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Jolie Boxe, d'Alice Schneider et Luc Dagognet, éd. Payot, 19,90 €
Mais qui a permis à Alice et Luc de venir fouiner dans nos cœurs, dans nos souvenirs, dans nos peurs et nos fantasmes, dans... Ah ? Attendez... On me dit qu'il n'y a rien de personnel, que nous avons tous le même cœur et les mêmes peurs, en réalité. OK, alors ça va. Parce que ces deux-là vont si loin dans l'intime, disent tout cela si joliment, que vraiment, on a cru un instant... Si seuls les grands, les très grands, savent faire des œuvres universelles, c'est que notre part commune se trouve bien enfouie. Elle se niche dans les détails. Aux racines de nos tripes. Il faut raboter la psyché jusqu'à la moëlle pour parler de nous tous. C'est ce que font Alice et Luc. Un rabotage en poésie. Des mots qui volent avec légèreté avant de se poser en douceur et de peser de tout leur poids sur la vérité. Que l'amour, la peine, l'espoir sont bien dits ici. Que les méandres inextricables sont bien représentés. Que la beauté est envoûtante quand elle rencontre la vérité. Bon, on s'arrête là, mais vous aurez compris, c'est notre coup de cœur. P_20190514_095815_vHDR_Auto_1 (1)

Et puis, on remercie les deux auteurs pour leurs dédicaces magnifiques. On gardera la déclaration de Luc pour nous, mais on vous offre le superbe dessin d'Alice. On ne sait jamais — pour un futur tatouage, par exemple ?9782344036075_cgMacronarchie, en marche forcée, de Renaud Dély et Thibaut Soulcié, éd. Glénat, 64 p., 11,50 €
Des livres sur Macron, il en sort quotidiennement. Ou presque. Mais là, on a d'abord été surpris par le nom en haut de la couverture : Renaud Dély. Réd'-chef de L'Obs, de Marianne, aujourd'hui sur France Info... le journaliste est plutôt du genre discret. Neutralité académique. Donc là, avec un titre aussi marqué, sur le pouvoir en place, il fallait jeter un œil. De son élection aux Gilets Jaunes, la BD reprend deux ans de mandat. On n'est pas ici dans un article de Médiapart ; pas d'immenses révélations, mais plutôt une relecture. Une relecture des décisions élyséennes revues à l'aune des offs. Toutes ces petites explications de l'actualité qui paraissent trop désuètes pour être affichées dans la presse, mais qui, pourtant, mises bout à bout, dessinent un projet politique. Facile à lire, Macronarchie a l'immense qualité de donner à ressentir. Pas de longs exposés, mais l'impression de mieux comprendre l'ambiance de la maison macroniste. En un sens, assez proche du travail de l'excellent Adam McKay dans Vice sur Dick Cheney. On s'arrange du réalisme pour mieux faire sentir. Ce qui, franchement, est un peu le sens de l'art. Quenotte_et_le_Monde_Fantastique_1_castermanQuenotte et le monde fantastique, de Ryo Hirano, éd. Casterman, 282 p., 23,95 €
Attention, énorme ovni en vue. Et encore, un ovni, on est gentil. Ou alors, un ovni conduit par le docteur Albert Hofmann, imaginé par les studios Ghibli, aspirant à rejoindre l'univers d'Akira... pour donner une idée. Y'a ce gamin à la tête énorme, pote avec une dent (oui, oui, une dent), qui vit au centre de la Terre et veut rejoindre la surface parce qu'il fantasme sur une page centrale de Playboy. Bon, en chemin, il va s’acoquiner avec des plantes vivantes, des personnages virtuels réincarnés en formes géométriques demandant les conseils d'un vieux sage à forme de fœtus géant. Quenotte ne ressemble à rien de ce que vous avez lu. Et, sauf si vous êtes suivi de très près par un hôpital psychiatrique, à rien de ce que vous avez jamais pu imaginer. On repose le bouquin en se demandant comment une histoire sans queue ni tête peut nous transporter aussi facilement. À quoi cette folie sur papier s'accroche-t-elle en nous pour nous tirer aussi loin ? Réponse : aucune idée. Mais ce n'est que le tome 1, et ça, c'est une sacrée bonne nouvelle. bastienVivesT7Le football, de Bastien Vivès, éd. Delcourt, 192 p., 9,95 €
Aaaaaah, le chouchou du tout Paris. Et, on l'avoue, le nôtre aussi. Bastien Vivès revient avec un nouveau tome de ses portraits. Après les jeux vidéo, la famille et d'autres, voici le football. Dans l'interview accordée l'an dernier à Brain, Bastien Vivès avouait son amour du foot. L'un «des deux ou trois auteurs de BD à aimer le foot». Mais comme il le disait : «En BD, c'est carrément impossible de dessiner du foot. Comment tu fais pour dessiner une passe ?». Donc, ne vous attendez pas à trouver de grands dessins de terrains et d'actions compliquées. Non. Plutôt une petite caricature de cet univers. Et comme toujours avec Vivès — et sincèrement, il est l'un des seuls — on rit franchement, ouvertement, en lisant ces pages. On ne va pas en dire plus parce que l'auteur est suffisamment célèbre et son talent reconnu. Mais Le football mérite de retrouver ces autres œuvres dans votre bibliothèque.