Capture d’écran 2018-04-19 à 00.46.17

DEMI-VOLÉE PAVAAAAAAARD !!! D’une frappe lumineuse en plein thorax, Alexandre Benalla envoyait valser la concorde nationale. Trois jours après le sacre des Bleus, la France découvrait le hit sale de cet été 2018. Il sortait de nulle part, il avait une frappe de bâtard, il s’appelait Alexandre Benalla. On racontait qu’il avait lui-même fait accélérer le bus des Bleus. «Qu’ils viennent me chercher», lançait son protecteur, qui ne voyait pas que la partie était déjà terminée. Ce n'était plus Emmanuel Macron, c'était Emmanuel t'es con.

DEMI-VOLÉE PAVAAAAAAARD !!! Le 1er décembre, d’une frappe lumineuse en pleine lucarne d’une vitrine du 16ème, les gilets jaunes envoyaient la France en quart de finale de la révolution. La police avait voulu parquer, comme en juillet, les manifestants dans la «fan-zone» des Champs-Élysées, mais cette fois, le peuple ne s’était pas laissé faire. Les gilets jaunes voulaient marcher sur l’Elysée et aller expliquer en personne à Micron 1er les modalités d’organisation du Référendum d’Initiative Citoyenne.

Pris de panique, Macron leur proposait cent balles et un Mars. Sur les rond-points, les gilets jaunes chantaient: «Y'a pas moyen Djadja, je suis pas ta catin Djadja». Décidément, s'il y avait bien une chose que la France savait faire, c'était niquer des mères

La-Casa-de-Papel

La révolution était proche. Finie la grève perlée, on passait aux choses sérieuses. Partout en France, dans les O'Tacos, résonnaient les vers émancipateurs de Maître Gims: «O partigiano, portami via. Ché mi sento di morir. O bella ciao, bella ciao, bella ciao, ciao, ciao». Les gilets jaunes allaient entrer dans l'Elysée comme Tokyo et Berlin dans la Casa de papel. Manu ne voulait pas filer l'oseille ? On allait l'imprimer nous-même et en finir une bonne fois pour toutes avec la loi Pompidou-Rothschild.

Dans cette ambiance insurrectionnelle, tout le monde s'improvisait constitutionnaliste. En vertu de la loi du décret de Manuel Valls du 5 décembre 2016, le pays n'avait plus de Constitution et nous étions en dictature, apprenait-on sur Facebook. Réveillez-vous les moutons !!! Cette découverte apparaissait vite comme une péripétie car le 10 décembre, la France était officiellement vendue à l'ONU, à l'occasion de la signature du pacte de Marrakech. L'ONU devenait-elle championne du monde ? Cette histoire n'était pas très claire. 

Il s'avéra plus tard que le pacte de Marrakech était non contraignant. Comme la nouvelle manière de draguer. La déflagration #MeToo était passée par là, il fallait maintenant demander le consentement. La Terreur s'était installée dans la classe masculine, plus personne n'oser draguer, de peur de finir guillotiné comme Emmanuel Macron. La masculinité était en crise, Julien Rochedy appelait les derniers résistants à ne pas devenir des «grosses flaques». Go muscu. Quelques femmes tentaient encore de défendre la «liberté d'importuner» mais le coeur n'y était plus. «Tu sais twerker ?», tentait Martin Solveig, dans un chant du cygne du patriarcat.  

16590319

Le mâle blanc avait été officiellement placé sur la liste des espèces en voie de disparition. Le féminisme avait sonné le glas de cette réunion en non-mixité qui durait depuis des siècles. Le mâle blanc, pourtant fort visible sur les rond-points, subissait une vague de censure sans précédent. Ouin ouin on ne peut plus rien dire, hurlait-il sur tous les plateaux de télé. Le grand remplacement des mâles blancs par des transgenres, des racisé.e.s et des points médians avait déjà commencé. «Je ne sais pas ce qui vous fait dire que je suis un homme, mais je ne suis pas un homme», tentaient certains, pour échapper à l'opprobre générale. Des végans s'attaquaient à nos boucheries : déjà qu'on ne pouvait plus rien dire, voilà qu'on ne pouvait plus rien manger. 

Dans cette France troublée, il n'était même plus possible d'aller tranquillement à l'aéroport. Kaaris et Booba se croisaient au duty-free d'Orly et ça partait en sucette comme un 1er mai place de la Contrescarpe. Hello papi mais qué pasa? J'entends des bails atroces sur moi. Suite à ses multiples insultes, diffamations et provocations, Booba acceptait d’affronter Kaaris en combat libre, et ce malgré son âge (41 ans cette année) et bien que le lancer de parfums ne soit pas sa spécialité. Qu'elles semblaient loin les émeutes du Nutella. À Orly, on se battait à coup d'Allure Homme Sport de Chanel.

booba kaaris

Si les fins de mois n'étaient pas difficiles pour tous, la fin du monde, elle, approchait à grand pas. Le temps d'un «moment de grâce» radiophonique, Nicolas Hulot démissionnait du ministère de l'Écologie. Pendant ce temps, la France ne respectait pas les engagements des Accords de Paris, 2018 était l'année la plus chaude dans l'Hexagone depuis plus d'un siècle et les chasseurs, premiers écologistes de France, tiraient sur les VTT. «On dira quoi aux gosses ? Qu'on a bien essayé ? Nan, faudra pas bégayer», chantait Vald.

La jeunesse n'y croyait déjà plus et préférait bouffer des capsules de lessive Tide pod que de voir ce désastre. Papa et maman faisaient la révolution, mais où étaient donc passés les jeunes ? Ils avaient autre chose à foutre, les programmes scolaires étaient surchargés : cours de masturbation à l'école maternelle, cours d'arabe obligatoire dès le CP, tout ça pour finir en rade sur Parcoursup.

Alors que la tête de Macrouille s'apprêtait à tomber sur le billot, tous les scénarios de transition étaient envisagés. On parlait beaucoup d'un retour du Maréchal Pétain ou d'un putsch du Général de Villiers. La vérité, c'est que le seul qui pouvait dead ça, c'était le chien de Tolbiac.