Tout a commencé avec une captation live, votre toute première vidéo. Vous vous attendiez à ce qu'elle fasse autant de dégâts ?
David Tuit : Franchement, pas du tout. Ça a été une vraie surprise. 
James McGovern : On n'avait pas envie de commencer avec un clip mais d'envoyer un truc frontal, direct. C'est grâce à un pote qu'on a eu l'occasion de se filmer dans de bonnes conditions. On a hésité, on a débattu de ce qu'on voulait faire pendant cinq cents ans, mais on voulait faire cette expérience. Ce qui s'est passé après, c'est vraiment cool.

Avec Fontaines DC, vous êtes cités par le NME parmi les groupes qui font de l'Irlande le "nouveau foyer du punk". C'est un honneur ?
James McGovern : Ha, ils en disent des choses, le NME... C'est vrai que les groupes irlandais secouent pas mal la scène rock du Royaume-Uni en ce moment. Je ne pense pas que nous soyons punks, par contre.
David Tuit : Oui, on touche plutôt à l'idée du punk, on suit sa posture de radicalité esthétique.

Vous venez de Dublin et vous vous inspirez de Joy Division : vous savez que vous allez forcément être comparés à U2 dans votre carrière. Ça ne vous fait pas trop mal au fondement ?
James McGovern : On s'en fout, les gens aiment catégoriser, ça les rassure. En revanche, une fois qu'on aura sorti cet album, ça m'étonnerait qu'on nous compare à eux...
David Tuit : On a vu ce que ça donnait de vivre dans leur ombre avec Killing Bono, non merci. 

Vous êtes conscients que la prochaine étape de votre marche victorieuse vers le trône du rock, c'est d'être insultés ou défiés en duel par Liam Gallagher ?
James McGovern : On l'attend sur le ring, ouais.
David Tuit : Il a déjà son combat contre Pete Doherty, avant.
James McGovern : Doux Jésus, ne fais pas ça Pete, tu vas perdre les dents qu'il te reste. 

Pour faire du rock, vous croyez qu'il va falloir se mettre au MMA et rosser ses concurrents dans l'octogone ?
James McGovern : Ce sont juste des gens qui cherchent l'attention des médias. 
David Tuit : C'est ça, on est plus proche du catch en fait.

Vous avez peur de devenir des vieux rockeurs gênants, ce qui est souvent un pléonasme ? 
James McGovern :
Au contraire, ce sera un grand plaisir pour nous.

En parlant de vieux rockeurs, comment avez-vous rencontré Flood, qui a produit New Order, Foals ou PJ Harvey ?
James McGovern : Il était tellement excité par le projet, il a tellement insisté qu'on a cédé. Et on regrette. Pour être honnête, il va bientôt clamser, il est vieux ! (Rires)

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Une étude a montré que 73 % des musiciens indés ont des toubles mentaux : dépression, stress, peur de l'échec, solitude. C'est réjouissant, non ?
David Tuit :
Ça ne m'étonne pas. On parle de ces sujets dans notre musique parce qu'on a été affecté. On a perdu des amis. C'est lié au financier aussi. Par exemple, à Dublin, c'est dur de pouvoir louer un appart'. Ça nourrit les peurs et la colère.
James McGovern : On a 21 et 24 ans, on s'approche du funeste club des 27. C'est dark. En plus, les artistes réévaluent sans cesse la vie, c'est compliqué...

Et vous pensez que vos paroles et votre musique peuvent être un bon exutoire pour les autres ?
David Tuit : On n'a pas de réponse à ça, on cherche surtout à être vrais, à ne pas trahir nos sentiments. 
James McGovern : Je pense que n'importe quelle musique peut aider. La vie ne peut être belle sans musique. Ça aide à voir les choses différemment, à se sentir plus en sécurité.

Le titre de votre album, When I Have Fears, est un hommage au poème de John Keats où il écrit qu'il a peur de mourir avant d'avoir terminé son oeuvre. C'est la même chose pour vous ?
James McGovern :
Totalement. Une vie, ce n'est pas assez pour créer, c'est assez universel comme sensation, je pense.

Et qu'est ce que vous voulez accomplir avant de rejoindre Freddie Mercury et Grégory Lemarchal au Paradis ?
James McGovern : Plus de musique, faire des films, écrire un livre (mais je ne sais toujours pas sur quoi). 
David Tuit :  Et travailler avec plus d'artistes aussi.

Comme qui ?
David Tuit : Van Gogh et Manet ! 

++ Les Murder Capital vont exploser à Rock en Seine aujourd'hui à 17h50. Plus d'infos iciL'album When I Have Fears est sorti et disponible sur Spotify et Deezer.

Crédit photo à la fraîche : Célia Seramour.