wiig02Que celui ou celle qui n’a jamais commandé de bouffe en ligne pour éponger sa tournée de la veille avant d’essuyer ses doigts huileux à même la couette nous jette la première canette de 8.6. Et si les services de livraison de repas profitent autant aux leaders du plat à domicile qu’ils ne plombent le budget des piliers de bar en hypoglycémie, ces applis ne sont pas les seules à gagner de l’argent sur le dos des soiffards. En effet, aux Etats-Unis, les achats en ligne réalisés par des personnes en état d’ébriété représenteraient chaque année un marché de 48 milliards de dollars.

Oui, vous avez bien lu : 48 milliards dépensés chaque année par les clients américains de plateformes de commerce électronique qui ont un coup dans le nez, Amazon en tête, puisque l’entreprise totalise 85% des commandes passées sous influence (suivie loin, derrière, par le site de vente Ebay puis le champion des coques de portables en bambou : Etsy).platformCe sondage, réalisé début mars par le magazine en ligne The Hustle auprès de 2174 de ses lecteurs qui consomment de l’alcool établit un lien certain, si vous en doutiez encore, entre le taux de téquila dans le sang et l’achat compulsif d’un cendrier-cuvette de chiottes ou d’un distributeur de savon en forme de paire de seins. Précisons tout de même que les personnes ayant répondu à l’appel sont majoritairement des hommes de 36 ans avec des revenus annuels de 92 000 dollars (soit le double de la moyenne nationale) mais qu’en recoupant l’ensemble des données collectées auprès des lecteurs, toutes professions, tous âges et tous genres confondus : 79% d’entre eux auraient déjà acheté des objets sur le Net en étant complètement beurrés.

Parmi les professions les plus susceptibles de céder à la tentation du shopping pinté on retrouve étonnamment les personnes travaillant dans le secteur du sport (qui a dit que travailler ses ischios et boire comme un trou ne faisait pas bon ménage ?), et parmi celles qui ont le moins de chances de dilapider leurs thunes, les artistes ainsi que les auteurs qui ont de toute façon déjà creusé leur découvert en décidant de se bourrer la gueule.professionsEn revanche, si les écrivains sont moins nombreux à se procurer des trucs en ligne après quelques verres, le faible pourcentage de soûlards vivant de leur plume qui le font dépensent des sommes bien supérieures à la moyenne. Dans le haut du classement des corps de métiers qui claquent leur fric comme si chaque soirée de beuverie était la dernière on retrouve aussi les personnes travaillant dans la mode, les pros du fitness et les coachs de vie qui aiment visiblement acheter des trucs très onéreux pour combler le vide existentiel qui les habite entre deux Ted Talks.professions-1Dans la longue liste d’objets insolites que les lecteurs du magazine ont confessé avoir acheté pétés comme des coings on trouve une baïonnette de la Seconde Guerre mondiale, une écharde qui a été enlevée du pied d’une ancienne star de NBA, un château gonflable pour renouveler la déco du salon ou encore deux places pour un concert de Justin Timberlake (à 165 $ l’unité tout de même) après qu’un spectateur du Super Bowl l’a vu monter sur scène à la mi-temps… Enfin sachez que pour la plupart, les acheteurs ne regrettent pas leurs acquisitions puisqu’ils sont seulement 20% à demander un remboursement post black-out.

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Crédits images : The Hustle.

++ Tous les résultats commentés et détaillés (en anglais) de cette formidable enquête sont à retrouver sur le site d'origine