Bêtes blondes, c'est l'histoire d'un type qui ne se souvient plus très bien. De Total Recall à Jason Bourne, le bon vieux coup de l'amnésie a déjà été usé jusqu'à la moëlle au cinoche. Mais quand c'est un ex acteur de sitcom pour ado des années 90 qui écope de la mémoire immédiate d'un cyprin doré après un accident de moto et tente de survivre comme il peut, on est bien loin du film d'action bourrin à la mâchoire carrée. Avec un sourire niais, Fabien (Thomas Scimeca) aka Patrice, son alter ego AB Productions, sorte de Cricri d'amour croisé avec Axl Rose, flotte dans la vie comme dans un liquide amniotique, même si autour de lui l'univers est un peu patraque. Pour leur premier long-métrage, Maxime Matray et Alexia Walther ont concentré tout ce qu'on aime dans le septième art : des têtes coupées, des amours impossibles, une Agathe Bonitzer scatophile, des séances de magie noire au poppers et du saumon, beaucoup de saumon. Bêtes blondes est un documentaire animalier fou à lier sur le sauvage qui est en nous, un OFNI à faire passer Dupieux pour un néoréaliste, un héritier du Buffet froid de Blier mais avec plus de buffets dedans. Hâte d'être le 6 mars pour pouvoir en parler à un psy.