Au petit déj’ :
Pour bien déséquilibrer ton régime, tout commence au supermarché. Contrairement à ce que racontent ces charlatans de nutritionnistes, inutile de te prendre la tête à scanner les étiquettes avec une appli à la con. Fais confiance aux goûts de ton enfance et vas-y à l’instinct : tu devrais ainsi éviter les fruits (c’est sale et plein de terre) pour leur préférer de bonnes pâtisseries industrielles enrichies au beurre (plus de calories = plus de chances de survie dans ce monde impitoyable). Fais juste gaffe : certains gamins américains nourris exclusivement aux tartines de beurre de cacahuète ont récemment chopé le scorbut.

À la pause déjeuner :
Tes collègues foncent tester les cours de fitness lancés par ton chief happiness officer ? Fuis à tout prix cette vile propagande pro-sport, orchestrée par le patronat pour aliéner encore un peu plus les masses laborieuses et te faire griller des kilos durement gagnés. Pour optimiser ta prise de graisse, ne bouge surtout pas tes fesses. Fais plutôt appel à ton imagination : en utilisant les plis formés par tes bourrelets, caches-y toute sorte de saucissons, d’andouillettes et de fines tranches de jambon de pays. S’engraisser n’empêche pas de consommer local.meangirlsPour le quatre-heures :
Viser l’obésité morbide, c’est comme un marathon (sauf qu’il te sera difficile de courir) : tout se joue sur l’endurance. Grignote en continu, en évitant si possible de mâcher – au risque d’atteindre trop vite une sensation de satiété. Et si tes voisins de bureau critiquent les miettes de chips que tu sèmes partout dans l’open space, sache que la vengeance est un plat qui se mange froid, comme un McFlurry. À l’aide d’une simple seringue, tu pourras discrètement injecter du saindoux dans leurs satanées galettes de riz soufflé, et ainsi les convertir de force à ton nouveau lifestyle.

Au resto :
Quand tes amis auront fini d’instagrammer leurs buddha bowls veggies, ton estomac, lui, n’aura que faire de ces vitamines. Option A : tu commandes en panique un tacos kebab-nuggets, supplément fromage. Option B : tu gardes ton calme et leur enfonces un à un leur iPhone dans l’œsophage. S’ils y passent, console-toi. Avec ton diabète de type 2 et une santé cardiovasculaire approximative, ils auront vite de la compagnie dans l’au-delà.