Ça se binge :  Angie Tribeca
Ceux qui aiment l’humour, les parodies, les blagues foireuses et Steve Carell se souviennent forcément de Threat Level Midnight, le 17ème épisode de la saison 7 de The Office, celui où Michael Scott, le boss de Dunder Mifflin, révèle à ses employés le film dans lequel ils ont tourné. Dans celui-ci, Michael Scott interprète Michael Scarn, un agent secret engagé par le gouvernement pour lutter contre le mal - incarné par Goldenface, qui n'est autre que John Krasinski (aka Jim Halpert). Threat Level Midnight, le film en question, n'est finalement rien d'autre qu'une parodie poussée à l'extrême des films d'action à l'américaine, avec tout ce que cela comporte de second degré, de situations absurdes et de dialogues mythiques. Sachant l’existence de cet épisode, impossible de ne pas penser que Steve Carell (bientôt de retour devant la caméra pour une série Netflix créée aux côtés de Greg Daniels, Space Force) l’avait en tête au moment de créer Angie Tribera aux côtés de sa femme, Nancy Walls. Tout y est : les gags surréalistes, les répliques décalées que l’on jurerait héritées de Y a-t-il un pilote dans l’avion, les flics incompétents mais terriblement drôles, et Rashida Jones, déjà au casting de The Office.
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La série, bien sûr, est bourrée de maladresses ; sans doute est-ce pour cela qu'elle a failli être supprimée à de nombreuses reprises par TBS. Mais c'est justement son côté bancal qui la rend aussi hilarante, opposée à tout ce que l'on peut voir actuellement - on n'est ni sur de la sitcom à la Big Bang Theory, ni sur du mockumentary à la Master of None. Ici, le scénario ne semble être qu'un prétexte à toutes sortes de dynamitage des clichés et codes du cinéma : un interrogatoire où l’on hurle sur le prévenu pour savoir s’il veut de l’eau, l’aveu d’un adepte de la musculation obtenu après qu’un agent lui ait filé en douce une barre énergisante, un lavage de voiture effectué par des hommes bodybuildés et des bimbos à la poitrine disproportionnée, une flic qui brosse son arme de service avant d’aller se coucher et une myriade de gags impossible à retranscrire à l’écrit. Le tout, sans jamais craindre l’excès. « Quelle ridicule intention va-t-on suivre maintenant ? », s’interrogeait le détective Jason Geils au début de la saison 3. Angie Tribeca, c’est exactement ça : suivre son instinct, même le plus loufoque, et satiriser à grands renforts de dialogues et d'accessoires grotesques les traits et les effets d'une multitude de scènes déjà bien rodées au sein du cinéma hollywoodien.

La saison 4, probablement la dernière étant donné que TBS a balancé tous les épisodes en à peine deux jours, est tout aussi folle : les gags s'empilent, se bousculent dans un même plan (un peu à l'image de ce qu'ont pu faire les Nuls ou le trio ZAZ par le passé, on nous apprend ici à faire attention à ce qu'il se passe au second plan) et les épisodes frôlent sans cesse le mauvais goût- comme le fait d’imposer à Angie Tribeca un fils, probablement du même âge qu’elle. Personnellement, c’est un régal, mais pas sûr que les fans de séries complexes ou les enseignants de la Comédie Française partagent le même avis.


