CEUX QUI NOUS CONSOLERAIENT PRESQUE DE LA MORT DE LOU REED : IT'S SUNDAY

Sur le papier, c'est : Lucas Lecacheur, qui a déjà poncé les scènes parisiennes avec les oiseaux mal élevés de Bad Pelicans ou en solo sous le nom de Lemon Swell, et Dawnie Perry, Californienne du côté obscur de la force. Une ambiance Velvet Underground option shoegaze, qui fait définitivement fondre nos coeurs quand le duo chante en français. Des Jesus et Mary déchaînés qui savent alterner calme et tempête sonique. On pense parfois à The Underground Youth, autre groupe "velvetien" avec qui ils partagent aussi la particularité d'avoir une batteuse qui joue debout. C'est peut-être un détail pour vous, mais pour nous, ça veut dire beaucoup : qu'ils sont libres tout simplement. Comme un dimanche, quoi. 
Sur scène, ça donne : des chansons référencées qui ne tombent pas dans le piège du tribute band, des compos lentes mais pas léthargiques. It's Sunday nous a câlinés, puis s'est emballé, nous a emballés, ils ont dissoné, les guitares se sont fracassées. Oups, on a joui.

CEUX QUI VONT SAUVER LA POP APRÈS LE BREXIT :  CARNIVAL YOUTH

Sur le papier, c'est : une bande de petits L qui se sont rencontrés au lycée et ont décidé de devenir les artisans d'un rock aux ambitions pop soigneusement fignolées. Des guitares claires, des refrains qui donnent envie de redevenir adolescent et de se refaire briser le coeur, des rythmiques élaborées, des synthés épiques mais pas racoleurs et un je-ne-sais-quoi qui nous sort des poncifs anglo-saxons. Rassurez-vous, Boris Johnson peut constuire un dôme autour de la Grande-Bretagne et déclarer la guerre à l'Europe, vous aurez toujours des stocks de bonne musique à saigner pendant les bombardements. 
Sur scène, ça donne : un frontman avec le charisme de Tom Holland, des mecs qui chantent tous parfaitement, à l'exception du bassiste au swag de l'enfer, qui mériterait de devenir un mème internet. Ça faisait tellement longtemps qu'on n'avait pas entendu un groupe aussi en place et affûté, que ça nous a nettoyé les oreilles de tous ces groupes flemmards qui se cachent derrière le lo-fi pour faire leur petite sieste OKLM. 

LA PLUS RECOMMANDÉE POUR NE PAS FOIRER VOTRE SAINT-VALENTIN : SALLY

Sur le papier, c'est : une Jorja Smith avec plus de gouaille, née à Djibouti, élevée dans le Maine-et-Loire, et qui possède la voix plus chaude du R'n'B game, tout simplement. Repérée par le label Paramour sur Instagram, maison connue pour héberger un autre lover taille patron, Lord Esperanza, elle a déjà eu le droit à un passage dans Planète Rap et dans les studios de Colors. À 19 ans. Et vous, qu'avez-vous fait de vos vies ?
Sur scène, ça donne : un live langoureux, moite et frondeur comme on en a rarement vu. On a eu des bouffées de chaleur sur des vibes humides, des transes sur des beats qui serpentent et le cerveau capté par les paroles sur les corps qui se frôlent et le désir qui monte. Avec toutes ces vibes, on va pas vous mentir, on n'a pas tout compris, mais franchement, on n'était pas là pour un commentaire de texte. Mention spéciale à son DJ-beatmaker-backeur à l'enthousiasme qui change des représentants de commerce blasés derrière leur laptops habituels.

 LA PLUS RECOMMANDÉE SI VOUS N'EN AVEZ RIEN À CARRER DE LA SAINT-VALENTIN : SARA ZINGER

Sur le papier, c'est : une boxeuse des platines, à la fois chanteuse et DJ, aperçue dans Engrenages, qui distribue les mandales électro-new wave.  Une future poids lourd de la scène indé', qui réussit l'exploit de ressuciter le genre électroclash et le rendre pertinent en 2020.
Sur scène, ça donne : un charisme encore supérieur à celui de Vladimir Poutine torse nu sur son cheval et une légendaire reprise de Pink Floyd pour hooligans russes. Seul bémol : notre douleur à la nuque à la fin du set alors qu'on n'a pas de mutuelle. 

CEUX QUI VONT FAIRE TREMBLER DES HANCHES EN PLASTIQUE CHEZ VALEURS ACTUELLES : MAUVAIS OEIL

Sur le papier, c'est : à mille lieues du premier album de Lunatic. Les Mauvais Oeil s'amusent à dire qu'ils font de la "bledwave". Comprenez de la musique orientale qui s'acoquine avec l'acid-house, la pop sixties et la chanson française. Alexis et Sarah reprennent le flambeau de Rachid Taha et le propulsent dans le futur.
Sur scène, ça donne : on vous passera les images d'Épinal foireuses sur les Mille et une nuits et Schéhérazade (bisous Les Inrocks), c'était un joyeux bordel virtuose. Ces deux-là ont une présence assez magique, sorte de Rita Mitsouko 2.0. On en ressort convaincu que la bledwave devrait grand-remplacer tous les folkeux à mèche au plus vite.