MARC COLLIN
Producteur phare de la french touch, musicien derrière le projet Nouvelle Vague, Marc Collin travaille actuellement sur un album avec Mona Soyoc qui devrait prochainement arriver dans les bacs.marcQuand as-tu découvert Kas Product ?
Marc Collin : Sur disque, je ne me souviens pas trop ; en revanche, je me rappelle très bien de la première fois que j'ai croisé Mona Soyoc en vrai. C’était au Rock Forum Création à Montreuil en 1987. Kas Product y jouait et j’avais un stand où je présentais mon label de l’époque. Et là, je vois Mona qui se balade tranquillement dans le salon, qui passe devant mon stand (un peu comme si je croisais Siouxsie Sioux) et, évidemment, je n’ai pas osé aller lui parler.

Quelle a été ta première impression ?
Au début des années 80, il n'y avait que deux groupes français que j’admirais parmi toute la scène new-wave : Kas product et Taxi Girl.

Tu les as vus en concert ?
Oui, à l’école Polytechnique à Ivry, c’était à la période de leur troisième album, Ego Eye. Et bien sûr, j’avais adoré.

Qu’est-ce que tu aimes chez eux ?
Pour moi, c’est le duo « chanteuse et mec derrière les machines » par excellence.  Ils avaient tout : le son, le look, la voix, l’attitude !

Où est leur influence aujourd’hui ?
Dans toutes les musiques qu’on nomme synth ou minimal wave, et également chez tous les duos composés d’une chanteuse sur le devant de la scène et d’un homme derrière ses machines.

Tu as un projet avec Mona, non ?
J’ai fini par la rencontrer dans les années 90 car elle habitait en face d’amis à moi, et on a décidé de faire de la musique ensemble. Puis je lui ai présenté Arnaud Rebotini et Erik Rug, qui étaient fans car ils venaient tous les deux de Nancy, comme Kas Product. Finalement, le projet qu’on avait ensemble ne s’est pas fait, mais il y a deux ans, on s’est recroisé à un concert. À partir de là, on a vraiment enregistré un album. Il est d’ailleurs quasi-fini, mais Mona préférait sortir d'abord le nouvel album de Kas Product avant.

Quel est ton morceau préféré de Kas Product ?
Oh, il y en a beaucoup : Never Come Back, So Young But So Cold, Tina Town...


JOAKIM
Le boss du label Tigersushi également producteur et DJ a sorti en 2004 une compil' culte sur la new-wave française intitulée So Young But So Cold, nommée ainsi d’après l'un des titres les plus connus de Kas Product.joakim-1280x620 (1)Quand as-tu découvert Kas Product ?
Joakim Bouaziz (Joakim) : Il y a une vingtaine d'années. Autrement dit pas lorsqu'ils ont sorti leurs disques, mais
a posteriori, quand je me suis intéressé à la scène post-punk et cold wave française. 

Quelle a été ta première impression ?
Comme tous les groupes qui m'intéressent de cette époque, j'ai aimé le côté brut, urgent, hybride et DIY. Je suis moins sensible à l'esthétique qui entoure le groupe. Pour être honnête, je connais mal leur discographie, même si je sais que les «vrais» fans de Kas Product sont très investis. Moi, il y a vingt ans, j'ai juste acheté chez Youri Try Out, leur premier album, et sorti sur Tigersushi cette compilation So Young But So Cold, qui porte le nom d'un de leurs morceaux phares.

Justement, qu’est-ce qui t’avait motivé à l’époque à sortir cette compil' ?
C'était une proposition d'Ivan Smagghe et de Marc Collin qui bossaient ensemble à l'époque et partageaient une fascination pour cette scène musicale française. Je n'ai choisi ni le titre, ni le tracklisting, mais j’ai découvert beaucoup de groupes à travers cette compilation, même si je connaissais déjà ce morceau de Kas Product. Cette compilation est arrivée dans le sillage de la compilation More GDM, qui incorporait quelques morceaux eighties français obscurs, mais aussi moins cold wave que ceux sur So Young But So Cold.

