Le célèbre visage jaune pétard a des origines modestes : rien ne le destinait à une telle success story. Il naît au début des années 60 dans le Massachussets, sous le trait de crayon de l’artiste indépendant Harvey Ball. En 1963, la compagnie d’assurances State Mutual Life l’embauche afin de fabriquer un dessin pour des badges. L’objectif ? Créer un design joyeux pour remonter le moral des employés. En 10 minutes, Ball trace un cercle jaune vif avec des yeux noirs et une large bouche et des fossettes sur la commissure des lèvres. Pour son travail, il reçoit une commission unique de 45 dollars. Très rapidement, la création de l'illustrateur devient si populaire que State Mutual Life les commande par lots de 10 000. smileypresse

Il faut attendre une dizaine d'années pour qu’un petit malin décide d’exploiter légalement la bouille souriante et de se faire de la thune en commercialisant le concept du bonheur. En 1972, le journaliste français Franklin Loufrani à l’idée de mettre mettre en valeur les bonnes nouvelles sur chaque page en les illustrant d'un sourire. L’opération, baptisée “Prenez le temps de sourire” est un gros carton. Dans la foulée, il dépose le logo et vend 2 millions de tee-shirts à l'effigie de ce grand sourire. Le dessin devient un symbole de la culture beatnik dans les 70’s, puis des freeparties dans les 80’s. En 1996, son fils, Nicolas Loufrani, reprend l'entreprise familiale, l'intègre dans une multinationale et créé des centaines de versions différentes du dessin pour le web. C’est le jackpot. Aujourd'hui, sa compagnie remporte plus de 500 millions de dollars par an et collabore avec des sociétés telles que Nutella,McDonald's ou Coca-Cola.

Alors, Loufrani père a-t-il volé le dessin de Ball ? Ou s'agit-il d'une co-invention spontanée ? Loufrani fils affirme que le dessin est trop basique pour être attribué à un seul créateur. Mais il n'en reste pas moins que l'icône de la Smiley Company est presque identique au dessin de l'illustrateur américain, avec les mêmes fossettes rieuses sur les coins de la bouche. Et Harvey Ball ? Qu’est-il devenu ? Le type est décédé en 2001, à l'âge de 79 ans, en n'ayant jamais tiré profit de sa création au-delà de son versement initial de 45 dollars. Mais selon son fils, interrogé dans Telegram & Gazette, il n’a jamais eu de regret : “Il n’était pas axé sur l’argent. Il disait toujours : je ne peux manger qu'un steak à la fois”. Paix à son âme joviale.

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