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Nous sommes nombreux à avoir découvert l’existence des “incels” avec l’attentat au bélier de Toronto. On réduit généralement le mouvement à une bande de masculinistes 2.0 frustrés de ne pas avoir de relations sexuelles et se considérant comme des victimes de la cruauté des femmes. Pourtant, le mot “incels” signifie à l’origine “involuntary celibate” (célibataire malgré lui/elle, pour les décrocheurs scolaires) et peut s’appliquer indifféremment à un homme ou à une femme. A vrai dire, il a même été inventé par une nana.

Au début des années 90, une certaine Alana créait un site internet pour parler de son manque d’activité sexuelle. Celle-ci espérait que le “Alana’s Involuntary Celibate Project” devienne un réseau de soutien pour des gens comme elle : des hommes et des femmes seuls qui ont besoin d’aide et de conseils. Depuis, la communauté “incels” a bien changé, et Alana a pris ses distances de ce groupe dominé par des hommes aigris et misogynes. Bien qu’il s’agisse d’une minorité, on trouve néanmoins encore des femmes sur les réseaux d’incels. Qu’est-ce qui peut pousser une meuf à rejoindre un groupe de machos notoires ? 

femfem

Rachel, une “femcel” interviewée par Huck dit se sentir plus proche des incels que des autres femmes car “il y en a très peu qui sont dans ma situation (incapables d’avoir des relations sexuelles, NDLR). Il faut vraiment être très moche ou folle pour qu’aucun homme n'accepte de coucher avec toi. J’ai aussi l’espoir de trouver un partenaire ici, car aucun autre homme ne voudrait de moi”. Si Rachel et les autres femcels cherchent du réconfort auprès d'une communauté d’exclus du marché de la séduction, elles sont souvent rejetées par leurs congénères masculins.

De fait, de nombreux incels considèrent le concept de “femcels” comme absurde. Il existe une idée répandue dans la communauté qui veut qu’une femme qui veut baiser le peut si elle en a envie, et qu’une femme qui n’a pas de relation sexuelle est simplement trop exigeante. En gros : il suffirait de traverser la rue et d’ouvrir les cuisses pour trouver un partenaire. Sympa. C’est pourquoi les femcels sont surnommées avec dédain les “volcels”, pour “volontary celibates”.

Pourtant, les femcels restent convaincues que les incels ne forment pas une communauté fondamentalement misogyne - il s’agit juste d’un groupe où il y a des personnes misogynes. Rachel fait un parallèle avec l’Islam : “Il y a des Musulmans extrémistes, mais l’Islam n’est pas une religion extrémiste.