Qu’on se le dise : dans la vraie vie comme sur l’Internet, certains secrets feraient mieux de rester enfouis. Le phénomène des shock sites, et les actes scato, zoo ou urophiles auxquels il est associé, en fait clairement partie. Des pratiques tellement hardcore et sales que même le marquis de Sade s’en crèverait les yeux. Alors comment expliquer que ces images crados, en général confinées dans les plus obscures régions du ouèbe, ont fini un temps par percer au niveau du grand public comme du simple contenu viral, un poil extrême mais LOLesque avant tout ?

Ces sites, qui ont en gros connu leur âge d’or dans les années 2000, reposent sur le principe du bait-and-switch, c'est-à-dire du leurre : partager à un camarade des Internets un lien a priori totalement safe, avant que ce con (qui vous fait naïvement confiance en tant qu’ami) abandonne pour toujours tout espoir et amour propre, en tombant malgré lui sur un GIF, une photo ou une vidéo bien gerbante. Bref, troller un pote avec une fausse URL porno ou trash, juste pour l’amour du prank.

chocolat2 girls 1 cup versus 2 guys 1 horse
Parmi les centaines d’images qui ont souillé nos historiques de navigation et suscité des millions de vidéos de réaction encore plus regrettables sur YouTube, la plus connue reste sans doute 2 girls 1 cup, dès 2007. Histoire de ne pas trop s’attarder dessus, nous nous contenterons de résumer la vidéo en quatre mots : défécation, ingurgitation, régurgitation et réingurgitation. Par flemme assumée, mettons aussi de côté toutes les autres vidéos dont les titres font référence à 2 girls 1 cup : 2 guys 1 hole,  2 guys 1 horse (dont l’homme à l’écran est d’ailleurs mort peu après, le côlon perforé), 1 guy 1 jar, 1 Girl 1 Cigarette, 1 Girl 1 Pitcher

Vous êtes grands : vous irez googler ces saloperies dans votre coin si la mémoire vous fait défaut, ou si vos rétines ont tout simplement eu la chance de n’avoir jamais dû affronter ces choses. En fait non, ne le faites pas. J’ai dû m’y refrotter pour préparer cet article, uniquement pour l’amour du journalisme et de la vérification des sources bien sûr (et non pas par curiosité morbide), donc mon sacrifice suffira amplement. Aujourd’hui, notre mission sera plutôt d’aller recreuser encore plus loin dans la crasse, parmi les shock sites tombés plus ou moins dans l’oubli collectif. En voici donc une dizaine, ce qui fait déjà 10 de trop.

Lemon Party
Pour éviter de sombrer trop vite dans la folie et le désespoir, commençons soft ; enfin, tout est relatif. Lemon Party, virale au tout début des années 2000, est une charmante photographie sur laquelle on voit trois mecs – gros et visiblement tous d’un âge avancé – en train de niquer sur un lit. Par extension, le terme a donc fini sur l’Internet par désigner, en toute logique, une orgie hardcore pratiquée entre vieilles personnes. Attention, à ne pas confondre avec un autre «Lemon Party» : le Parti Citron québécois, un mouvement actif entre 1987 et 1998, militant entre autres pour le réchauffement climatique (pour faciliter la pousse des agrumes) et l’abolition de la loi de la gravité. Ça a l’air tout aussi con, mais ça n’a aucun rapport.centipedeLOL Train
Pour faire simple, c’est un peu comme le mille-pattes humain du film d’horreur nanardesque The Human Centipede, sauf que cette fois-ci, les participants s’enfilent à la queue leu-leu. Sur la photo du LOL Train, l’un des shock sites les plus populaires de l’histoire, le spectateur piégé peut en effet observer quatre types s’emboîter en file indienne. Une figure qui demande, on le suppose, un bel effort de coordination : en avant jeunesse !

Meatspin
L’hélicobite, version infinie. Meatspin, basé sur l’extrait d’un film porno transsexuel, est un GIF sur lequel on aperçoit un couple homosexuel s'adonner aux plaisirs de la chair. Sauf que l’un des deux fait tourner sa teub en cercle avec, en boucle, le morceau You spin me around du groupe de new-wave Dead or Alive en guise de bande-son. Histoire marrante : en mars 2013, Benjamin Blouin – étudiant en informatique à la Florida State University et sacré petit farceur à ses heures perdues – décide de pirater le réseau wifi sur le campus de Panama City, en redirigeant tous les ordis connectés vers le GIF. Un bien beau sens du partage.

