Ça se binge : Mindhunter
Un homme à terre. Voilà ce que l'on voyait dans l'ultime scène de la première saison de Mindhunter. Cet homme, c'était l'agent Ford, visiblement submergé par ses démons après une énième rencontre avec Ed Kemper, le serial killer. Il ne faut donc pas attendre bien longtemps pour que cette deuxième saison donne des nouvelles de l'agent du FBI, désormais traumatisé, victime de crises de panique et installé en salle de repos dans un hôpital de la côte Ouest.
mindhunter-season-2-release-date-700x321C'est là toute l'intelligence de la série de David Fincher (qui réalise les trois premiers épisodes), d'Andrew Dominik (L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford) et de Carl Franklin (House of Cards, The Leftovers) : saisir l'influence néfaste des tueurs en série, tenter de comprendre leur manière de penser. Souvent, les médias parlent de Mindhunter comme d'un thriller psychologique, et c'est on ne peut plus vrai : car ce n'est pas l'arrestation ou non, la condamnation ou pas des serial killers qui intéresse ici, mais bien la façon dont les enquêteurs (et les spectateurs par la même occasion) gèrent leurs émotions et leurs propres envies aux côtés ou à la vue de ces psychopathes. Alors, forcément, on assiste à de longues séances d'écoutes, à des récits presque horrifiques et à des dialogues d'une intensité rare. «Toutes les grandes choses naissent entre méthode et folie
», balance même à un moment donné Wendy Carr, la psychologue. Un résumé parfait, en quelque sorte, de ce que propose Mindhunter : une plongée scrupuleuse (un plan isolé, un gros plan sur l'inflexion d'un visage, sur un geste, etc.) dans la psyché torturée d'hommes obsédés. Par le meurtre, pour certains, par la vérité, pour d'autres.

Le trailer qui fait le buzz : The Morning Show
Paraît-il qu'il faut savoir apprécier les choses simples. Foutaises : dans le monde impitoyable des séries, il n'y a finalement rien de plus excitant, sur le papier du moins, qu'un projet réunissant acteurs et actrices de haut standing. Ainsi en va-t-il de The Morning Show, la série événement d'Apple TV+ avec Steve Carell, Reese Witherspoon (avec laquelle on est réconcilié depuis Big Little Lies) et Jennifer Anniston, de moins en moins reconnaissable physiquement. L'histoire : une chaîne américaine est mise à mal par un scandale (l’ère MeToo, toussa toussa) qui pourrait nuire à sa réputation, voire menacer sa survie.


L’interview du mois : 
Dans un entretien au Figaro (comme quoi, on lit de tout !), Eric Judor en dit un peu plus sur la troisième saison de Platane, actuellement en montage : «Je peaufine le style que j’ai imposé dans la saison 1. Il y a le malaise, inspiré par l’humour anglais, mais aussi des vannes, un canevas complexe avec des intrigues qui se croisent… Catastrophe, la série anglaise, est une grosse source d’inspiration dans le rythme, le débit, et Killing Eve, dans la façon de filmer. J’enrichis mes expériences des séries que je vois. Je me suis vraiment éclaté en tournant, j’ai des centaines d’heures de bêtisier !». Au passage, il en profite également pour dire qu'il s'apprête à produire, toujours pour Canal+, une série humoristique censée raconter l'arrivée des premiers colons sur Mars (Distant Reality).

La série qu’on aimerait spoiler : 
En même temps, c'est un peu bête, dans le sens où l'on en connaît déjà l'histoire, mais qu’importe : on a surtout très envie de voir ce qu'Alex Kurtzman et Jenny Lumet (le duo derrière Star Trek : Discovery) vont faire de cette adaptation en série de L'homme qui venait d'ailleurs, film de 1976 avec David Bowie dans un de ses rôles iconiques. 

