trumpgirlIl semblerait que l’élection de Trump en 2016 ait eu des conséquences pour le moins inattendues sur la démographie nord-américaine. En effet, à en croire une nouvelle étude parue dans le journal BMJ Open et l’analyse de presque une décennie de données concernant la natalité dans l'Ontario, certains patelins de la province canadienne acquis au parti démocrate auraient enregistré une légère baisse des naissances de garçons quelques mois après le sacre du candidat. Cette diminution temporaire ne serait pas apparue, en revanche, dans les coins les plus conservateurs de la région. 

Ces résultats peuvent paraître surprenants (d'autant plus qu'il s'agissait de désigner le chef d'État d'un pays voisin) mais la corrélation entre le stress prénatal de la mère et le développement du foetus a déjà été observée et documentée. Ainsi, après les attentats du 11 Septembre en 2001, un déséquilibre similaire dans le ratio filles-garçons aux USA (habituellement favorable aux hommes) avait fait l'objet d'une étude et confirmé ce lien. Les femmes enceintes qui souffrent d'anxiété sont plus susceptibles de mettre au monde des bébés aux chromosomes XX car les embryons mâles auraient davantage de difficultés à se fixer sur les parois de l'utérus en période de crise, lorsque le taux de cortisol (l'hormone du stress) est plus élevé dans l'organisme.

Personne ne sait vraiment pour quelle raison ces embryons rechignent à établir leur garçonnière en présence de cette hormone, mais Catherine Monk, professeur de psychologie médicale à l'université de Columbia, suggère que ce phénomène pourrait s'expliquer à travers une approche évolutionniste. Elle avance l'hypothèse que l'espèce humaine n'ayant pas besoin d'autant de mâles que de femelles pour assurer sa survie (un mâle peut en théorie procréer avec beaucoup de femelles sur un court laps de temps, alors que la durée de gestation empêche ces dernières de faire de même), les filles seraient naturellement favorisées en période de grande tension.

Au-delà de la possible utopie féministe que cette étude laisse entrevoir, on retiendra surtout que pour une partie des Canadiens, l'élection de Trump a été l'équivalent en termes de traumatisme d'une catastrophe naturelle, d'une attaque terroriste ou d'une pénurie nationale de sirop d'érable.

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