Tu les as vus en concert ?
Non, je suis un peu trop jeune pour ça (j'en profite pour dire que je suis trop jeune parce ça m'arrive de moins en moins).

Où est leur influence aujourd’hui ?
Bon, on a eu l'électroclash il y a quelques années, mais c'est déjà du passé. Je pense que la jeune génération queer-post-internet-DIY est l'héritière de cette tradition incarnée par Kas Product. C'est le nouveau punk en quelque sorte, très libre musicalement, ça fait feu de tout bois, et on retrouve ce côté un peu nihiliste, hédoniste et trash qu'on avait chez Kas Product. 

Quel est ton morceau préféré ?
So Young But So Cold, bien sûr !


ALESSANDRO ADRIANI
DJ et fondateur du label Mannequin Records spécialisé dans la new wave et tous ses dérivés, Alessandro analyse la position cruciale de Kas Product dans la scène eighties.Alessandro-AdrianiQuand as-tu entendu la première fois Kas Product ?
Alessandro Adriani : Certainement dans un bootleg du magazine anglais Flexipop, ou alors sur cette compilation, So Young But So Cold du label Tigersushi. C’était l’époque où il y avait tout un revival autour de ce qu’on appelait la synthwave, un courant musical des années 80 que la vague de l’électroclash avait remis sur le devant de la scène. Kas Product correspondait parfaitement, que ce soit pour leur look ou pour leur musique, à ce revival. La voix de Mona m’a tout de suite fait penser à celle de Siouxsie, mais avec une personnalité très différente. Aux alentours de 2007, j’allais beaucoup à Nancy et mon amie Sandra m’a traîné chez ce disquaire qui s’appelait Wave, où j’ai trouvé quasiment tous les disques qu’ils avaient pu sortir. C’était un disquaire tenu par Gérard Nguyen, le fondateur du légendaire label français Les Disques du Soleil et de l’Acier, qu’il avait créé dans les années 80. Gérard, qui était aussi le créateur du fanzine culte Atem, était leur producteur.

Tu les as vus en concert ?
J’ai eu la chance de les voir en concert au festival Drop Dead à Berlin en novembre 2012 dans un lieu qui s’appelait le Cube à l’époque, mais qui est devenu depuis le Schütz. Ils remontaient sur scène après 25 ans d’absence, leur live était incroyable. Je ne pense pas que beaucoup de groupes de leur époque auraient été capables de revenir avec un concert aussi fort.

Qu’est-ce que tu aimes chez eux ?
Leur force tient essentiellement à l’énergie qu’ils dégagent, les sons de synthés et de boîtes à rythmes de Spatsz couplés à la voix incroyable de Mona, c’est de la pure énergie.

Où est leur influence aujourd’hui ?
Le début des 80’s a été une période où musicalement, tout était possible. Venant de la scène punk, un flux de nouvelles technologies et de machines a commencé à envahir la scène musicale alors même que l’esprit punk était encore vivace. Suicide a été une source d’inspiration pour de nombreux groupes. Je pense qu’on entend l’influence de Kas Product aujourd’hui dans n’importe quel groupe qui essaie de faire revivre la cold wave, et je connais bien le sujet puisque j’en produis pas mal. Même des projets mainstream comme Nouvelle Vague ont repris des titres de Kas Product, ce qui donne une idée de leur influence.

Ils étaient connus en Italie à l’époque ?
D’aussi loin que je me souvienne, je sais qu’il y avait une sorte de connexion avec l’Italie, où ils ont fait une tournée en 1981. Mon bon ami Fred Ventura (producteur mythique d’italo-disco, ndlr) me racontait comment leur live à Milan était attendu avec impatience, que c’était le meilleur groupe qu’il ait jamais vu sur scène. Comment ne pas faire confiance à un mec comme Fred Ventura ?