Goatse
À la base, le nom du site lancé en 1999 (Goatse.cx) était pensé pour être lu «Goat sex». Une blague sans aucun foutu sens, puisque l’image qu’on y trouve n’a jamais eu de rapport avec la sexualité caprine, mais qu’importe. Avec le Goatse, on est plus sur de l’auto-écartelage rectal. Une main fermement accrochée de chaque côté, un homme semble en effet tenter d’assouplir son propre anus. Absurdité d’Internet oblige, le nom de domaine du site, aujourd’hui en maintenance, avait il y a quelques années été racheté pour un projet de cryptomonnaie : le GoatseCoin.Anguille-680x1024 (1)Eel Girl
Vous êtes prévenus : nous atteignons ici le point de non-retour de la souillure. Histoire que vous compreniez un minimum ce qui se passe dans Eel Girl, qui suit un scénario un poil tordu, schématisons la vidéo étape par étape :
- Étape 1 : Deux Japonaises engagent la conversation.
- Étape 2 : Une des deux, que nous appellerons «la femme A», s’aide ingénieusement d’un entonnoir afin d’introduire un tas grouillant d’anguilles vivantes dans le vagin de celle que nous surnommerons «la femme B». Précision : porno nippon oblige, toutes les parties génitales sont pixellisées. La décence, la dignité et l’ordre moral japonais en ressortent donc ici bien sûr tout à fait intacts.
- Étape 3 : La femme A s’assure, en secouant l’entonnoir, que toute la petite troupe d’anguilles (dont la longueur doit pour chacune d’entre elles taper dans les 5-10 centimètres) a bien quitté l’entonnoir.
- Étape 4 : À l’issue d’une série de pets vaginaux, la femme B fait popper petit à petit la poiscaille hors d’elle. Pour terminer en saleté, la femme A finit par rattraper les anguilles, les fourrer une à une dans sa bouche, avant de les déguster. Une vidéo pas très vegan, en somme.

Wet ice cream
On passe ici du salé au sucré. Le principe de la vidéo est simple : prenez deux femmes et une glace Magnum. Sauf qu’au lieu de manger ladite glace, l’une des deux enfourne la crème glacée dans l’autre (d’où le titre très subtil d’ailleurs ; Wet ice cream, «mouillée»… bref, vous l’avez). C’est alors que survient un incroyable retournement de situation : alors que la première femme décide de lécher le Magnum, l’autre se met soudain à uriner sur la tronche de sa pote, ainsi que sa glace. Bon app’.
Farts
Cakefarts
Tout est dans le titre : un gâteau, des pets. Anecdote diablement intéressante : pour effectuer un Cakefart dans les règles de l’art, l’auteur du pet doit apparemment enfoncer son postérieur en entier dans le glaçage de la pâtisserie.

Church of Fudge
Cette fois-ci, le titre a beau contenir «fudge» (du nom de la confiserie britannique confectionnée à base de caramel), il n’y a ici aucun rapport avec un quelconque gâteau. Imaginez plus la chose dans un sens figuré. Avec Church of Fudge, le spectateur pranké tombe sur une scène de coït entre une bonne sœur et un curé. A l’issue de la vidéo, ce dernier finit en toute poésie par démouler un cake dans la bouche de la nonne. Amen.18r7zsm4mos4pjpgTubgirl
On approche tranquillement mais sûrement du summum du dégoût. Au contraire des derniers
shock sites listés, Tubgirl apparaît sous la simple forme d’une photo. Mais la scène qu’on visualise sur le cliché, figée, pourrait quand même retourner le bide des plus courageux : une grosse femme asiatique à poil, couchée dans une baignoire, y apparaît recroquevillée sur son dos avec le cul en l’air ; cul dont, justement, elle fait gicler un torrent de diarrhée liquide de couleur jaune-orangée, en direction de son propre gosier. Un fétiche certes infect, mais tout de même là encore sacrément acrobatique.

Funnelgirl
Nous voici arrivés au fin fond des limbes fétichistes : Funnelgirl. Dans cette courte vidéo japonaise (oui, encore une fois), un homme patiente, étendu sous une «chaise percée» : un siège qui, comme son nom le laisse suggérer, sert aussi de pot de chambre. Au fil de la séquence, une femme vient justement s’y asseoir, se défroque et fait ce que les gens font habituellement sur leurs chiottes. Le problème ici, c’est que le pot de chambre se trouve directement – via un système d’entonnoir et de tuyau – relié aux lèvres du type allongé par terre. La scène se termine dans des conditions dramatiques, le type ayant du mal à prononcer le «safeword» censé mettre fin au calvaire. Au-delà de la dégueulasserie évidente, reste donc ceci dit une morale : on ne parle pas la bouche pleine.