D’où vient ce besoin d’aventure ?
Mike Horn : Je dis souvent qu’on ne devient pas un aventurier, on naît aventurier. Depuis tout petit j’étais curieux, je voulais partir de l’Afrique du Sud et découvrir tous les recoins du monde. J’ai cette faim insatiable qui n’est seulement comblée lorsque je me retrouve à l’aventure et qui revient à la fin de chaque expédition. 

Combien de fois avez-vous frôlé la mort ?
Beaucoup trop de fois. 
Capture d’écran (236)Pour Arktos, vous traversez le cercle polaire, seul, pendant 808 jours. Plus de deux ans tout seul. Ça paraît totalement dingue. Surtout avec des enfants qui vous attendent. Qu’est ce qui se passe dans votre tête pendant deux ans ?
Tout. Comme vous le dites, on a le temps de réfléchir à plein de choses. Je pense beaucoup à ma famille et à ce que je ferai avec mes filles une fois que je serai de retour à la maison. Souvent, j’organise déjà ma prochaine expédition au moindre détail près. Je pense aux endroits que j’aimerais découvrir et quels moyens j’utiliserais pour y aller. Comme ça, une fois que je termine mon expédition, je peux tout de suite commencer à préparer la prochaine. 

Quand vous pensez à abandonner, qu’est-ce qui vous aide à continuer ?
Je ne pense jamais à abandonner car pour moi, abandonner n’est pas une option. Continuer est la seule option que je me donne. 

©DmitrySharomov-20161208-3987Quand vous revenez chez vous, l’acclimatation doit être particulièrement difficile ?
J’ai souvent besoin d’un ou deux jours pour me remettre dans la vie normale, mais je m’adapte très rapidement à l’environnement dans lequel je me trouve. 
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Vous avez nagé, skié, escaladé, souffert du chaud et du froid. Quel est le milieu le plus hostile et quelles sont les conditions les plus compliquées selon vous ?
Je dirais que les conditions de haute montagne sont particulièrement difficiles. Le corps n’est pas fait pour être à 8000m, où l’oxygène est limité. Quand on tente un sommet sans oxygène ni assistance et que l’on se retrouve dans cette zone de mort, il faut faire des gestes calculés et redescendre rapidement. La montagne n’a aucune pitié.Capture d’écran (239)Quand on a parcouru le globe en tous sens comme vous, j’imagine qu’on a un rapport particulier à l’écologie. La Terre est plus petite qu'on le croit, non ?
Quand on parcourt le globe comme moi, le monde paraît beaucoup plus petit car il reste moins d’endroits à découvrir. Quant à l’écologie, c’est vrai que ça me tient à cœur car après 30 ans d’exploration, j’ai témoigné des grands changements notamment dans les régions polaires, et il est important pour moi de transmettre ce que j’ai vu pour éduquer les gens sur la situation de la planète. 
Capture d’écran (240)Ce qu’on apprend pendant ces expéditions, est-ce que cela aide pour traverser les drames de la vie ?
Grâce à mes expéditions, j’ai une force mentale qui m’aide à surmonter les obstacles que la vie nous présente, ça me permet de voir les choses avec une perspective différente et à vraiment apprécier les moments qui comptent. Capture d’écran (237)Faire de la politique ne vous intéresserait pas ?
On m’a déjà dit que je ferais un bon candidat pour une position dans l’écologie, grâce aux choses que j’ai vues et que j’ai vécues en tant qu’aventurier. Mais j’aime beaucoup trop l’aventure pour devenir politicien. 

Vous n’avez jamais médiatisé vos exploits. Vous utilisez depuis peu les médias pour partager vos expériences. Pourquoi ?
Quand j’ai commencé à faire des expéditions il y a 20 ans, nous n’avions pas les moyens de communication dont nous disposons maintenant. La technologie a beaucoup évolué ! Grâce aux réseaux sociaux, on a la chance de pouvoir partager ce que l’on fait et ce que l’on voit avec le monde, et de pouvoir transmettre une philosophie de vie différente.Capture d’écran (241)Personnellement, je panique si j’oublie le goûter de mes enfants pour l’école. Vos filles sont les plus jeunes enfants à avoir réalisé un trek au Pôle Nord. Vous avez déjà oublié un goûter pour l’école ?
Il m’est souvent arrivé d’oublier le goûter de mes filles mais je ne panique pas pour ce genre de choses. Je trouve que les gens ont tendance à surprotéger leurs enfants, mais pour moi, un goûter oublié n’est pas la fin du monde !Capture d’écran (242)Est-ce qu’il y a un lieu que vous n’avez pas vu ? Une aventure qui vous fait rêver ?
Je pense en avoir vu pas mal sur la planète, mais la majorité est constituée des océans ! J’aimerais partir à la découverte des fonds marins. 

Quand on regarde vos émissions, on a tous envie de tout plaquer pour partir comme vous. Sauf qu’on ne s’improvise pas aventurier. Pour une première expérience, que nous conseilleriez-vous ?
Commencer par quelque chose de simple où l’on peut tester nos capacités mais où il est aussi possible de repousser un peu ses limites afin de voir ce dont on est capable. La préparation et l’entraînement pour l’aventure sont essentiels. 
Capture d’écran (243)Vous vous êtes exprimé sur les personnalités qui vous ont déçu lors de vos émissions. On n’y reviendra pas. Mais on a l’impression que les humoristes s’en sortent souvent mieux. Est-ce que l’humour, dans la difficulté de l’aventure, ne serait pas une arme, une protection efficace ?

Chacun a sa propre manière de se rassurer en situation de risque. J’ai remarqué que réussir à ne pas se prendre trop au sérieux est un avantage dans ce genre de situation.
Capture d’écran (235)Si demain c’est la fin du monde, est-ce qu’on peut venir avec vous ? 
Oui bien sûr, tout le monde peut venir avec moi !