cats2Sortie en salle peu avant Noël, l’adaptation ciné de la comédie musicale britannique a beaucoup fait parler d’elle en ce début d’année. Malgré un budget astronomique de 100 millions de dollars (sans compter le budget marketing) et un casting au poil, Cats peine à trouver son public. Les critiques et les moqueries pleuvent sur le long-métrage de Tom Hooper, auquel on reproche entre autres des effets numériques ratés, un anthropomorphisme dérangeant et un scénario aussi vide que votre compte en banque après les fêtes. Mais si la nouvelle version remaniée en post-production à la dernière minute ne suffira sans doute pas à sauver les meubles et le film d’un échec commercial cuisant, elle pourrait bien trouver une seconde vie auprès des stoners du monde entier.    

C’est ce que nous apprend le Washington Post, qui rapporte plusieurs témoignages de spectateurs ayant décidé de tirer le meilleur parti du film en se rendant dans les salles obscures complètement défoncés au THC, au LSD ou encore au poppers, ou des sites comme Birth.Movies.Death, qui relate une incroyable séance sous champis par l'intrépide directeur artistique du groupe Nine Inch Nails himself. Et les retours d’expériences sont aussi variés que perturbants. Tandis que certaines personnes semblent avoir modérément apprécié la séance, d’autres ont vécu un trip quasi-mystique qui pourrait bien les changer à jamais. 

Parmi les critiques les plus divertissantes, on trouve celle d’une étudiante qui confesse avoir eu le sentiment de “perdre la tête” après avoir ingéré des chocolats infusés au cannabis et phasé pendant de longues minutes sur les “membres” des félins dont elle ne parvenait pas à déterminer la forme. Pattes pourvues de doigts ? Mains dotées de coussinets ? La jeune femme a dû se faire violence pour ne pas quitter précipitamment son siège et a ensuite failli tourner de l’oeil quand le personnage incarné par Rebel Wilson s’est mis à dévorer des cafards qui ressemblaient à de minuscules humains. Un autre spectateur téméraire parle d’un moment “terrifiant” et “traumatisant”, et déclare avoir eu le sentiment que son âme s’échappait de son corps, tandis que certains lecteurs du journal parlent de violentes nausées (“j’ai vomi quatre fois”) ou de crises de larmes et d’angoisse devant les performances de Taylor Swift et Judi Dench. Enfin, une spectatrice avoue même avoir eu peur de “détester ses chats” en rentrant du cinéma. 

Pour ce qui est des avis positifs, il y a à boire et à manger. De Kate, originaire de Chicago, que le film a bouleversé au point de lui inspirer un sujet de thèse qui traiterait des brutalités policières dans notre société contemporaine, à Ryan, un New-Yorkais un peu en chien qui a fantasmé sur le félin joué par la danseuse de ballet Robbie Fairchild après avoir bâfré des space cakes, tous semblent néanmoins tomber d’accord sur une chose : la drogue leur a permis de saisir l’essence du long-métrage et de véritablement comprendre les intentions de son réalisateur.  

De notre côté, on serait tenté de se ranger à l'avis des plus optimistes qui comparent Cats au légendaire Rocky Horror Picture Showet prédisent que le film deviendra bientôt culte. Espérons donc que des générations de spectateurs iront le voir sur grand écran, simplement pour avoir le plaisir de miauler en choeur, d'entrer dans une transe collective et de jouer à chat perché, dans tous les sens du terme.

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