hawaii

Sous ce titre putaclic ne se cache aucune révélation fracassante (pardon) mais une plongée dans l'Amérique de 1959. Quand Hawaï devient le 50ème état des Etats-Unis, la mode polynésienne déferle sur le pays, influant les arts et l'alimentation. Avec le développement des vols commerciaux, l'île océanique devient rapidement le “bac à sable” des USA, le lieu de villégiature où les Américains viennent prendre congé de leur quotidien laborieux. Hollywood colporte sur le Continent l’image déformé d’un paradis océanique, peuplé de vahinés aux moeurs légères. Dans un pays encore très puritain, cette image fantasmée apporte un contre pied idéal au train-train quotidien poil lisse des gens. La fin de la Prohibition n'est pas si loin, et les Américains reprennent goût à l'alcool en allant siroter des cocktails dans des bars dits "tiki" (nommés aléatoirement d'après le nom d'un demi-Dieu polynésien). Cette vague exotique et chaloupée irrigue tous les aspects de l’art et de la vie courante : musique chill, chemises à fleurs, ustensiles de cuisine, ensembles complets de mobilier de maison... L’inconnu est domestiqué et transformé en objet de consommation courante. Outre son aspect colonial moralement répréhensible, la mode Tiki Pop est responsable d’un des plus grands crimes culinaires du siècle : l’association démoniaque jambon-fromage-ananas qui se décline en toast (voir ci-dessous) ou en pizza (la fameuse “Hawaïenne”).toasthawaii

Dans les années 70, le culte du Dieu Tiki s'essouffle avec l’avènement du mouvement hippie. Les Baby Boomers conchient les goûts de leurs parents. Colonialiste, sexiste, de mauvais goût, le courant est accusé (à juste titre) de tous les maux. Les "temples tiki", ces cabanes en bois typiques de l'architecture Tiki Pop, disparaissent aussi rapidement qu’ils étaient arrivés. Mais avec la mode vintage, il reprend depuis peu de la vigueur, son côté kitsch devenant un atout auprès de hipsters férus de chemises à fleurs ironiques. Le mouvement reparaît grâce au travail d'excavation de chasseurs-collectionneurs passionnés. La vague pop hawaïenne, un documentaire diffusé sur Arte jusqu'au 23 février, donne la parole à ces aventuriers des temples tiki perdus. Palmiers, vahinés et merveilleuses kitscheries d'archives sont à voir dans ce film :