Quel est ton morceau préféré ?
Je dirais Mind, tiré de leur premier single, même si mon album préféré est Try Out.

REBEKA WARRIOR
Moitié de l’ex-duo énervé Sexy Sushi, désormais dans Mansfield. TYA et le récent Kompromat, qu’elle forme avec Vitalic, Rebeka analyse l’influence de Kas Product sur ses différents projets.rebekaQuand as-tu découvert Kas Product ?
Julia Lanoë (Rebeka Warrior) : Assez tard, à un concert au Pulp, à la période de leur reformation.

Quelle a été ta première impression ?
J'ai tout de suite adoré cette présence très rock’n’roll à la Suicide, mélangée avec cette musique mélancolique, cold et à la fois dansante. Et en plus, cette manière qu’avait Mona de placer sa voix jamais où on l’attendait.

Qu’est-ce que tu aimes chez ce groupe ?
Ce que j'aime, c'est que ce soit assez pop et entêtant sans être racoleur. Je suis aussi très touchée par la voix de Mona et par le minimalisme de leurs productions.

Est-ce qu’ils ont inspiré tes différents projets musicaux ?
Il y a des corrélations entre ce que je fais avec Kompromat et Mansfield. TYA, ou avec ce que j'ai pu faire dans Sexy Sushi. Nous sommes certainement de la même famille musicale. C'est difficile de savoir à quel point on a pu être inspiré par un groupe ; en tout cas ils planent toujours autour de moi.

Quel est ton morceau préféré ?
Man Of Time sur l’album Try Out. Je le joue encore très régulièrement en DJ-set. Il n'a pas pris une ride.


THE HACKER
DJ et producteur, fan de new-wave et d'électro, Kas Product a eu une grande importance dans la musique de Michel Amato et encore plus dans son projet Miss Kittin & The Hacker.misskittinQuand as-tu découvert Kas Product ?
Michel Amato (The Hacker) : À
la fin des années 80 dans Rock & Folk, j’étais jeune à l’époque et leur interview m’avait intrigué. C’est comme ça que j’ai acheté l’album Try Out, qui était en soldes à la Fnac. Je ramène le disque chez moi et ça a été le choc. Tu sais, quand tu écoutes un disque la première fois et que tu aimes immédiatement.

Qu’est-ce que tu aimes chez eux justement ?
Le côté électronique, minimaliste, très noir, et avec des sons de synthés vraiment inhabituels. Leur style est vraiment unique, la rapidité des morceaux aussi, ça ne ressemblait à rien d’existant.

Qu’est-ce que tu veux dire par «des sons de synthés inhabituels» ?
C’est difficile à expliquer, leur manière d’utiliser les boîtes à rythmes... Je l’ai finalement pigé avec le temps, mais leur façon de jouer des synthés, comme les sons qu’ils utilisaient, était vraiment unique. Ils devaient vraiment se prendre la tête pour programmer les synthés de l’époque. Ce n’était pas robotique à la Kraftwerk, mais comme une superposition de rythmes très rapides et complexes pour l’époque avec des nappes très sombres. C’était une musique à deux niveaux, la rythmique et les sons par dessus qui créaient l’ambiance, et sans compter la voix de Mona, évidemment, magnifique.

Tu pensais qu’ils étaient Français ?
Justement je ne comprenais pas bien, je disséquais les notes de pochette, c’était marqué «enregistré à Nancy», donc j’imaginais un groupe allemand ou suisse. Je ne sais pas pourquoi, peut-être parce qu’ils chantaient en anglais, je ne les imaginais pas Français. Il y a d’autres groupes de l’époque qui m’ont marqué, mais Kas Product - je suis devenu immédiatement un immense fan.

