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Ca y est. Après avoir été diffusé sur HBO, Leaving Neverland, le documentaire controversé relançant les accusions de pédophilies qui pèsent sur Michael Jackson, s’apprête à sortir en France. Au vu des échos suscités par le film outre-Atlantique, on se dit qu’on aura bientôt du mal à percevoir de la même manière ses chansons et ses clips où on le voit dire "I'm bad" en se touchant le sexe. En attendant la date fatidique, prenons donc un instant pour se souvenir de cette époque pas si lointaine où le King of Pop avait une attraction pour les enfants à Disneyland : Captain EO. Un divertissement aberrant qui, avec du recul, s’apparente plus à une petite maison des horreurs qu’à un manège enchanté.

Un mashup entre Star Wars et le Muppet Show

Syndrome de Peter Pan oblige, Michael Jackson était un grand fan de Disney. L’entrée de son ranch, Neverland, était inspirée par celle de Disneyland, parc où il se rendait régulièrement déguisé pour ne pas qu’on le reconnaisse. Il avait même failli jouer dans un sequel de Mary Poppins (oui, parfaitement), mais c’est une autre histoire. C’est en 1984, alors qu’il est au top de sa gloire, que le boss de la Walt Disney Company a l’idée de proposer un show autour du chanteur pour les parcs Disney : un film musical 3D, dirigé par Francis Ford Coppola et produit par George Lucas. Un budget faramineux est investi dans ce court-métrage de 17 minutes : entre 17 et 30 millions de dollars, soit environ 1,7 millions par minute. 

Malgré son casting 5 étoiles et son coût de production colossal, le film est d’une kitscherie sans nom. Captain EO ressemble à un mauvais mashup entre Star Wars et le Muppet Show, et semble illustrer les ravages de la coke sur les scénaristes des années 80. On y suit les aventures de Captain EO (joué par Michael Jackson), le leader d'un vaisseau spatial dont l'équipage est pour le moins farfelu, puisqu'on y trouve une bestiole orange, une créature en forme d’éléphant, des frères siamois et deux robots. Ensemble, ils doivent apporter un paquet à une reine maléfique sur une planète désolée. Pour amadouer cette méchante souveraine, une partie de cette joyeuse troupe se transforme en instruments de musique (véridique). Une chanson et une chorégraphie endiablée s'ensuivent.

Dernier tour de manège

Captain EO ouvre en fanfare en 1986 à Disneyland. Elle déboule ensuite à Disneyland Tokyo à partir de 1987 et figure parmi les premières attractions de Disneyland Paris lors de son ouverture en 1992. Mais avec les années, alors que la popularité de l'idole est entachée par les premiers scandales de pédophilie (la première accusation d'abus sexuel sur mineur a lieu en 1993), l’attraction attire de moins en en moins de monde. Elle est fermée discretos à Tokyo en 1996, aux US en 1997, et enfin en 1998 à Paris. Mais après la mort de l’artiste en juin 2009, les fans réclament son retour. Des pétitions sont lancées et elle finit par revenir temporairement, d'abord en avril 2010 à Disneyland (Californie), puis à Disneyland Paris (France), et à Tokyo Disneyland (Japon). Disneyland Paris a été le dernier à proposer cette attraction jusqu'à sa fermeture définitive le 12 avril 2015.

++ Diffusé récemment sur HBO, Leaving Neverland sera diffusé sur M6 le 21 mars prochain. Vous pouvez voir le film Captain EO sous-titré en français ici.