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Despacito et Djadja auraient pu être de gros gros saucissons de l'été, malheureusement, à cause de Boris Vian, il en fut autrement. En effet, comme l'explique Peter Szendy dans son ouvrage Tubes : La philosophie dans le juke-box, dans la France d'après-guerre, les gens du métier parlaient de "saucisson" pour désigner une chanson populaire qui connaissait un succès commercial. C'est à cause du sosie d'Emmanuel Macron que tout changea au mileu des années 50. D'abord  responsable du catalogue jazz chez Philips à partir de 1955, Vian se rend indispensable et devient rapidement directeur artistique. Agacé par le mercantilisme qui pointait déjà le bout de son pif, il se mit alors à désigner les chansons conçues pour plaire par le terme "tube", pour railler la nature creuse de ces créations et de leurs paroles. Il reprend également le terme dans son essai de 1958 En avant la zizique… et par ici les gros sous, où il avait déjà tout compris au music business. Si on ne peut qu'être d'accord avec son analogie, les autocollants "inclus le saucisson..." sur les disques auraient quand même eu de la gueule.