Victor : chant, guitare
Louis : basse
Pierre : batterie, synthé
Arnaud : batterie, synthé
Sacha : guitare
Sinclair : guitare
Matéo : chant, guitare

J'ai de la chance, j'arrive pile-poil pour le barbecue saucisson-vin rouge dans le jardin, histoire de lancer ce reportage sur des chapeaux de roue, et alors que je dévore à pleine dent un hot-dog de compétition, j'ai droit à une petite séance de présentation qui ravira sans nul doute vos grand-mères : « y'en a 2 qui travaillent et le reste qui essaie de bosser à la fac' ». C'est du propre, et c'est vraiment le cas de le dire : « t'as de la chance parce que c'est propre, ce qui est très rare », une propreté passagère qui cache une longue histoire de dégueulasserie en tout genre et qui ne va en effet pas faire illusion très longtemps. Tout comme leur sens des réalités, un pragmatisme zéro légendaire qui va irriguer ce reportage du début à la fin, pour notre plus grand plaisir. Allez on commence avec ce petit dialogue déjà culte:

The Big Idea : « -on est pas intéressé par les petits labels français. On a contacté que des gros labels internationaux.
Moi : -Quel labels vous avez contacté ?
TBI :-Castle Face Records, Fuzz Club Records, Sub Pop, Captured Tracks..
Moi:-Ah oui quand même.
TBI :-On préfère être seuls qu'avec des petits labels. »

Une tendance à croire au Père Noel inversement proportionnelle à leur engagement pour une quelconque cause ou pour des idées : « on ne parlera pas politique ». Comme beaucoup de jeunes de cette génération désabusée, ils ne croient plus en grand chose, en revanche on ne peut pas dire qu'ils ne croient pas en eux : « on a dépensé 3500 euros pour un quadruple album ». Alors qu'ils débutent tout juste leur carrière et qu'ils ne sont encore personne sur la scène musicale, les mecs de The Big Idea n'ont pas attendu pour se lancer dans les grand travaux d'Hercule, avec une suite d'albums conceptuels tous plus dingues les uns que les autres. Tout, tout de suite, maintenant, avec :

-« ESS 95 », un EP pour « retrouver D.B Cooper, et finir le travail du FBI », rien que ça.

-« La Passion Du Crime 3 », un quadruple-album de plus de 1h53 (oui, oui) qui est en fait un véritable film sonore avec pas moins de 4 disques/chapitres et un mix' assez dingue entre musique garage et dialogues flippants. Pour un premier album, c'est plutôt du très (très) lourd.

-«Daytona !», un concept-album sur la vitesse qui est aussi un jeu de société, la pochette du vinyle étant la table de jeu d'une véritable course contre la montre. Qui arrivera le premier ?


Aussi incroyables soient leurs idées, personne n'est au courant, pour l'instant. Ils sont au moins réalistes là-dessus : « tout le monde s'en branle, comme Surface To Air Missive, un groupe génial que personne ne connaît ». C'est que ces joueurs émérites de garage rock sont aussi d'inconditionnels branleurs : « on fait souvent des fêtes de plusieurs jours de suite, à la fin ça devient chiant, il y a tout le temps quelqu'un qui boit ». Un comportement parfois dilettante qui ne pardonne pas : « personne nous prend au sérieux alors qu'en fait, on est des mecs sérieux. ». Des mecs sérieux qui ont du pain sur la planche, avec un nouveau grand projet dans les cartons. Un « méga-album » de 21 chansons à enregistrer en seulement 3 semaines: « On a 21 jours pour enregistrer la totalité de l'album. Après on part en tournée. ». Le top départ est lancé, et il ne va pas falloir traîner : « On est en retard ».

Big Idea 1Alors qu'une bonne partie du groupe s'affaire dans le home-studio situé au sous-sol de cette grande maison de banlieue de Champigny-sur-Marne, je tape la causette avec Victor, poète et principal parolier du groupe, qui analyse la situation: « C'est triste parce qu'on est dans une grosse baraque à faire de la merde, alors que les mecs autour de nous triment dans leur HLM. ». De retour pour une pause bière à la lumière du jour, les 7 membres de The Big Idea me racontent ensuite l'histoire de leur festival, le Cremafest, qu'ils organisent dans leur jardin et leur garage depuis 2016, avec une double scène, une entrée à un prix dérisoire et des pintes à 1 euros pour rassasier la petite centaine de spectateurs massés dans leur petite propriété privée. Un festival durant lequel il s'est déjà passé, forcément, des trucs de dingue : «on a retrouvé une baignoire avec une tente dans le salon. ». A l'origine du nom de ce festival illégal, une énorme fête de crémaillère qui a duré, tenez-vous bien, plus de quatre jours, avec entre autres des œufs écrasés retrouvés un peu partout sur les matelas et une baraque transformé en véritable décharge publique. Le « royaume de Crématie » était né, avant le Cremafest, le festival musical de ce petit pays bordélique perdu au fin fond d'une banlieue parisienne sans histoires. A côté, le jardin à la française bien taillé du voisin fait figure d'OVNI.

