C’est à la sortie de l’école de théâtre Claude Mathieu en 2015 que les sept jeunes actrices, autrices et humoristes, décidèrent de fonder la compagnie des Mille Printemps autour d’une pièce commune qui lancera définitivement leur projet, Mon Olympe. C’est à force de devoir se justifier, expliquer encore et encore en quoi le féminisme n’est pas une crise d’hystérie ou un concept médiatique branché, en quoi il concerne tout le monde et en même temps n’accuse personne (excepté ceux qui fuient la loi) que Gabrielle Chalmont, l’autrice, a tout simplement décidé de monter une pièce dessus. Autour de leur passion commune pour le théâtre de comédie et leur militantisme, la compagnie raconte le questionnement de cinq jeunes filles enfermées involontairement dans un parc pour toute une nuit et reviennent sur les thèmes récurrents autour du féminisme tels le slut-shaming, le harcèlement sexuel, les jouets genrés, les relations homme / femme et femme / femme ou encore l'abolition de la prostitution. Une pièce qui “ratisse large” prévient Louise Fafa, l’une des comédiennes, mais qui ne perd jamais son public le long des une heure trente d’énergie folle et d’humour. 

 
 
 
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Que jouent-elles ? 
Des pièces qui sautent les deux pieds joints dans le débat public, inspirées justement des longues séances de débat entre les membres elles-mêmes aux prémices de la pièce. Des discussions, de la documentation et des scènes jouées en improvisation pour un spectacle actuel qui “enjaille même les vieux” selon Sarah Coulaud, aussi comédienne. “On fait des comédies engagées” souligne-t-elle. Un engagement qui ne se ressent pas tant dans ce type de théâtre et qui fait plaisir après les événements brûlants de ces dernières semaines lors des manifestations féministes ou après les résultats des César, par exemple. La compagnie a d’ailleurs rajouté la mention de Roman Polanski au spectacle sur une scène qui y faisait allusion, un clin d’oeil un peu plus affirmé que le fameux “Atchoum”. 

 
 
 
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Quel engagement ? 
Le féminisme, mais pas que. Si dans Mon Olympe, les autrices Gabrielle Chalmont et Marie-Pierre Boutin ont écrit sur un sujet qui les touchaient directement, quitte à essuyer quelques critiques et étonnements au lancement de la pièce (avant #MeToo), leur nouvelle pièce aborde un autre sujet tout aussi actuel, l’écologie. Yourte oppose le start-uppeur suprême à une communauté adepte de la biodynamie et questionne, ici aussi, l’engagement de chacun. 

Dans quelle pièce on ne les verra jamais ? 
Quand on était à Avignon, on a collectionné les noms de pièces absurdes, donc on peut dire qu’on ne sera jamais dans Il n’y a pas que les écureuils qui sucent des glands, ou ce type de pièces.” confie Sarah et Louise. Impossible également de les voirs sur des sujets un peu trop moqueurs, Yourte s’écartant par exemple de Problemos et de son jugement assez exagéré sur les communautés écolos. Autre frayeur pour Sarah : "Être la meuf côté passager dans une pub de voiture, qu'on voit furtivement". 
les mil

On les voit où prochainement ? 
Bravant encore, tant qu’elles le peuvent, les restrictions du coronavirus, Les Mille Printemps jouent les dernières dates de Mon Olympe au théâtre de Belleville jusqu’à fin mars, pour enchaîner ensuite sur Avignon, où elle joueront Yourte au Théâtre des Carmes, puis transporteront la pièce à Paris en septembre (Théâtre 13). Leur prochain spectacle, encore en préparation, abordera l’âgisme et l’opposition entre les jeunes femmes et les quinquagénaires. Un “OK boomeuse” théâtral ?

Crédits photo vignette :  Flavie Brizard.