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Depuis que le Joker de Todd Phillips a été projeté à la Mostra de Venise, le film a reçu beaucoup de critiques élogieuses, mais il y a aussi suscité la controverse. Pourquoi ? Certains commentateurs culturels craignent que le personnage du Joker tel qu’il est présenté dans ce film devienne un role model pour les incels, cette communauté de misogynes 2.0 qui s’estiment victimes de la cruauté des femmes car celles-ci ne veulent pas avoir de relations sentimentales et sexuelles avec eux. Vous n’êtes sans doute pas sans ignorer que certains membres radicalisés des incels se sont déjà rendus coupables d'attentats en forme de féminicides revendiqués, comme Alek Minassian, un jeune homme de 25 ans qui avait foncé sur une dizaine de piétons, dont 8 femmes, au volant d'une camionnette à Toronto. Mais quel lien pourrait-il bien y avoir entre des terroristes masculinistes et un film inspiré par un personnage de DC Comics ?

Dans le film, Joaquin Phoenix est présenté comme un type solitaire, frustré et en manque de reconnaissance qui finit par commettre des actes violents, mu par un sentiment de revanche - en gros, une sorte de prototype de l'incel qui tourne mal. Certains se sont donc demandés si l’oeuvre était une satire de ce genre d’hommes, ou si elle contribuait à les humaniser. Alors, le clown déviant pourrait-il vraiment devenir le saint patron des incels ? C’est du moins ce que craint l’armée américaine.

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Le site Gizmodo s’est procuré un mail interne de l’armée américaine, dans lequel l’état major intime à ses troupes de surveiller des cinémas car ils craignent qu’un incel perpétue une tuerie de masse lors d’une des premières projections du film. Dans le cas d'une fusillade, il leur est demandé de "courir, se cacher, et se battre". L’armée aurait en effet reçu un mémo du FBI les alertant à ce propos, ainsi des informations “crédibles” de la part des autorités du Texas a propos de discussions internet sur le dark ouèb, concernant le “ciblage d’une salle de cinéma inconnue”. Il ne s’agirait cependant que d’un message préventif : aucune menace n’aurait clairement été identifiée.

En 2012, une fusillade meurtrière avait déjà éclaté lors de la première de The Dark Knight Rises de Christopher Nolan. Une rumeur persistante veut que le tireur, un certain James Holmes, aurait été inspiré par le célèbre supervilain. Ce bruit de couloir repose sur une déclaration que le meurtrier aurait faite à la police après le massacre, lors de laquelle il aurait affirmé qu'il “était le Joker” - même s’il n’existe en réalité absolument aucune preuve qu'il n’ait jamais dit ça.