La série qu’on aimerait spoiler : Love, Death & Robots
Sur le papier, il y a sérieusement de quoi s'enthousiasmer comme un végan à We Love Green. David Fincher (Mindhunter, La Maison Blanche, etc.) et Tim Miller (Deadpool) viennent en effet de s'associer pour donner vie à un nouveau projet (ambitieux, pourrait-on dire, mais ça sonne trop journaleux) sur Netflix. Son nom ? Love, Death & Robots. Sa date de sortie ? Elle n’a pas encore été communiquée, mais on sait déjà que la série comptera 18 épisodes sous forme de « courtes histoires couvrant différents genres, dont la science-fiction, la fantasy, l'horreur et la comédie ». Sa mise en chantier ? « Un rêve », à en croire Tim Miller : « il combine mon amour pour l’animation et pour les histoires incroyables. Les midnight movies, les comics, les romans et magazines fantastiques m’ont toujours inspiré, mais ils étaient relégués à la culture geek et nerd à laquelle j’appartenais. »
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OSEF : la deuxième saison de You
On s'est un peu retenu d'en parler jusque-là, on ne voulait pas forcément dire du mal d'une série si populaire (40 millions de spectateurs, tout de même), et pourtant aussi gênante que de voir ses parents baiser. Alors, quand on a appris qu’une saison 2 avait été mise en chantier par Netflix, on n’a pas pu se retenir : il nous fallait dire à quel point cette bouse superficielle, portée par un personnage principal imbitable, risquait de nous saouler encore un bon bout de temps.
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La guest star ultime : Al Pacino
Les plus attentifs se souviennent de son petit rôle dans la mini-série de HBO, Angels In America, en 2003. Les autres, la plupart des sériephiles probablement, pourront se rattraper dans les prochains mois avec une nouvelle série produite par Jordan Peele (Key & PeeleGet Out) et Amazon. Le projet n'a pas encore de nom, mais Al Pacino y traquera des nazis fomentant la naissance du 4ème Reich dans le New-York de la fin des années 1970. Parce que pourquoi pas.

L’interview du mois : David Chase
Dans une longue et belle interview au New York Times, le créateur des Soprano revient en détails sur la création et l’impact de sa série culte, alors qu’un film est actuellement en préparation. L’occasion de comprendre en quoi James Gandolfini, l’interprète de Tony Soprano, a donné naissance à l’anti-héros dans l’univers sériel :sop« Je pense que Les Soprano ont montré les personnages de façon plus humaine que ça pouvait être le cas par le passé. Je veux dire : à la télévision, ce sont des êtres humains, c'est sûr, mais je pense que beaucoup plus de gens pouvaient se dire "Tony Soprano me ressemble davantage qu'un docteur, un flic ou un juge" [...] Et je suis satisfait d'avoir eu un quelconque impact sur la façon dont les choses ont fini par changer. Je voulais faire bouger les lignes. Il y a une chanson d'Elvis Costello où il dit : "Je veux mordre la main qui me nourrit / Je veux tellement mordre cette main". C'est ce que j'ai toujours ressenti en travaillant pour les networks, et je pense que j'ai réussi à les mordre. »

Gillian Anderson, la dame de fer
C'est quand même fou, ce truc que l'on appelle le destin. Autant il peut prendre l'allure d'une belle garce. Autant il réserve parfois des surprises aptes à changer des vies. Par chance, Gillian Anderson en connaît surtout le profil le plus alléchant depuis qu’elle a débarqué à Los Angeles en 1992 pour tenter une carrière hollywoodienne - parce que bon, le théâtre à New-York, c'est cool, mais on se lasse quand même vite de Broadway et ses spectateurs qui se baladent avec une écharpe autour du cou (oui, les clichés ont la peau dure !). L'Américaine, qui a grandi entre Porto Rico et Londres avant de revenir sur ses terres, rate pourtant la case cinéma. C'est du côté des séries qu'elle se fait un nom, et ce même si la chaîne Fox rêvait d'une actrice plus connue, mais surtout « plus grande, avec des jambes plus longues, plus blonde et avec une plus grosse poitrine » pour incarner Dana Scully dans X-Files. Petit rappel : au lycée, Gillian Anderson traînait dans les milieux punk alternatifs et était considérée comme la personne « avec le plus de chance de se faire arrêter ». De 1993 à 2002, c'est surtout elle qui a joué au bon flic, traquant un tas d'individus vraiment louches, enquêtant sur des phénomènes paranormaux et, parce que X-Files ne maîtrisait pas encore tous les codes de son époque, employant des expressions assez étranges (« Je vais appeler internet et leur demander de me faxer les numéros de téléphone de toutes ces femmes », mythique).
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Depuis, Gillian Anderson a connu d’autres grands rôles à la télévision, systématiquement ceux d’une femme forte, froide, souvent impartiale. Il y a eu (une nouvelle fois) le rôle de Stella Gibson dans The Fall, une flic toujours prête à faire ravaler aux hommes leurs attributs et à balancer quelques répliques cinglantes : « Les médias adorent diviser les femmes en catégories : les vierges et les allumeuses, les anges et les putains. Ne les encourageons pas ». Il y a eu également, entre autres (ne venez pas nous cracher dessus dans les commentaires sous prétexte que la liste n’est pas complète) Bedelia du Maurier dans Hannibal et Media dans American Gods (où elle incarne trois figures de la pop culture anglo-saxonne, dont David Bowie, période Ziggy Stardust, Marilyn Monroe et Judy Garland). On ne va pas crier au génie pour chacune de ces séries, parfois bancales. Mais il faut avouer que pour certaines d’entre elles, l’intérêt réside surtout dans la performance de Gillian Anderson, qui a donc prouvé au fil des années qu'elle maîtrisait l'art de la transformation (physique, notamment) et qu'elle pouvait se trimballer autrement qu'avec des épaulettes, un pantalon beige et un manteau trop long pour elle.

