Ça se binge : Top Boy
Au mois d'août 2013, Channel 4 mettait un point final à l'une des séries britanniques les plus marquantes du paysage télévisuel du début des années 2010, bouleversant les représentations sociales de l'Angleterre en à peine deux saisons aussi narratives que réflexives. Sauf que six plus tard, Netflix réactive le projet de Ronan Bennett avec une troisième saison produite par Drake - ce qui pourrait faire peur, on est d'accord, si seulement Dushane (Ashley Walters) et Sully (Kane Robinson), les deux personnages principaux des deux premières saisons, n’étaient encore présents au casting.

Et c’est vrai qu’au cours de ces dix nouveaux épisodes (un choix ambitieux quand on sait que chaque saison se limitait jusqu'à présent à quatre épisodes), on retrouve tout ce qui faisait le succès de Top Boy, régulièrement présenté comme l'équivalent britannique de The Wire. Et notamment cette façon de critiquer la politique anglaise à travers le prisme du racisme, des inégalités sociales et du trafic de drogue. C'est une plongée à la fois crue et sensible, violente et poétique dans les banlieues les plus défavorisées de Londres, ces territoires où les barres d'immeubles s'empilent presque les unes sur les autres, comme pour mieux masquer la pauvreté, les désillusions et la roublardise de cette population en marge de tout : de la légalité, de la fast life londonienne, du circuit économique, de la sécurité – c’est à peine si l'on voit des voitures de flics dans les parages - ou du système scolaire. Ici, une innocente peut se retrouver au sol, le corps criblé de balles, pour avoir été présente au moment endroit au mauvais moment. 

Et c’est bien là toute l’intelligence de Top Boy : ne rien masquer de la violence d’un pays confronté désormais au Brexit, aux règlements de compte à coups de couteau et à la hausse des prix (de la nourriture, de l’essence et donc, fatalement, de la drogue), présenter de façon concrète - mais sans jamais tomber dans l'analyse fumeuse - l'emprise des institutions sur les individus, et laisser tout cela prendre forme au rythme d’une bande-son nerveuse, qui puise constamment dans le grime local. À noter que Little Simz, Dave et Kano tiennent également un rôle dans cette troisième saison, ce qui prouve bien que la série a parfaitement compris son époque.

Le trailer qui fait le buzz : Platane
Voilà trois ans qu'Éric Judor nous tease le pitch de la saison 3 de Platane. C’est bien beau, mais on finissait par se dire que l’acteur tentait de nous la mettre à l’envers, un peu comme son personnage d’Aymé avec les filles dans H. Sauf que, hourra, Canal + vient de dévoiler un court extrait censé annoncer l’arrivée de cette nouvelle salve d’épisodes pour 2020, sans toutefois préciser une date exacte. 

Le podcast pour soulager un peu les yeux
Non, on n’aura jamais fait le tour de The Office. C’est une certitude, et Jenna Fischer (Pam) et Angela Kinsey (Angela) le rappellent brillamment avec ce podcast où elles commentent chaque épisode de la série. On a parfaitement le droit de s'en réjouir, de sourire même, mais rappelez-vous cette réflexion de Dwight : «Quand quelqu'un me sourit, tout ce que je vois, c'est un chimpanzé priant pour sa vie».

OSEF : le spin-off du Prince de Bel-Air
On va être clair : ce n'est pas parce que la série, désormais disponible en intégralité sur Netflix, a fait notre été que l'on doit se réjouir d'une telle nouvelle. D'autant que Will Smith est aux manettes, et que ça semble surtout être un moyen de miser sur la nostalgie de son public pour relancer une carrière qui, depuis une bonne dizaine d'années, est presque aussi gênante qu’une comédie musicale avec Jason Statham.watchmenL’interview du mois
On n’en doutait pas, mais Damon Lindelof (Lost, The Leftovers) est visiblement de ceux qui pensent qu’une série peut raconter le possible avenir de notre société. Ou alors, c’est un gros prétentieux qui aime à penser que ses projets peuvent permettre aux humains de mieux appréhender leur existence. Au fond, c’est peut-être un peu des deux. Reste que, pour Allociné, il ne fait pas mystère de l’ambition de sa nouvelle série, Watchmen 

«Ce n’est pas une représentation du monde actuel mais une vision prémonitoire de ce que notre monde pourrait devenir si nous laissons les choses déraper. Nous sommes comme un cheval de Troie, qui tente de pénétrer votre réalité pour vous faire voir un futur effrayant afin de réveiller votre conscience pour ne pas basculer dans cet extrémisme. Je pense que Watchmen est un programme unique car il ne s’intéresse pas à déterminer qui sont les gentils et qui sont les méchants, mais il cherche à analyser la crise existentialiste que nous traversons, avec toute sa violence, afin de comprendre dans quelle situation nous risquons d'aboutir si nous ne prenons pas certaines mesures. C’est une série conçue pour réveiller les gens et leur faire prendre conscience du danger et de l’urgence du moment.»