Tu les as vus en concert ?
Quand ils se sont reformés en 2005, je les ai vus à la Machine du Moulin Rouge. C’était génial, j’avais l’impression d’avoir 16 ans. Ça n’avait pas vieilli d’un poil ; en plus, on était en pleine période électroclash, donc ils étaient plus que jamais d’actualité. Mona était magnifique, Spatsz mystérieux et ténébreux derrière ses machines, c’était magnifique et parfait comme je l’imaginais dans mes souvenirs.

Tu les considères comme les parents de l’électroclash ?
Complètement. Je me rappelle que quand je les ai fait écouter au groupe Adult à Detroit, ils ont été tout de suite subjugués, ils me disaient : «Mais qu’est-ce que c’est que ce truc ? Ils ont tout inventé, ils ont tout fait en 1982 !». Oui, leur influence est certaine, que ce soit déjà la formule du duo, le look, le blouson en cuir noir, la mèche, il y avait déjà tout. Ça a été une énorme source d’inspiration pour Miss Kittin & The Hacker, même si ça ne s’entend pas forcément, car Caroline a une voix très différente. Et puis on n’a pas forcément la même approche, on est plus oniriques, plus gentils quelque part. Chez Kas Product, il y avait une violence contenue qui tenait à leur génération, ils venaient du punk alors que nous, on venait de la techno et des raves.

Tu les as rencontrés ?
Non, et je suis vraiment bête car j’aurais pu aller les voir backstage à la Machine du Moulin Rouge, mais j’étais intimidé et j’ai pas osé aller les embêter après leur concert. Ensuite, j’ai eu Spatsz au téléphone plusieurs fois car il y avait l’idée de remixes de leurs titres qui traînait dans l’air et on m’avait demandé de remixer Never Come Back. Et puis le projet a avorté, et d’une certaine manière c’était tant mieux car je n’étais pas très satisfait de ce remix. En fait, le titre est tellement fort que ça ne sert à rien d’y toucher. Avec Spatsz, au téléphone, on avait des discussions de nerds, on parlait beaucoup de matos, j’étais curieux de savoir comment ils faisaient à l’époque. Les lives électroniques c’était très complexe, surtout avec le matos qui existait début 80, pas stable, qui plantait tout le temps et qui pesait une tonne... Beaucoup de groupes électroniques jouaient avec des bandes enregistrées qui tournaient sur un Revox. Kas Product, eux, ils se trimballaient tout le matos sur scène. Il fallait tout programmer, c’était un vrai boulot de fou, du vrai live quoi !

Comment expliques-tu qu’ils ne soient pas plus connus ?
A priori, ils n’ont pas eu beaucoup de chance. Je relisais de vieux articles de Best et Rock & Folk de l’époque : ils ont eu pas mal de galères avec leur maison de disque visiblement, ils n’étaient pas très bien distribués et leur promo laissait à désirer alors qu’ils avaient des ambitions à l’international. C’est ce que je déduis de ce que j’ai lu. Après, il faut se souvenir que leur musique à l’époque était très underground. C’était pas Indochine, c’était pas calibré pour le Top 50.

Ton morceau préféré ?
Sur By Pass, leur deuxième album, ce morceau qui s’appelle Loony -Bin.


ARNAUD REBOTINI
DJ et producteur spécialiste des synthés analogiques, il a été l'un des premiers à inviter Mona, la chanteuse de Kas Product, à sortir de sa zone de confort sur son projet organique, mélange de baroque et délectro, Zend Avesta.
arnaudQuand as-tu découvert Kas Product ?
Arnaud Rebotini : Je ne sais plus bien en quelle année, c’était du temps où je trouvais mes disques chez Copa Music aux Puces de Saint-Ouen. J’ai dû acheter l’album Try Out en 1986.

Qu’est-ce qui te fascinait chez eux ?
Pour moi, c’était vraiment la découverte de la cold wave. J’étais plus dans l’électrofunk ou le hip-hop quand j’étais gamin, c’était une période où je commençais à découvrir des groupes phares comme New Order ou Joy Division, et je suis tombé sur Kas Product. La qualité de leurs productions était fascinante.

