On va tester vos aptitudes de séducteurs par des mises en situation cocasses mais néanmoins existentielles. Vous êtes prêts ?
Thomas et Édouard : Go, on est chaud.

Capture d’écran 2019-04-16 à 18.31.57

Diapo n°1 : Vous êtes à une intersection et vous tombez tous les deux sous le charme du même individu. Qui à la priorité ?

Thomas : Eddy, forcément ! Priorité au célibataire.
Édouard : Bah oui, c’est sûr, c’est la règle. D’ailleurs, ceci est un appel à vos lectrices : appelez-moi !
Thomas : Son numéro, c’est le 06 80... Capture d’écran 2019-04-16 à 18.37.45

Diapo n°2 : Vous êtes en phase d'approche sur le dancefloor. Quelle est la vitesse maximum autorisée pour pécho ?

Thomas : Soit il faut un vrai slow, comme notre chanson Feu Rouge, soit il faut se déchaîner sur du uptempo pour se rapprocher. Ce qui marche le moins bien, ce sont les tempos entre les deux, entre 85 et 105 BPM.
Édouard  : Et le mieux, bien sûr, c’est de passer progressivement de l’un à l’autre. De commencer tout doux pour finir de manière sauvage.

Vous avez des styles de musicaux privilégiés pour draguer ?
Édouard : Non, ça prévient pas trop ce genre de choses.
Thomas : C'est ça, tout est dans l'impulsion du moment.
Capture d’écran 2019-04-16 à 18.33.51

Diapo n°3 : Votre plan cul est in love de vous, mais ce n'est pas réciproque. Est-ce que vous pratiquez le ghosting ?

Thomas : Malheureusement, ça m’est arrivé et je m’en excuse.
Édouard : Moi, je ne coupe jamais les ponts, je pense qu’il y a toujours quelque chose à tirer d’une relation. Même si on s’est fait du mal, qu’on est plus dans le même délire, on peut toujours continuer à communiquer. On peut de nouveau se comprendre plus tard. 

Pourtant, vous avez une chanson sur l'album qui s'appelle Silence Radio. 
Thomas : La chanson parle d’un navigateur, Donald Crowhurst, qui a fait le Vendée Globe à la fin des années 70 en solitaire. Lui, c’était un marin d’eau douce qui avait réussi à avoir des sponsors, au bagout. Il a décidé d’attendre tout le monde au Brésil.
Édouard : Grosse, grosse imposture.
Thomas : Il a tenu deux carnets de bords. Un officiel, et un officieux où il parle du fait de vivre avec ses mensonges seul face à l’océan. D’ailleurs, il n’est jamais revenu de ce voyage. Il y a même des enregistrements où on l’entend avec son harmonica, piégé dans son histoire. Finalement, Silence radio est le seul morceau de Virages qui ne parle pas d'amour. 

 

Capture d’écran 2019-04-16 à 18.46.05

Diapo n°4 : Une femme vous met un stop — vous marquez l'arrêt ?

Thomas : Directement, sans contestation.
Édouard : Insister, ça ne marche jamais, il ne faut pas être trop lourd avec elle. Et ne pas être trop lourd avec soi-même.

Et si c'est un feu orange, vous essayez de passer en force ?
Thomas : C’est un grand non.
Édouard : Non, je freine bien sûr.
 Capture d’écran 2019-04-16 à 18.50.47

Diapo n°5 : Après une rupture, vous êtes sur la bande d’arrêt d’urgence de la vie. Quels sont les gestes qui sauvent ?

Thomas : Composer des chansons, évidemment.
Édouard : Faire la fête.
Thomas : Beaucoup la fête. Et des voyages. Le truc, c’est d’y penser sans trop y penser.

Mais il faut y penser quand même ?
Édouard : Oui, il faut essayer de comprendre ce qui s’est passé sans se faire bouffer.
Thomas : Faire de la musique à partir de cette souffrance, c’est un exercice apaisant. Tu es avec d’autres personnes, tu sors de la colère solitaire pour aller vers quelque chose de plus calme.
Édouard : C’est un moyen de se canaliser qui est devenu presque naturel pour nous.

Et est-ce qu'il y a des chansons qui vous remontent le moral dans ce genre de moment ?
Thomas : L ‘album qui m’a vachement aidé, c’est celui de Dylan, Pat Garett & Billy the KidÇa alterne entre chansons chantées et morceaux folk sans paroles. La voix de Dylan, c’est ma roue de secours dans les moments difficiles. Je sais que pour d’autres c’est agaçant, ce côté nasillard, mais pas pour moi.
Édouard : Moi je dirais, Marlon Williams,  Make Way For Love.
Thomas : Super album. Une voix incroyable.
Édouard : Le plus beau concert qu’on ait vu en 2018 je pense. On était à Nantes. Parcels était dans la grande salle, lui dans la petite. On s'est pris une claque.