Les guest-stars ultimes (enfin, avec 20 ans de retard) : Courteney Cox et David Beckham
Au moins, on ne pourra pas dire que Modern Family, après onze saisons, n'aura pas tout tenté pour maintenir le cap niveau audience. Les mecs sont tellement déprimés qu’ils sont prêts à aller chercher deux anciennes gloires des années 1990 le temps d'un épisode centré autour d'un concours de bowling. Bref, le jour où la fin du monde arrivera, on l’aura pas volé.

La série qu’on aimerait spoiler : Tokyo Vice
Enfin, on n'a pas vraiment besoin de spoils étant donné que la série est basée sur Tokyo Vice : un journaliste américain sur le terrain de la police japonaise, un livre paru en 2009 où Jake Adelstein racontait sa collaboration avec la police japonaise pour démanteler les réseaux de prostitution des yakuzas. Seulement voilà : c'est HBO qui est à la production et Michael Mann à la réalisation du pilote. Et ça, c'est bien plus excitant que ce projet de série un brin opportuniste autour de l'incendie de Notre-Dame de Paris par Pathé.

dean

La question que tout le monde se pose
Dean Norris (Hank dans Breaking Bad) et Michael Chiklis (Vic Mackey dans The Shield) sont-ils la même personne ? Sur Twitter, le premier nommé se charge de répondre :

La punchline du mois
«Je ne sais pas si tu as remarqué un truc : tous les gens qui écoutent Outkast ont l'air d'avoir leur propre voiture. Et tous ceux qui écoutent de la trap ont l'air d'habiter chez leur mère. Je ne suis pas sociologue, mais y'a un truc à creuser». lost

Larry, jeune Français un peu rêveur dans Lost In Traplanta, mini-série d'Arte où il part à la recherche d'Outkast dans l’idée de convaincre Big Boi et André 3000 de se reformer.

Carrie Coon, femme fatale
Jusqu’à l’arrivée de la seconde saison de The Sinner, Carrie Coon, c’était au moins deux rôles marquants dans des séries majeures : Nora Durst dans The Leftovers et Gloria Burgle dans la troisième saison de Fargo, deux rôles de femmes incapables de se résilier, d’abandonner ses rêves. Ça tombe bien, l’Américaine, née en janvier 1981, n’a jamais été du genre à faire des compromis, ou à accepter de jouer la jolie girl next door que tout adolescent rêve de culbuter dans les comédies US. Elle, c’est du théâtre qu’elle vient. À la fin des années 2000, elle fait même partie d’une troupe, l’American Players Theatre, avant d’être révélée grâce à la pièce Qui a peur de Virginia Woolf ?, qu’elle joue longtemps à Broadway. Sur le CV, ça pèse. Et pas seulement dans les couloirs de ceux qui aiment se trimballer une écharpe autour du cou tout en récitant Molière : très vite, elle tourne pour David Fincher (Gone Girl), Steven Spielberg (Pentagon Papers) ou dans de bons gros blockbusters où tout explose (Avengers : Infinity War). 

Mais c’est bien grâce à ces rôles dans Fargo et The Leftovers, pour laquelle elle est engagée par Damon Lindelof et Tom Perrotta sur la simple base d’une cassette, que Carrie Coon devient un visage connu – parce qu'on ne va pas prétendre qu'on se souvient de ses apparitions dans The Playboy Club ou New York Unité Spéciale. Enfin, ça, c’était vrai jusqu’à l’arrivée de la saison 2 de The Sinner cet été, où elle incarne Vera Walker, une gourou à la tête d’une communauté autosuffisante et quand même bien cheloue. Carrie Coon, elle-même, est assez flippante, voire carrément crue parfois. Ce qui vient confirmer que l’Américaine, comme elle le précisait dans une interview à Vulture, aime les personnages «un peu dérangés, en colère ou déprimés».

Le moment Halloween TV
Oui, Halloween est déjà passé, mais n’importe quel Américain pourrait vous dire que cette fête est avant tout un état d’esprit. Mieux, c’est un rendez-vous annuel que les showrunners ne souhaitent pas manquer. La preuve par cinq avec The OfficeFriends, Freaks and Geeks, South Park ou encore Buffy

La photo qui rend nostalgique
On choisira toujours les classiques de notre enfance, vous vous attendiez à quoi ?
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