Tu portes quel regard sur leur son ?
Ils sont arrivés au moment de la quintessence des synthétiseurs et ils ont su en tirer un truc hyper-personnel. On les associe à la scène new-wave française mais pour moi, ils ont une dimension internationale évidente. Je ne leur trouve pas d’équivalent français en termes de qualité des chansons et d’authenticité de la production.

Comment en es-tu venu à travailler avec Mona sur Zend Avesta ?
C’est Marc Collin qui la connaissait, on cherchait des guests pour l'album de Zend Avesta. Je ne savais pas qu’elle chantait encore à l’époque, et j’ai dit oui tout de suite.

Comment expliques-tu qu’ils n’aient pas eu la reconnaissance qu’ils méritaient ?
Déjà, ils ont arrêté de faire de la musique pendant de longues années, et du coup, c’est devenu un groupe très générationnel. Je m’en suis rendu compte quand j’ai fait ma tournée avec mon projet Zend Avesta et Mona : le public était constitué de gens plus vieux que moi et qui étaient méga-fans de Kas Product. Après, avec toute la mode synthwave et électroclash, ils sont revenus sur le devant de la scène et ont été découverts par toute une nouvelle génération. Il faut quand même se souvenir qu’en France, ils ont été assez énormes - et même à l’étranger. On parle souvent des Daft Punk comme du premier groupe français à s’être exporté, mais Kas Product a fait la couverture du NME.

Tu les as vus en concert ?
Oui, mais à leur reformation, pour la première tournée de leurs retrouvailles. C’était en 2006 à la Machine du Moulin Rouge, il me semble. Mona était tout en blanc. C’était parfait.

Ton titre préféré ?
Man Of Time. Et aussi Sober, un morceau qu’on passait beaucoup avec Michel Amato (The Hacker, voir ci-haut, ndlr) au Pulp. C’est un morceau très sombre ; quand on le jouait, ça signifiait que la soirée était terminée et qu’il fallait partir. 


VERONICA VASICKA
Basée à New-York, cette passionnée des années 80 a ressorti avec son label Minimal Wave quelques-uns des plus beaux projets des eighties, qu’elle a contribué à remettre à la mode en relançant la hype autour de la minimal wave.
veronicaQuand as-tu découvert Kas Product la première fois ?
Veronica Vasicka :
Au tout début des années 90, et j’ai vraiment pensé que c’était un duo très spécial, très différent des autres groupes de l’époque et avec un statut évident de pionniers.

Tu portes quel regard sur leur son ?
Ils ont été le premier groupe à attirer mon attention sur la scène cold wave française des eighties. J’adorais leur manière de combiner l’héritage post-punk avec l’électronique, mais aussi leur présence scénique. Il suffit pour s’en convaincre de regarder les vidéos d’eux en concert qu’on trouve sur YouTube.

Qu’est-ce qui fait leur différence ?
Leur son de synthé très glacial, couplé avec une esthétique punk qui n’est pas sans faire penser à la scène no wave de New-York dans les années 80. Ils ne ressemblaient pas à Suicide, groupe phare de l’époque, même si leur approche peut paraître semblable. Ils ont été les pionniers d’une certaine esthétique électronique - il suffit d’écouter un de leurs morceaux comme Mind pour en être convaincu. Il faut aussi parler de la présence incroyable, très forte et féminine de Mona. Son background jazz s’entend aussi dans la manière dont Kas Product envisageait la musique. Spatsz, lui, savait parfaitement ce qu’il pouvait tirer de son synthé MS20, il y avait quelque chose de très fluide dans la manière dont leur collaboration se faisait. Spatsz nous manque déjà cruellement mais son esprit sera toujours vivace grâce à la musique de Kas Product.

Ton morceau préféré ?
So Young But So Cold, Never Come Back et Mind.