Big Idea CremafestAprès cette intermède historique indispensable pour mieux comprendre où j'ai débarqué, direction le studio, où ça bosse (très) très dur :

Sacha: « -Tin je suis crevé.
Victor : -J'arrive pas à bosser.
Pierre : -Moi non plus j'arrive à rien. »

Complètement bloqués, en panne d'inspiration et transis par la flemme, les mecs se rabattent sur une bonne vieille partie de jeu vidéo : « Mec tu veux pas plutôt écrire un article sur Need For Speed? » blague Victor, alors que Arnaud le batteur s'adonne à sa deuxième passion, Rugby 08 : « J'adore ce jeu, je prends que des branlées ». Pendant ce temps le mix de « Pierre Vitesse 1 » (devenu «You Alone Can », NDR) défile tout seul devant personne, le troisième guitariste Sinclair ayant abandonné le logiciel Logic pour bader sur son smartphone. Complètement à l'ouest, il a définitivement posé son casque et avale maintenant du vin blanc premier prix à même le goulot : «T'in je vais pisser j'ai mal à la vessie ». De son côté Victor a définitivement troqué sa Fender Mustang pour une manette de PS4 : «Être bourré sur Need for Speed c'est le kiff total. Je me sens comme le roi du monde là. ». Et quand on se sent comme le roi du monde, quoi de mieux que de proférer des insultes : « Les styles on s'en branle. Le psyché c'est ridicule. ». C'est aussi le moment idéal pour sortir LA punchline qui défonce: « On fait tout nous même, même les conneries ». Et l'histoire qui tue : «J'ai ramené une courgette à l'épreuve du baccalauréat, j'ai eu 20/20 ». Trêve de plaisanterie, les mecs se remettent à bosser, même torchés, en travaillant la chanson « Needles » (devenue « In Shot », NDR) jusqu'à 5h du matin, un horaire plutôt raisonnable pour les Big Idea : «il est 5h, j'ai décidé de me coucher tôt aujourd'hui».

C'est le lendemain et je ne peux pas sortir de ma chambre, je suis bloqué à l'intérieur. M'auraient-ils enfermé ? Non en vrai la serrure est cassée dans cette maison de maître à laquelle ils redonnent une seconde vie plutôt agitée. Il est 16h, j'ai enfin réussi à sortir de ma piaule et tout le monde est content : « 16h c'est le meilleur moment mec. ». Simon des Bad Pelicans traîne pas mal par ici, et me raconte l'histoire intéressante du petit label anglais sur lequel lui et d'autres groupes du coin dont Dr Chan ont sorti des trucs: « Stolen Body Records, c'est un mec seul tout à Bristol qui finance pleins de petits groupes parisiens. ».


Il faut attendre 17h30 pour que toute la bande soit levée, le moment idéal pour aller faire ses courses : « On va toujours au Super U au dernier moment ». Les réserves de pâtes et surtout de bières étant faites, il est temps de se remettre au boulot au sous-sol, et ça commence plutôt mal, sur la chanson « Fake News » (devenue « Year », NDR) :

Victor : « -C'est pas clair mec..
Matéo : -Il se démerdera au mix, ahahah
Victor : -Putain y'a un gros pain là. Le travail de studio c'est aussi chiant que de faire du pain. »

Quand ça cale au niveau de l'enregistrement, quoi de mieux qu'une bonne blague pour détendre l'atmosphère, et quand il s'agit de faire parler la poudre en matière d'humour et de non sens, les Big Idea en ont toujours sous la semelle: « Quelle est la différence entre un babouin ? ». Pas de temps à perdre, retour immédiat au travail, sur la chanson « Boxeur » (devenue « There is », NDR) :

Sinclair : « -Les niveaux les mecs !!
Victor, Sacha :-Lalalalala.
Sinclair : -Putain il manque une guitare !»

