C'est acté : nous vivons dans un monde où l'Eurodance, le style où les refrains sont plus longs que les couplets et où les onomatopées font la loi, est un art engagé. En effet, les Vengaboys (mais si, ceux qui voulaient faire boom boom boom boom dans leur room) sont en train de devenir un symbole européen de lutte contre l'extrême-droite, grâce à leur titre des nineties We're going to Ibiza. Un peu comme si Ilona Mitrecey damait le pion à Macron et Mélenchon. On revient sur ce mouvement social qui part du bassin.

Tout est parti d'un scandale politique en Autriche : à Ibiza, le vice-chancelier Heinz-Christian Strache aurait accordé des contrats publics à un homme d'affaires russe en échange d'un financement de campagne. Une vidéo qui montre l'échange a fuité et a secoué l'opinion. Le Ibizagate est né et Jan Böhmermann, animateur télé allemand, lui a trouvé son hymne : la ritournelle hédoniste des Vengaboys. Depuis, ils sont numéro 1 là-bas dans les charts iTunes et Spotify, tandis qu'ils font une grosse percée sur Youtube. 

Mieux, dans les rues, We're going to Ibiza remplace les slogans et l'Internationale et le détournement est devenu viral. Les Vengaboys sont devenus des symboles de la lutte contre les xénophobes du Parti  de la liberté. Alors pour fêter leur come-back inespéré, ils ont enfilé leurs tenues les plus embarrassantes pour enflammer Vienne du toit de leur bus, façon PNL. Quelle époque formidable.