Des années avant le live de Daft Punk dans une capsule spatiale, la NASA projetait d’envoyer Jean-Michel Jarre en orbite autour de la Terre. Pourquoi la plus prestigieuse des agences gouvernementales américaines voulait-elle propulser notre harpiste laser national dans les étoiles ? C'est qu'à l'époque, la musique électronique représentait encore le turfu. Comme l’explique ce petit docu trouvé sur Arte Concert, la conquête spatiale battait de l’aile dans les années 80. Pour redorer son image, la NASA a donc une idée macroniste avant l’heure : employer des membres de la société civile. Pour le dire autrement, il s’agit d’envoyer Monsieur et Madame Toutlemonde dans l’espace. Sur la liste d’attente : un sénateur américain, un prince saoudien, un chanteur de country et Jean-Mi’. 

La première à tenter l’expérience est une prof de socio, Christa McAuliffe. Après des mois de préparation, elle embarque dans la navette Challenger. 73 secondes après le décollage, la navette se crashe. Le monde entier assiste en direct à mort de McAuliffe. L'Amérique endeuillée abandonne immédiatement son idée d’envoyer des civils en apesanteur. A cause de ce drame, Jarre n’a jamais quitté le sol terrestre. Mais sa musique n’a jamais cessé de viser la lune, comme dirait la philosophe Amel Bent. En 1986, le roi des synthés géants est choisi pour célébrer en musique les 25 ans de l’agence américaine. Un astéroïde a même été nommé d’après son nom. Il s’appelle (4422) Jarre, et fait six kilomètres de diamètre. 

++ TAPE : Jean-Michel Jarre, une coproduction Milgram et Arte France. Avec Arthur Cemeli et Aldo Lee à la réalisation.