gas-masked-kissing-under-the-mistletoe-england-1940On pourrait penser, à tort, que l'apparition du COVID-19 signerait l'arrêt de mort des applications de rencontre puisqu'à moins de maîtriser le sexe tantrique, se rouler des pelles en portant un masque chirurgical n'est pas chose aisée. Mais la peur d’être infectée est visiblement soluble dans le flirt virtuel pour des millions de personnes connectées.

Ainsi, tandis que l'application Tinder met en garde ses utilisateurs contre le grand méchant virus et les incite à éviter tout contact charnel avant la fin de l'épidémie, les membres du réseau de drague continuent frénétiquement de swiper à droite, quitte à reporter éternellement leur premier rendez-vous et badiner de longues semaines par messages.
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La menace d’une contagion d’ampleur mondiale doperait même les ardeurs de pas mal de célibataires qui souhaiteraient “vivre plus intensément” avant que se profile une éventuelle fin du monde, sans compter les individus mis en quarantaine qui ont besoin de pallier l’ennui de leur solitude forcée. Le COVID-19 serait alors l'équivalent d'une tempête de neige qui rapprocherait les âmes esseulées et confinées, mais dans ce scénario digne d'un téléfilm M6 : les miasmes ont remplacé les flocons.

Les opportunistes de la séduction quant à eux, se servent de la psychose collective pour briser la glace ou étoffer leurs punchlines. Les
“tu crois qu’on va tous mourir ?” ont peu à peu remplacé les habituels carpe diem, entre deux photos de treks à l’autre bout du monde. Certaines personnes confessent d’ailleurs n’avoir jamais autant matché que depuis que le coronavirus est sur toutes les lèvres. Il semblerait donc que discuter d’une maladie susceptible d’entraîner une détresse respiratoire aiguë soit plus vendeur qu’imposer à un parfait inconnu le descriptif détaillé de son activité professionnelle.
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Mention spéciale aux quelques séducteurs en série ingénieux, et il faut bien le dire, un peu lâches, qui admettent se servir du virus comme excuse pour poser des lapins quand ils décident finalement de renoncer à une rencontre. Un Britannique de 18 ans avouait ainsi auprès d’un site américain avoir menti à plusieurs reprises à ses contacts Grindr en prétextant des symptômes grippaux inquiétants. 

Reste à savoir comment s’étreindre quand on ne peut même plus s’effleurer - prêter son gel hydroalcoolique à son amant(e) d’un soir n’étant pas encore considéré comme un échange de fluides par l’OMS - mais les plus téméraires d’entre vous préféreront sans doute risquer la contamination plutôt que de laisser passer une occasion de s’envoyer en l’air. Après tout, comme le disait Stendhal (qui n’était pas le dernier dès qu’il s’agissait d’évoquer la gaudriole) :  “l’amour est une fièvre heureuse”.  

Crédits image  : @tinderetsespépites