keupongLes connaisseurs savent déjà que le mandat de Trump a ravivé la scène de Washington (avec l'émergence de groupes comme Priests, Sneaks ou Governess), qui compte parmi ses légendes les Bad Brains, Fugazi ou Minor Threat. Mais depuis quelques semaines, c'est un scénario encore plus étonnant qui se dessine : Beto O'Rourke, ancien bassiste straight edge d'El Paso, ici à droite de Willie Nelson, est peut-être en train de damer le pion à Papy Sanders côté démocrate et pourrait participer à la bataille finale pour le trône de fer. Fini de chier en chanson sur le gouvernement, dans la plus pure tradition hardcore, le punk a atteint l'âge de raison et veut rentrer au coeur des institutions. Anarchy in the US très prochainement ? 

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A 7 ans, en 1979, le petit Beto prend une mornifle taille patron nommée London Calling des Clash. Une révélation qui le mènera à se biberonner aux sorties du label Dischord et à monter Foss, groupe post-hardcore emo. Seule info croustillante sur cette formation relativement anedotique : la présence de Cedric Bixler-Zavala, depuis devenu chanteur de The Mars Volta et At the Drive-in. Sur la pochette de leur deuxième album (sur trois au total), The El Paso Pussycats, O'Rourke apparaît en robe. C'est pourquoi elle a été récemment exhumée par les "patriotes", ainsi que son passif avec les forces de l'ordre (il a été accusé de cambriolage mais pas condamné), pour discréditer sa campagne infructueuse contre Ted Cruz fin 2018 pour devenir sénateur du Texas. Car si sa carrière de musicien n'a duré que peu de temps, de 1991 à 1995 environ, sa trajectoire politique est, elle, plutôt longue. D'abord élu au conseil municipal d'El Paso en 2005, il est entré dans la Chambre des Représentants en 2012. Alors en fin d'année dernière, malgré sa défaite de 3% contre Cruz, il annonce qu'il va tenter sa chance pour 2020. Si au départ il gardait le secret sur sa vie d'avant, il assume aujourd'hui son passé qui lui confère autant de haters que de coolitude, en citant Ian MacKaye comme influence majeure.

Tout cela ne serait qu'anecdotique s'il n'y avait pas eu l'ultime rebondissement : il y a deux jours, il annonce qu'il a récolté 6,1 millions de dollars en 24 heures de campagne. Soit bien plus que tous ses autres concurrents dans la course aux primaires, dont Bernie Sanders, qui s'est fait coiffer au poteau avec ses 5,9 millions. Sur le fond, O'Rourke est contre le mur et la profusion des armes, il s'affirme comme pro-avortement et du côté de la légalisation de la marijuana. Par contre, il est pour la baisse des taxes aux entreprises pour relancer l'économie. Reste à voir quel sera son style dans le grand show qui s'annonce...

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