Capture d’écran 2019-04-11 à 16.21.26Quand Antoine Galland, archéologue français du XVIIIème siècle, compila des contes du Liban pour écrire ses Mille et une nuits, il n'osa tout coucher sur le papier, choqué par le trash assumé des légendes perses, et pris quelques libertés. Disney s'en inspira et javelisa encore davantage l'histoire d'Aladdin pour faire son dessin animé tout public sorti en 1992. Heureusement, Slate revient sur l'histoire de l'orientaliste et aventurier Richard Francis Burton, qui, après avoir traduit en anglais le Kama Sutra, a décidé de se torcher avec la censure chrétienne et la pudibonderie pour livrer une transcription authentique au XIXème siècle, nommée Aladdin of the Beautiful Moles. Et autant dire qu'on est plus proche de Vernon Subutex que de l'amour courtois.

Capture d’écran 2019-04-11 à 16.21.10Dans cette version plus fidèle, Aladdin est le fils d'un riche marchand, qui par ailleurs se shoote à un élixir à base d'opium pour épaissir son sperme. Plutôt qu'un crevard au coeur pur, il est un aimant à fantasmes qui se fait chauffer par toutes sortes de gens dans toutes sortes de lieux. Par exemple, lors d'un grand banquet, il se fait draguer par Mahmud de Balkh, un homo à la vie dissolue bien résolu à le mettre dans son pieu. Pas très fleur bleue, il lui propose d'emblée orgies, fessées et peut-être même du fist-fucking (si quelqu'un connaît la traduction du terme "fistling" en vieil anglois, on est preneur), en vain. Le candaulisme est aussi au programme, à cause d'un imbroglio juridique. On vous explique. Juste après avoir divorcé d'une certaine Zubaydah, son ex-mari veut la récupérer. Mais pour respecter la loi islamique, cette dernière doit avoir consommée une autre union avant de pouvoir se remarier avec lui. C'est là qu'Aladdin entre en scène : avec la bénédiction de son conjoint, il entreprend donc Zubaydah qui s'exclame, pas farouche : “Go to it, O Shaykh Zachary of shaggery, O father of veins!” (“Viens, ô Sheikh Zachary de la baise, ô père des veines”). L'ancêtre élégant du "tape dans le fond, j'suis pas ta mère" en quelque sorte. Un bijou de dirty talk, à essayer chez vous. Par contre, on vous rassure, avec sa Jasmine, la Princesse Badr al-Budur, rien de crade. Si grâce au génie, Aladdin va parfois la stalker dans sa chambre, caché derrière son lit, il ne tente rien de glauque et se contente d'apercevoir son visage. Ouf... On veut un film qui respecte cette oeuvre incroyable, pas Will Smith en schtroumpfette, bordel !