Il est maintenant 2h du matin et l'enregistrement continue tambour battant, alors que tout le monde est complètement bourré. On fait une partie de Magic que je gagne, et pour fêter ça on boit encore plus, je suis maintenant aussi bourré que les Big Idea, qui avancent mine de rien dans leur travail : « on a enregistré presque tous les basse/batterie, et à peu près 1/3 de l'album ». Il est 3h du matin et les mecs commencent à être totalement paumés sur l'échelle temporelle : « Y'a pas de jour et pas de semaine ». 4h du matin : Victor enregistre sa partie bien propre sur « If You Need », à moitié bourré, à croire qu'il est presque plus efficace dans un état d'ébriété avancé. Ils doivent ensuite faire face à une grosse couille inattendue : plusieurs pistes ont disparu dans la nature.. Les trois Big Idea qui restent sont bien vénèr et décident de se venger sur une bonne grosse pizza et sur une petite partie de Fifa 06, avant d'aller se pieuter, à 5h30 du matin.

Qu'elle n'est pas ma surprise d'apercevoir Th da Freak dans la baignoire du jardin le lendemain en me réveillant, cette même baignoire qui s'était retrouvée dans le salon avec une tente à l’intérieur à la fin du Cremafest n°1 et qui trône depuis au beau milieu du jardin, rien de plus normal me direz-vous. Après avoir vu Simon des Bad Pelicans et alors qu'une bouteille remplie de pisse froide trahit la présence récente de Fernando des Bad Pel's, voici maintenant Th da Freak qui débarque dans cet épicentre de la nouvelle scène garage franchouillarde : « tu veux une kro mec ? ».


Bien décidé à apporter ma pierre à l'édifice, je cuisine ensuite des pâtes aux champignons pour le groupe, après leur avoir acheté de grosses quantités de bières. Tout ce petit monde mange tranquillement, l'occasion d'analyser rétrospectivement la réussite de la fête de lancement de l'album « Daytona ! », sorti il y a tout juste 1 mois : « personne est venu à la Release.. ». Sur ces paroles déprimantes, je décide de filer à l'anglaise.

Je suis de retour 10 jours plus tard, alors qu'il ne leur reste plus que 2 jours pour finaliser l'enregistrement de 21 chansons en 21 jours, avant le départ en tournée : vont-ils réussir à tout terminer à temps ? Dans le bus qui m'amène dans leur coin paumé, le chauffeur chante du Rihanna, tous les voyants sont donc au vert. Je suis de retour dans le royaume de Crématie, avec du BJM pour m'accueillir comme il se doit : «Oh oui Anton », s'extasient les Big Idea en adoration totale devant le maître américain du rock psychédélique, qu'ils affichent fièrement sur les murs de leurs petites chambres d'étudiants.
BIg Idea 3A première vue, tout ce petit monde glande gentiment, les cadavres de bière s'entassant un peu partout encore plus que la dernière fois. En vérité, le groupe a vachement avancé depuis une semaine : «
On a fait une cure de désintoxication exceptionnelle, on a rien bu durant 7 jours! Et du coup on a grave avancé sur l'album ». La tournée de « Daytona !» s'organise déjà : «on prend quelle route ? », et les souvenirs de tournée de remonter à la surface : « Je me rappelle d'un bar underground à Prague, le Zižkovšiška on pouvait fumer à l'intérieur ! ». Pas de temps à perdre avec le passé, les minutes défilent et l'enregistrement n'est toujours pas fini, j'essaie alors de les remotiver :

Moi: « -Bon vous taffez là ?
Big Idea : -Non on va plutôt faire un Magic. »

Alors qu'on approche du compte à rebours final, les 21 morceaux ne sont toujours pas finis. On est lundi et tout doit être bouclé mercredi, jour du premier départ en tournée. Alors les Big Idea décident de prendre des mesures radicales : «on boit pas ce soir non plus. C'est mauvais pour la santé. ». Ils ne reculent décidément devant rien et décident de faire « 5 chansons en une seule». Je me propose ensuite pour rajouter un petit solo de guitare dessus, réponse ironique des mecs : «Ça serait énorme mec. Non tu déconnes ou quoi, c'est mort. ». Il est 3h du matin et les Big Idea tiennent à mettre les choses au clair : «On fait pas de la musique pour plaire. », avant de me passer en revue toutes les chansons qu'ils ont enregistré, où l'on constate en effet qu'ils ne font strictement aucun effort pour être compris par le public : «Ça c'est « Sofa » (devenu « At Lose », NDR) notre tube de l'été, une parodie de tube.. Ça c'est « La Vie est Belle » (devenu « The Rivers King », NDR), c'est plus genre Aquaserge. Ça c'est « Majeur Mineur » (devenu « No Weather », NDR), c'est plus punk . Ça c'est « Ballerine » (devenu « The Peace », NDR), c'est plus Beatles.

