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Au risque de décevoir beaucoup de Potterheads, l’accès à l’éducation reste un privilège, même dans le monde des sorciers. En effet, apprendre à se défendre contre les forces du mal et à concocter des potions n’est pas donné au premier enchanteur venu dans l’univers d'Harry Potter, et selon l’aire géographique dans laquelle vous vous trouvez, vous aurez plus ou moins de chance de voir débarquer une chouette hulotte tenant une lettre d’admission dans votre chambre. C’est ce qu’ont remarqué plusieurs twittos en observant attentivement la carte des différentes écoles de magie et en signalant de grandes disparités selon les continents.
carte école
Non, ce n'est pas le coût 
des études à Poudlard qui a attiré l'attention de ces courageux lanceurs d'alerte puisque l'école n'impose aucun frais de scolarité et octroie même des bourses à ses élèves les plus précaires pour acheter leurs manuels et leurs baguettes - au passage : tu ne trompes plus personne Ron Weasley avec tes pulls élimés et ton look d'étudiant aux Beaux-Arts de Cergy, si tu n'as pas obtenu de bourse, c'est que tu es moins en galère que tu veux bien le laisser paraître - c'est la répartition très inégale des académies de magie qui leur a donné envie de pousser une beuglante.Ainsi, l’Europe compte à elle seule pas moins de 4 écoles : Poudlard (Royaume-Uni), Beauxbatons (France et Europe de l’Ouest), Durmstrang (La Scandinavie et l’Europe de l’Est) et Koldovstoretz (Russie). Tandis que l’Inde et la Chine, qui représentent tout de même à elles deux environ 36% de la population mondiale, doivent se contenter d’une seule école sobrement nommée “School #10”. Idem pour la majeure partie du continent africain : 1,216 milliards d'individus pour seulement deux écoles (dont une qui porte le nom de "School #9" , et l'autre le nom tronqué de la capitale du Burkina Faso, Ouagadougou). 

D'un point de vue logistique, ce n'est pas forcément absurde si l'on se fie aux déclarations de J. K. Rowling qui expliquait il y a quelques années dans une interview que le Royaume-Uni ne comptait que 6 000 sorciers environ. Soit 0,01% de la population de l'État insulaire (66 millions d'habitants). Et le pensionnat de Poudlard accueille 300 élèves. C'est à dire 5% desdits sorciers. Si l'on fait l'hypothèse que ces pourcentages s'appliquent aussi au reste du monde, et qu'on les rapporte aux population additionnées de la Chine (1,386 milliard) et de l'Inde (1,339 milliard) on obtient les résultats suivants : 0,01% de 2,725 milliards d'êtres humains = 272 500 sorciers. 5% de ce chiffre = 13 625 étudiants potentiels. Un campus de taille moyenne au Pays du Matin Calme, en somme (à titre de comparaison, l'université de Shanghai accueille chaque année près de 44 000 étudiants). Mais c'est sans compter sur les différences culturelles (et de langage) qui séparent un natif de New-Delhi d'un habitant de Pékin, ou de l'une des 24 ethnies chinoises. On peut supposer que les sorciers disposent d'un outil de traduction universel, mais la romancière aurait pu se donner la peine de peaufiner sa carte scolaire plutôt que de sortir de son choixpeau des écoles qui s'avèrent être des fourre-tout géographiques. 

Et puis tant qu'on y est, il va aussi falloir qu'on parle des traductions des noms de certaines écoles qui sont tellement transparentes en V.O. qu'elles aiguiseraient la curiosité de n'importe quel modlu. Voyez plutôt : "Koldovstvo" en russe signifie sorcellerie, "Castelobruxo" peut se traduire par "château du magicien" en portugais et "Mahoutokoro" vient du japonais "mahou no tokoro" , c'est à dire "lieu de magie". À croire que la muse de l'auteur s'appelle désormais Duolingo.  Allez, sans rancune J. K, on adore la saga. Mais quitte à continuer d'exploiter l'hippogriffe aux oeufs d'or, autant le faire avec panache, parce que les fans du monde entier méritent un peu mieux que ça.