Il était une fois, au pays des torses bombés qui se pavanent sur la plage, de Jair Bolsonaro et du record mondial de meurtres homophobes, un enfant qui allait découvrir que son corps est politique. "Je suis tapette, folle et noire, je viens de la favela…"  : voici l'histoire de Linn da Quebrada, performeuse brésilienne qui défie les machos avec humour au son du baile funk, en revendiquant haut et fort son identité de "bixa travesty" ("travesti pédé" en vf). Un retournement de stigmate, un juste retour à l'envoyeur. D'ailleurs, c'est le nom choisi par Claudia Priscilla et Kiko Goifman pour le titre de leur documentaire sur l'auto-proclamée "terroriste du genre", qui tire à balles réelles avec ses paroles engagées et ses prestations presque chamaniques. Dans Bixa Travesty, on suit la bête de scène des favelas aux soirées branchées berlinoises, en train de chambrer sa daronne ou défier la mort en dansant dans un hôpital, toujours accompagnée de sa géniale acolyte Jup do Barrio. Un film tendre et militant, drôle et nécessaire. Hâte de rencontrer Linn sur grand écran le 26 juin, même si on a un peu le trac.

++ Bixa Travesty de Claudia Priscilla et Kiko Goifman et avec Linn da Quebrada sera au cinéma le 26 juin. Plus d'infos ici.