Selon le site Knowyourmeme, l’une des premières discussions sur le sujet remonte à la publication du livre The First Really Important Survey of American Habits (1989), dans lequel Barry Sinrod et Mel Poretz affirment que 68% des Américains préfèrent avoir le papier qui prend par dessus le rouleau. Pourquoi se poser la question ? Dans son article Bathroom Politics: Introducing Students to Sociological Thinking from the Bottom Up, le sociologue Edgar Alan Burns explique qu’il aime poser la question à ses étudiants afin de leur faire réaliser que des petits détails et croyances qu'ils pensent acquis ne sont en réalité pas partagés par tout le monde. En effet, ce qui ne manque pas d'étonner les personnes qui se penchent sur la question, c’est “de constater à quel point les gens ont des opinions bien arrêtées sur un sujet aussi trivial” (source : Wikipédia).

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Schéma du blogueur Chris Rugen, qui essaie de prouver quelle est la bonne orientation (février 2005)

Le débat s’est ensuite déporté sur des blogs et des chats au cours des années 90 et 2000. Surfant sur l'intérêt des gens pour la question, la société américaine Cottonelle a utilisé le débat dans le cadre d'une campagne publicitaire en 2010. Sur leur site, ils ont lancé un sondage pour déterminer les préférences des Américains en matière de suspension du PQ. Les résultats de cette enquête révèlent à quel point la question est cruciale et clivante pour les gens. En effet, lon y apprend que la moitié des personnes interrogées font attention à la façon dont le PQ est placé, et qu’une sur cinq se sent contrariée s’il n'est pas dans "le bon sens". Parmi les raisons invoquées, les sondés convoquent des justifications variées telles que l’esthétique et la facilité de déroulage. Une personne interrogée sur cinq (probablement toujours celle qui est contrariée) avoue aussi avoir déjà changé la façon dont le rouleau était suspendu car celle-ci n’était pas conforme à ses préférences, que ce soit chez elle ou dans la maison des autres. Vous trouvez ça irrationnel ? Que celui qui n’a jamais trié ses aliments ou marché sur des pavés en faisant bien attention à ne pas toucher la ligne leur jette la première pierre.

Dis-moi comment tu orientes ton PQ, je te dirai qui tu es
Cottonelle a aussi décidé d'orienter le débat vers la psychologie : qu’est-ce que votre façon d'orienter le PQ dit de vous ? Selon la psychothérapeute Gilda Carle, les tenants de l'orientation par-dessus seraient des personnes organisées et bosseuses, alors que les partisans du dessous seraient plus décontractés et créatifs. Si vous vous en tamponnez le coquillard, vous êtes un dangereux sociopathe. Non, on déconne : ça voudrait dire que vous valorisez la flexibilité et que vous avez tendance à minimiser les conflits.

Après ce détour par les terres du Docteur Freud, répondons sans plus attendre à la question qui vous brûle les lèvres : qui a raison ? Qu’est-ce qui est plus pratique ? Comme toujours avec les grands problèmes philosophiques de ce monde (qui suis-je? où vais-je ? le philosophe rêve-t-il qu’il est un papillon, ou bien est-ce le papillon...), il est impossible d’y apporter une réponse tranchée. Cependant, la science peut apporter quelques lumières sur la question : les infographies ci-dessous, publiées en 2011 par Engineering Degree, vous montrent de façon visuelle et claire les avantages et les inconvénients de chaque méthode.  

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