La question que tout le monde se pose :
Est-ce bien Natalie Portman au casting du film Lucy In The Sky, ou simplement une mauvaise imitation de Mike dans Stranger Things ?lucy-in-the-sky-natalie-portman-noah-hawley-space-movie-teaser-trailer

La punchline du mois : 
À en croire cet article de Libération, on est nombreux à s’être maté les épisodes du Prince de Bel-Air sur Netflix cet été. Perso, on en a retenu ces trois punchlines, à entendre comme autant de leçons de drague prônées par Will Smith, l’expert en séduction : 

  • «Yo, quoi de neuf, bébé ? Dépêche-toi et note ton numéro avant que je ne le veuille plus.»
  • «Eh meuf, si Dieu a fait quelque chose de plus joli que toi, j'espère qu'il l'a gardé pour lui-même.»
  • «Yo bébé, je sais que tes pieds doivent être fatigués parce que tu as traversé mon esprit toute la journée.»

L’instant drama :
Cette scène, très belle, dans le premier épisode de la saison 5 de Peaky Blinders, précédée d’un discours de Thomas Shelby que l’on jurerait parfaitement adapté à son mode de vie : «Tu ne supportais pas paix et silence, tu as renoncé à la vie...».
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OSEF : le retour de Beverly Hills 90210
Après tout, ce n'est pas parce que l'on a parfois l'impression d'aimer davantage les années 1990 qu'une époque où des bourgeoises du cinéma se la jouent proches du peuple dans des films d’auteur (coucou Léa Seydoux) que les chaînes ont le droit de nous imposer tout un tas de sequels, reboots, remakes et autres anglicismes. Ainsi, le retour de Beverly Hills a beau séduire à chaque épisode entre trois et quatre millions de spectateurs et spectatrices (possiblement nostalgiques d'un temps où Luke Perry était encore de ce monde), nous, on s'ennuie furieusement devant cette nouvelle salve d'épisodes tournés en mode mockumentary. Pour tout dire, on se serait même volontiers privé d’assister à la réunion d'adultes qui refusent de vieillir dans des conventions à Las Vegas, ville toute aussi factice que le visage des protagonistes.

Le livre pour lâcher un peu l’écran : 
Dans Generation Friends: An Inside Look at the Show That Defined a Television Era de Saul Austerlitz (bon, c'est en anglais, moult excuses aux LV2 whichí lhamtés güisnay), on découvre notamment la façon dont Marta Kauffman et David Crane ont façonné Friends aux côtés de leurs scénaristes, la naissance de certaines blagues devenues cultes, le refus des acteurs de jouer certaines scènes (Chandler fréquentant un bar gay par amour du plat au thon concocté par le chef, par exemple)... Surtout, on apprend que NBC souhaitait originellement un septième complice, plus âgé celui-ci, afin d'attirer un public plus mature. Sceptiques, Marta Kauffman et David Crane donnent toutefois vie à Pat The Cop, un flic censé donner des conseils à la bande d'amis. Un casting a même eu lieu, avant que les scénaristes ne fassent marche arrière, supplient NBC d'abandonner cette idée et décident de développer d'autres personnages (les parents, des guests, etc.). Pour le mieux, sans doute.

L’interview du mois 2.0 : 
Entre deux élucubrations sur le sort réservé à Marissa («On aurait pu la mettre en cure de désintoxication») et sur la façon dont il a géré le succès de Newport Beach («C'était avant les réseaux sociaux, donc je n'étais pas trop en contact avec le monde extérieur»), Adam Brody profite d'une interview à GQ pour évoquer le cas Seth Cohen. Alors, premier hipster de la télévision ou non ? «C'est tellement drôle d'être considéré comme tel alors que je ne me vois pas comme quelqu'un de cool. Je ne dis pas que je suis ringard, mais je ne me sens pas branché non plus. Pour moi, comme pour Seth Cohen, être une sorte d'icône révolutionnaire du style est quelque chose qui me dépasse. Je ne sais même pas comment définir un hipster. Donc non, je ne pense pas que Seth Cohen était le premier hipster, mais c'est le premier hipster d'un soap pour adolescents.»

La photo qui rend nostalgique : 
Parce que, contrairement à ce que l’on pourrait croire en lisant notre pastille sur Mindhunter, les agents Ford et Tench ne sont pas les premiers à lutter contre le crime.
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