Capture d’écran 2019-04-16 à 18.47.35

Diapo n°6 : Vous sortez d'une rupture : vous filez droit devant ou vous regardez dans le rétro ?

Thomas : J’y jette un oeil. Pas pour me dire que c’était mieux avant, mais juste pour me rendre compte de tout ce j'ai traversé pour en arriver là.
Édouard : Savoir d’où on vient et où on en est, c’est toujours bien. Sans regrets...
Thomas : ...ni amertume, surtout. On fait de la musique mélancolique mais on va très bien.

Et vous avez beaucoup de kilomètres au compteur ? C'est pour le contrôle technique...
Thomas : On a eu beaucoup d’histoires imaginaires, et quelques unes de vraies. On N'en dira pas plus.

Capture d’écran 2019-04-16 à 18.42.01

Diapo n°7 : En couple, comment faites-vous pour ne pas piquer du nez sur l'autoroute du quotidien ?

Thomas : Il faut rire et, surtout, ne pas regarder de séries à deux. Netflix, c’est la mort du couple. Je préfère prendre un verre dans le bar d’en bas, quitte à devenir alcoolique, que de tomber là-dedans. J’en regarde, hein, mais tout seul.
Édouard : Il faut toujours continuer à se faire découvrir des choses, rester curieux. D’ailleurs, c’est comme ça que notre duo tient sur la durée.

J'ai lu que Thomas adore les "chansons d'autoroute". C'est quoi ?
Thomas :  Il y en a deux types. Si la route est dégagée, un bon Julien Clerc, ça met l’ambiance. Quand tu rentres des vacances, bloqué sur le périph’ sous la pluie, et que sur Nostalgie passe un morceau disco connu, que tu as entendu cent fois, ça c’est vraiment déprimant.
Édouard : J'ai le souvenir d'écouter la cassette d’Équinoxe de Jean-Michel Jarre avec mon frère dans la bagnole, la nuit. Quand tu sors de l’autoroute, sous les lampadères, tu as l’impression d’être dans un vrai vaisseau spatial.

Capture d’écran 2019-04-19 à 16.11.08Diapo n°8 : Quand vous tournez en boucle sur le périphérique des reproches, vous prenez quelle sortie ?

Thomas : Je vais boire une bonne pinte.
Édouard : Oh oui, on est pareil là-dessus.

Et quand vous bloquez pour composer un morceau, c'est la même ?
Thomas : Je vais plutôt jouer un peu à Fifa, marcher.
Édouard : Pendant l'enregistrement de Virages, on a utilisé les fameuses cartes de Brian Eno, Stratégies Obliques, pour se sortir d'impasses créatives. Mais sinon, j'ai ma petite liste de choses à faire : sortir de la forêt ou faire un kit de percussions avec des bouteilles de bières. D'ailleurs, il y a des sons de flûtes de champagne cachés sur Rubis. On aime l'expérimentation, tant qu'on ne se perd pas là-dedans. On fait un peu de circuit-bending mais on n'est pas Jacques, on ne va pas faire un album fait avec des objets. 

Capture d’écran 2019-04-16 à 18.53.28

Diapo n°9 : Quel est le nombre de verres maximum avant aborder une femme ?

Thomas : Alors je vais faire une dédicace à Paul, qui se reconnaîtra. Le curseur, c’est la diction. Quand on n'arrive plus à parler distinctement, c’est mort.
Édouard : Il faut juste essayer de filtrer le nombre astronomique de conneries qu’on a envie de dire quand on a trop bu.
Thomas : C’est pour ça qu’on tourne au Perrier en ce moment-même.
Capture d’écran 2019-04-19 à 15.45.00

Diapo n°10 : A un rond-point, vous plongez profondément dans les yeux langoureux d'une gilet jaune, que faites-vous ?

Édouard : Bah, on se gare et on va causer.
Thomas : On aborde, direct. Pourquoi on ne le ferait pas ?

Ça vous plairait de parler de sujets politiques ou d'actualité, de manière poétique ou loufoque ?
Thomas :
C'est marrant que tu parles de ça parce qu'on était il y a peu de temps chez France Inter. Les autres invités, c'étaient Gauvin Sers et Abd Al Malik, donc on nous a demandé si on voulait faire des chansons engagées... J’aime ça, mais je ne me sens pas encore de le faire.
Édouard : Les mains d’or de Lavilliers, on adore.
Thomas : Ça parle des ouvriers de la sidérurgie dans le Forez. Pour l’instant, je préfère parler d’amour. Je me lasserai peut-être, mais ça m’étonnerait. 

Résultat : 1 faute (ghoster, c'est très vilain) ! Vous êtes des loveurs confirmés, sensibles et respectueux, comme le soyeux Ricky Martin.

Capture d’écran 2019-04-19 à 15.50.02++ L'album de Pépite est sorti chez Microqlima et il est disponible sur Deezer et Spotify.
++ Vous pouvez retrouver les dérapages contrôlés de Pépite sur leur page Facebook et leur compte Instagram.