On est déjà le lendemain, dernier jour avant la fin des 21 jours, et du coup le groupe se lève beaucoup plus tôt que d'habitude, à 13h. C'est pas le tout de se lever, les mecs glandent une bonne partie de l'après-midi, avant de reprendre enfin l'enregistrement, à 17h, un peu à cause de moi, il faut le dire: « allez on se motive ! Il ne reste plus que quelques heures ! ». On s'enjaille à nouveau dans le studio, avec une nouvelle chanson de  terminée : «il manque juste un nom !». En attendant, il serait peut-être temps de répéter « Daytona !» avant de partir en tournée pour le jouer : «On part en tournée et on a fait zéro répet.. ». Ils mettent toujours une plombe avant de se lancer : « On fait quoi comme set ? On peut virer des membres ? ». Mais une fois qu'ils sont lancés, ça tourne plutôt très bien, entre garage californien et inspirations new-yorkaises à la Parquet Courts : « Alors t'as kiffé ? On a rarement été aussi bons. C'est mieux qu'à la Release-Party ! ». Ils terminent cette superbe partie de rock'n'roll par un gros larsen qui nique la gueule à tout le monde : « Ça c'est Big Idea. ». Le premier départ en tournée' approche désormais dangereusement : vont ils réussir à terminer à temps ? Alors que la plupart des Big Idea révisent un partiel de droit à la dernière minute, Victor va passer la nuit entière à faire le plus de prises possible, histoire de (presque) boucler ce putain de disque en 21 jours, comme ils me l'ont promis. Il est 13h quand Victor se couche enfin, alors que le groupe part en tournée 2h après, et on va dire que le pari est réussi : « On a fait 95% de l'album, il ne reste plus que quelques broutilles ». Avant mon départ, Arnaud le batteur me fait une confession intime sur le fait d'être entassé en permanence les uns sur les autres : « On devient fous à force ». Ce même Arnaud qui m'annonce, quelques jours plus tard et via Messenger, que le disque est bel et bien terminé, pile-poil avant le vrai gros départ en tournée : « On a fini ahahaha ! ». Terminer l'enregistrement c'est une chose, trouver un nouveau concept génial en est une autre, que Louis me dévoile fièrement neuf mois plus tard : « l'album s'appelle Margarina Hotel et le truc c'est que les noms de chansons forment un code secret mis bout à bout, si tu traduis littéralement chaque nom en français. Ce code est le message que l'agence ESS 95 (1er EP, NDR) envoie au Roi Andrew Ground (2e album, NDR) pour lui dire de sauver le monde. »

Big Idea ToursSans transition, cap sur Tours où le groupe continue tambour battant la tournée de « Daytona ! », après avoir enflammé Lannion, Poitiers, Perpignan, Toulouse et La Rochelle. Les mecs ont dégoté un petit bar paumé dans le centre-ville en guise de salle de concert. Problème : il n'y a absolument personne dans la petite salle du bar : « vous êtes chauds ?! », lancent-ils en déconnant à personne. Comme le bar est terriblement vide, ils en profitent pour faire n'importe quoi, et jouent un vieux remix électronique tout pourri pour démarrer leur set comme il se doit : «Bonsoir Tours ! ». Je rameute tant bien que mal 2 anglais, qui commencent à taper du pied en rythme en rentrant dans le bar. Nous sommes en plein centre-ville de Tours et les mecs foutent un bordel pas possible dans tout le quartier ! « Sir Gidéon », « Kukrapok », «Agent Doug », ils enchaînent à toute vitesse les chansons de « Daytona ! ».