Reste que si l'on vous parle d’elle, ce n’est pas par simple nostalgie ou parce qu’elle est dans le creux de la vague. C'est surtout parce qu'elle tient actuellement un très beau rôle dans Sex Education sur Netflix et parce qu'elle incarnera en 2020 Margaret Thatcher dans The Crown. Encore l'histoire d'une femme forte, froide et impartiale donc. À croire que Gillian Anderson mentait lorsqu'elle disait vouloir faire de la comédie. À moins que ce ne soit Hollywood qui soit fermé à l’idée de faire bouger les lignes. Allez savoir… 


L’instant drama : l’ultime saison d’
Unbreakable Kimmy Schmidt
Probablement la seule comédie véritablement aboutie de Netflix, Unbreakable Kimmy Schmidt vient de s'arrêter après quatre saisons et six derniers épisodes une nouvelle fois impeccablement portés par Ellie Kemper (précédemment vue dans The Office et Mes meilleures amies). On n’en dit pas plus pour le moment, mais la fin… Bordel, préparez votre petit cœur tout mou.


L’interview du mois 2.0 : Stephen Dorff
Avec la troisième saison de True Detective, son créateur Nic Pizzolatto se réapproprie les codes de la première saison et cartographie une certaine Amérique, rurale et parfois hostile à la modernité. Comme le confirme l'acteur Stephen Dorff dans une interview au Figaro« L’Arkansas est un État pro Donald Trump. Les gens peuvent acheter un fusil quand ils le veulent. Il y a des armureries à pratiquement chaque coin de rue. Il n’est pas rare de voir le drapeau confédéré planté dans le jardin ou à la fenêtre. Nic suggère cette fracture avec ses personnages, notamment la dame qui confectionne les poupées et est, de par son éducation, emplie de préjugés racistes à l’égard de Wayne. Retourner en Californie, quitter la musique des arbres et des feuilles a été un choc. »

Le comeback inespéré : Sarah Michelle Gellar
On a longuement dit tout le bien que l'on pensait de Buffy contre les vampires ici. Pourtant, on n'a eu aucune difficulté à laisser derrière nous le souvenir de Sarah Michelle Gellar, visiblement incapable de s'imposer durablement au sein de l'industrie cinématographique américaine. Après des années à végéter entre deux projets passés inaperçus, l'actrice tente malgré tout un énième retour. Cette fois, ce sera dans l'adaptation du roman d'Alice Feeney, Sometimes I Lie, produite par Ellen DeGeneres et Warner Bros TV, et écrite par Robin Swicord (L'Étrange histoire de Benjamin Button). Sarah Michelle Gellar y interprétera le rôle d'Amber Reynolds, une femme qui, suite à un accident, se réveille à l’hôpital incapable de bouger, de parler ou même d'ouvrir les yeux. Alors pourquoi faire appel à une actrice aussi connue, me direz-vous ? Parce que la série, heureusement, se déroule sur plusieurs temporalités (grâce aux fameux flashbacks), ce qui laisse une chance à l'Américaine de montrer une fois pour toute qu’elle n’est pas juste bonne à défoncer des zombies assoiffés de sang.  
ilieLa photo qui rend nostalgique
En octobre, Kaamelott fêtera les 10 ans de son dernier épisode. Ça file un coup, c'est sûr. Heureusement, Alexandre Astier a récemment posté les premières photos du film Kaamelott, probablement en salles en 2020. Ça fait chaud au cœur ? Ouais, c’est pas faux !kaam