Tout commence mi-octobre à Bellingham dans l’état de Washington, lorsqu’une habitante se rend dans une clinique vétérinaire accompagnée de son chat. Dans sa tête, tout est très clair : il faut euthanasier Cinder, le gros félin de 11 kilos. Elle n’a en effet pas le temps d’en prendre soin car elle doit se rendre au chevet d’un membre de sa famille gravement malade. "Impossible", lui répond la directrice, Brita Kiffney, qui lui propose alors de garder le matou au sein de l’établissement pour l’aider à retrouver la forme.

On ne va pas se mentir, les choses auraient pu en rester là et nous n’aurions jamais entendu parler de ce pauvre chat obèse. Mais ça, c’était sans compter Internet et son amour inconsidéré des lolchats. Le 19 octobre, la clinique poste sur son compte Facebook une vidéo de celui qu’on surnomme désormais Cinderblock, ce qui signifie parpaing en anglais (paye ton #fatshaming). On le voit galérer et refuser ostensiblement de participer à l’activité qui lui est imposée.

Et c’est un véritable déferlement sur les réseaux sociaux. Tout le monde tombe amoureux de cette grosse boule de poils qui lutte à sa manière contre cette injonction à pratiquer un exercice physique. Comme toujours dans ce genre de cas, de nombreux détournements sont réalisés, pour le meilleur et forcément pour le pire. Même des journaux réputés sérieux comme le Washington Post, ou Time Magazine s’emparent du phénomène viral.

Les artistes du web sont bien sûr de la partie avec des représentations plutôt fidèles de la nouvelle star :

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Certains internautes, qui ont réussi à perdre du poids de façon spectaculaire, tentent aussi de lui apporter leur soutien :

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Bref, Cinderblock est devenu, sans aucune contestation possible, un mème internet. Mais l’histoire va plus loin car la clinique a ensuite décidé de surfer sur son succès pour promouvoir une noble cause.

Cinderblock, ce Michel Cymes félin qui s'ignore
Petit à petit, l’état de santé du british shorthair s’améliore, mais il revient de très loin. À son arrivée dans l’établissement de santé, il avait du mal à se déplacer, même pour parcourir quelques mètres. Cinderblock est pourtant loin d’être le seul dans ce cas : selon Brita Kiffney, citée par CNN, 60 % des chats domestiques seraient en surpoids. La directrice veut donc profiter du coup de projecteur sur leur nouveau pensionnaire vedette pour alerter le public. En plus des problèmes de mobilité qui sont les plus apparents, les chats obèses peuvent aussi contracter des maladies assez graves pouvant entraîner la mort comme le diabète ou la pancréatite. Leurs maîtres n’ont pas toujours conscience du problème ; certains ont au contraire tendance à vouloir agir trop vite en coupant du jour au lendemain leur alimentation, ce qui peut là aussi s’avérer dangereux.

Avec ses miaulements plaintifs et son comportement indolent, Cinderblock est donc devenu malgré lui une sorte d’influenceur santé qui nous amène tous à nous questionner sur le bon comportement à adopter avec nos compagnons à quatre pattes. À l'instar des autres vedettes éphémères du web, il passe aussi par la case merchandising, et il est désormais possible d'acheter des T-shirts à son effigie. Pas de panique pour autant, les bénéfices seront reversés à des organismes locaux à but non lucratif.

Quoi qu'il en soit, l’animal n’aura pas le loisir de jouir de sa notoriété nouvellement acquise car pour le moment, il n’en a toujours pas fini avec son régime. Il restera encore quelque temps sur place avec un objectif bien précis : passer de ses 11 kilos actuels à 5,5 kilos. Comme toute star d’Internet qui se respecte, on pourra toutefois suivre sa transformation physique sur le compte Instagram de la clinique.