Y'a personne pour les écouter mais tout le monde les entend. La moitié du set passe et la salle est toujours vide. Un métalleux fan' de Cannibal Holocaust va venir égayer à sa sauce cette fin de journée un peu triste: le mec est pas du tout gêné et décide tout simplement de s'incruster dans le groupe. Première réaction à la cool des Big Idea : «Je vous présente Guillaume qui vient de Tours. ». Bien décidé à foutre sa merde, le type continue, et cette fois Victor ne peut s'empêcher de l'envoyer promener: « Putin arrête de nous casser les couilles. ». La totale : y'a personne et le seul spectateur du groupe est un un cas social comme on en fait plus. Malgré un sale goût d'échec dans la bouche, les mecs restent droit dans leurs bottes et terminent le concert par « La vie est belle », avant de se venger sur un apéritif exquis saucisson-bière.

00h00. On part de Tours au quart de tour dans une ambiance de fête générale, malgré la défaite, car c'est l'anniversaire de Pierre le batteur-synthétiste du groupe. Ça démarre très fort avec Roland Cristal dans le Sound-System, un espèce de gros délire de musique électronique totalement pétée avec des mélodies ultra niaises. Ambiance disco dans le van' avec des néons rouges qui clignotent, les mecs ont tout prévu pour fêter ce bon vieux Pierre, qui atteint ce soir avec fierté ses 21 ans. On est 8 entassés dans le van' et je décide de leur payer l'autoroute, pour ces 222kms de bonheur qui resteront à jamais gravés dans les mémoires. Comme la date de la veille à Orléans, bien plus réussie que celle de Tours : «T'avais 20 personnes mais hyper attentives, ils ont tous acheté du merchandising et on s'est bourré la gueule derrière chez Luc, un sosie de Iggy Pop qui nous a payé des supers bonnes bières et même hébergé » 


13h. On se lève très tôt : «C'est le rythme de la tournée. » . De retour à la maison à Paris, les Big Idea ne sont pas pour autant de retour chez eux : « On est un groupe de provinciaux, venus à Paris pour se faire des amis. ». Petit problème, y'a pas d'eau dans la baraque ce matin, ils ont vraiment ruiné cette pauvre demeure de campagne. Second problème, ils ne connaissent même pas le nom du groupe avec qui ils jouent ce soir à l'Espace B à Paris. Troisième problème, personne n'est d'attaque pour faire le Community Manager et mettre le Facebook du groupe à jour, pourtant il le faut. Et enfin, dernier problème, le groupe est en retard, on ne change pas une équipe qui gagne. Comme souvent, c'est à cause de Victor Mouton: « putain mais bouges-toi le cul mec, il faut y aller ! ». Comme prévu, on arrive à l'Espace B en pleine forme, et ce malgré la circulation parisienne toujours bien pourrie : «Les feux rouges c'est pire que la bombe atomique. ».

Ils commencent leur concert pied au plancher avec le Medley 1, puis le Medley 2, avant de saluer le public, un peu en retard: « ah oui au fait Bonjour». Toujours aussi sérieux, ils jouent devant une salle toujours à moitié vide. Pourtant ils jouent bien, très bien même, ils ont le rock dans le sang et le montrent à chaque fois par de très bonnes prestations live. Le problème c'est qu'ils ne sont définitivement pas sérieux, et décident cette fois-ci de sortir un gâteau d'anniversaire en plein milieu du concert, pour Pierre, avec un commentaire toujours plein d'ironie : « On est pas des rigolos ahahah ». Reprise de l'activité musicale avec « New-York City » ou plus précisément «n°CXXXIV», un morceau assez génial mais qui ne porte donc pas de nom. Ils concluent en beauté par un titre de 14 minutes qui part totalement en vrille en mode Pink Floyd.

00h00. On repart en van, Daho dans les enceintes. On arrive à la fin du reportage alors, forcément, ça part en couille : « On aimerait que tu sois mort». Retour en Crématie, avec un programme très violent : concours de checks et défonçage de porte. La maison ne va pas tarder à s'écrouler. Avant que ça tombe définitivement en morceaux on en profite à fond, tels de vrais punk-rockeurs, avec un after clubbing des familles dans le studio reconverti en discothèque, jusqu'au petit matin. Pour le reste, je me rappelle de rien, à part qu'on a tous beaucoup trop bu. Les souvenirs se sont définitivement envolés dans les effluves de l'alcool. Le mot de la fin est pour Matéo, 2e chanteur du groupe : « The Big Idea c'est vraiment pas terrible comme nom ».

Leur nouvel album en exclusivité mondiale

Photo de Une : Juliette Boulegnon.