant sur du Balavoine, du France Gall et du Dalida.

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Le lendemain, on va faire une petite sieste dans un parc très beau et on fait les touristes. On se balade, on se laisse guider par nos hôtes. Eka m’emmène dans une boutique de disque (DIG STORE) où j’achète un disque de musique concrète russe et un album de Harumi.

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Ce soir-là, on joue pour l’anniversaire de notre hôte Artem. On découvre alors qu'il a loué un bar/club en plein centre de Moscou (à dix minutes à pied de la Place Rouge, s’il-vous-plaît) pour notre concert mais aussi pour fêter son anniversaire. On joue pendant presque deux heures et on finit en beauté avec un jam débile en compagnie d’un pianiste dont j’ai oublié le nom (pardon). 

En sortant de scène, une jolie fille vient me hurler à l’oreille qu’on est le groupe français le plus génial après le groupe L’Impératrice (je ne sais pas comment prendre cette information). La soirée se transforme ensuite en soirée club jusqu’à la fin de la nuit. Sur les coups de quatre heures du matin, rincé, je décide de rentrer me coucher. Antoine me suit, les autres font leurs vies.

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Le lendemain, tous dans le gaz, on se laisse porter par notre hôte qui nous accompagne à l’aéroport. On est carrément en retard mais c’est comme si le temps s’était arrêté. Je comprends que Cédric a perdu son passeport, mais rien ne m’inquiète... Je me laisse porter, un peu trop peut-être. Cedric reste bloqué dehors sans son passeport tandis qu’Arnaud et Pierre montent dans l’avion et qu’Antoine, Maxime et moi on achète tranquillement de la vodka au duty free. Nos noms sont appelés deux fois (mais bon en russe, quoi...).

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Arrivés à l’embarquement, le personnel nous explique qu’ils ferment les portes vingt minutes avant le décollage et que c’est trop tard. Le (mini) cauchemar commence : on doit payer de nouveaux billets super chers et attendre trois heures dans l’aéroport. Cerise sur le gâteau : quand on arrive super tard à Charles-de-Gaulle, on se rend compte que la compagnie a perdu mes bagages (un clavier et ma valise de vêtements....) YOUPI !!!

Bon, sinon c’était génial Moscou, on reviendra. La prochaine fois, j’espère qu’on pourra visiter d’autres villes. Et surtout, on se présentera quatre heures avant la fermeture de l’embarquement.

ALLEMAGNE : La malédiction de la crotte perdue

Quinze jours plus tard, c'est reparti, on se rend en Allemagne pendant une semaine. Premier concert à Nuremberg. On retrouve nos potes de Fenster, avec qui on a déjà joué deux ans auparavant à Berlin. La soirée est cool même si ce n'est pas blindé (on est en semaine, c'est toujours plus compliqué). Le lendemain, rebelote. On joue à nouveau avec Fenster dans un club super cool dans le centre de Munich. Le promoteur de la soirée déchire, il est aux petit oignons avec nous. Au début, je crois comprendre qu’il s’appelle "Fight". Je trouve ça stylé et surtout facile à retenir (j’ai un gros, gros problème de mémoire avec les prénoms). Mais plus tard dans la soirée, je comprends que son nom est "Veight". Moins vénère....

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Le club est très beau et l’architecture de la scène est étonnante : elle est en escalier, un peu comme une scène de cabaret… Fenster nous propose de jammer avec eux sur leur dernier morceau. On improvise tous ensemble, puis on reste un peu dans le club à traîner, puis le promoteur nous propose de continuer la soirée chez lui. On termine la nuit en mangeant des tartines de beurre et en buvant des bières avec celui que j’aime appeler "Fight" !

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Le lendemain, on repart direction Berlin. Le premier soir, on joue à l’Urban Spree. C’est notre tour-manager allemand, Janos, qui organise la soirée. Il s’appelle Janos et il s’était déjà occupé de notre dernière tournée en terres teutonnes. Contrairement à la première tournée où les gens ne nous connaissaient pas, cette fois-ci, on sent vraiment que les gens viennent nous voir et nous connaissent déjà.

On retrouve notre pote Marc, ancien bassiste d’Arun Tazieff (notre groupe avant le Pavot) qui s’est installé à Berlin il y a quelques mois. L’Urban Spree se trouve dans un immense campus de teuf comme on en trouve plus nulle part ailleurs. 

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Janos me présente son associé, qui insiste pour me montrer sa grande fierté : le plus petit record shop au monde, installé dans un ancien grand frigo sur roulettes. 

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Le concert est dément. Il y a du monde, le public est très réceptif. Marc décide de nous accompagner sur notre dernière date à Hambourg pour le Psych Fest. Le festival a lieu dans un club nommé Afenklang, dans lequel on avait déjà joué il y a bien deux ans devant dix tondus. Il doit y avoir cinquantes personnes à tout casser. Pas grave, c’est toujours mieux que la première fois.

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Le lendemain on découvre un joli cadeau sur notre camion : de la crotte de chien bien étalée sur les deux poignées. On n’était pourtant pas mal garés. Une coutume pour dire “au revoir” sûrement...

crotteBonus : Pour ceux qui n'y étaient pas, voici un concert de Forever Pavot capté le 19 août 2018 à La Route du Rock par ces bonnes gens d'Arte Concert.

++ La Pantoufle, le dernier album de Forever Pavot, est sorti l'an dernier sur Born Bad. Retrouvez le groupe en live le 29 novembre à Ninkasi Gerland / Kafé à Lyon et le le 19 décembre à la Gaîté Lyrique à Paris.