macadamia

Je vous préviens, ici, on causera pas "arc narratif", "caractérisation" ou "roman graphique", on n'est pas des snobs de la bédé, des seigneurs du livre de coloriage prêts à ergoter quatre plombes sur deux bulles. Plutôt que s'écouter jacter, on aime s'évader un peu de notre T1 en voyageant de cases en cases, comme quand on prenait un Gaston Lagaffe pour oublier que Papa et Maman s'envoyaient leur vaisselle Geneviève Lethu à la glotte. Et là, figurez-vous qu'on a mis la main sur un petit Mickey de première bourre, du nectar pour vos yeux en trou de pine, pour sûr. Tellement bonnard qu'on a décidé de mettre le hola sur les vidéos de chats qui pètent pour se fendre d'un petit texte, avec des mots et tout, à l'ancienne. Donc lâchez un peu les michetos de la Page Pute, parce qu'il y a ces deux zigues là, Place et Starsky, qui viennent de sortir Macadam Byzance chez Fluide Glacial. Paraît qu'ils bossaient pour une revue qui s'appelait AAArg !, je sais pas si c'est censé être classe ou quoi mais si vous voulez mon avis, avec un blase en onomatopée, ça m'étonne pas que l'affaire ait capoté. En tout cas, les branloutes se sont remis en selle pour nous sortir ce bouquin qui fait 69 pages, pèse 343g au ressenti du poignet et va peut-être vous dissuader de déssouder l'humanité. 

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Macadam Byzance, c'est l'histoire d'Illitch et Hervé, deux bons gars qu'ont pas trop de projets ni de familles, des ponceurs de bancs publics, des loqueteux de zone industrielle. Sauf que ces deux-là, ils s'aiment, ils se le diront pas mais ils s'aiment, comme la Koenigsbier et les cahouètes. Entre chourave, tournois de boule, bastons, coups de coeur et enterrements, avec leur gang (Kamel dit "Kung Fu Panda", Machado, Mado, Bernard le clebs et Madame Pinchon) ils se sortent de la merde et se tirent vers le haut. Moi, ça m'a vachement retourné parce que tout le monde a beau utiliser des mots en rosbeef à tout bout de champ comme "bromance", "crew" ou "team", 80% des gens qui te fêtent ton anniv' y ont pensé grâce à Facebook. Leur apologie de la solidarité simple et taiseuse du populo, ça m'a fait du bien, ça m'a lavé en dedans comme la détox anale de la Gwyneth. Ça invite a blackbouler les surnuméraires façon western et à resserrer les liens avec les vieux frères et les vieilles soeurs qui sont prêts à te sortir le cul des ennuis et la tête des toilettes.

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Niveau références, vu qu'y parait que vous aimez ça vous autres, ça m'a rappelé les nouvelles de Vincent Ravalec, les Démons de Jésus ou les truands de la galère, mais sans Morsay. C'est un peu comme si Renaud il avait troqué ses tiags pour des claquettes Fila ou comme si Audiard avait lâché le velours côtelé pour enfiler un jogging Decathlon. Ça gouaille, ça rappelle la langue des darons, des souteneurs, des péripat' de la Foire du Trône, des monte-en-l'air et des traîne-lattes de tous bords. Ah, et avant que les gnomes de l'internet balancent leur bile, personne m'a refilé de caillasses pour déblatérer comac, alors allez plutôt chier dans le jardin d'Hugo Clément. Merci d'avance.

++ Macadam Byzance de Pierre Place et Pierrick Starsky sort le 13 févrirer chez Fluide Glacial.