Les soirées
Tous les alcooliques du samedi soir, les piliers de bars du vendredi-18h ou les marathoniens du verre en terrasse, aujourd’hui en sevrage festif, ne s’en rendent peut-être pas compte, mais le monde de la nuit regorge de tarés insupportables. C'est le plus gros rassemblement de gens bourrés et donc de relous, le Meetic des phrases de beauf qui puent la sueur, le vortex des situations inconfortables. Entre Jérôme, de la bière plein le t-shirt, qui vient te taper sur l’épaule pour essayer de communiquer, Mélanie qui fout son poppers sous le nez de tout le monde et les immanquables funambules nocturnes qui renversent tout sur leur passage, on a vu meilleure compagnie. Tout cela sans oublier les lieux dans lesquelles ces coutumes festives ont lieu : un 25m2 où les gens se marchent dessus, des fumoirs de boîte où tu aspires plus la clope de ton voisin que la tienne ou des toilettes encombrées par des cadavres en régurgitation ou des hyperactifs avec une paille dans le nez. Le monde de la fête n'est pas toujours aussi distrayant qu'il veut bien le croire. Comme Laurent Ruquier, quoi.

Les frotteurs, les siffleurs et autres incivilisés
Même s’il est déprimant de constater qu’il aura fallu une pandémie pour marcher dans la rue sans croiser les chasseurs-cueilleurs machos des temps modernes, il est bon de profiter de cette disparition des agressions en tout genre. Pas de transports, pas de frotteurs plus efficaces qu’une éponge collée à votre cuisse. Pas de rue, pas de sifflets sur pattes. Pas d'interactions sociales, pas de harcèlement de rue. Cependant, il serait trop beau d’imaginer que le sexisme se soit confiné et que les femmes soient totalement sorties d’affaire, surtout quand on le vit dans son propre chez-soi. Pour cela la ligne “violence femme info” du 3919 est toujours active, même pendant le confinement. 

Les repas de famille 
Confinés avec vos rejetons ou vos parents, vos frères et soeurs ou votre conjoint-e, vous allez quand même pouvoir éviter les grands rassemblements familiaux qui démarrent à midi et finissent à l’heure de l’apéro. Pendant plus d’un mois, pas de tontons s’endormant ira après son troisième pastis, calva, verre de rouge ou cognac selon la région, pas de discussions sur le port du voile, pas de questions sur votre télé-chômage ou votre troisième première année de sociologie. Par la même occasion, tous les trentenaires se verront rassurés de voir la saison des mariages reportée, leur évitant ainsi de se retrouver à la table de la cousine célibataire qui fout l'angoisse, lors de l’union sacrée de Bérénice et Christian célébrée au Cap-Ferret. 

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Les gestes de politesse
Les gestes de prévention anti-contamination ont englouti les gestes de politesse et les moments gênants qui en découlent. Fini le dilemme entre les Belges qui font une seule bise, les Parisiens deux, les Ardéchois trois et quatre dans l'Est. “Chez nous, on en fait deux, on tourne trois fois sur nous même en faisant le poirier et on en refait une” : voilà là où la politesse nous mènera, nous unique peuple à déposer des baisers pour se dire bonjour. On oublie aussi le challenge de la poignée de main qui se doit d’être ni trop molle, au risque de tomber dans la fange de la société, ni trop robuste, ce qui emmènera votre interlocuteur aux urgences, déjà bien bondées. 

L’administration 
Celle-là, on ne va pas passer beaucoup de temps dessus, mais s’il était possible de garder le télétravail pour l’administration et éviter ainsi les queues interminables devant la CAF, les entreprises de transports publics ou au bureau de poste, le monde se porterait mieux. Fini les angoisses, attendre trois heures sous la pluie pour être accueilli devant un guichet avec un “c’est pas le bon dossier” craché d’un mégaphone. Atteints de phobie administrative? Le confinement est pour vous, une bénédiction. 

Les autres maladies
C’est le point qui rassemble tous les autres, ne pas sortir et respecter les règles sanitaires, c’est vous éviter les miasmes de toute la société, en temps normal. Ne pas aller en soirée c’est s’éviter une MST par la personne qui “est clean, t’inquiètes”, c’est s’éviter la bronchite de votre nièce lorsque vous allez chez votre soeur, c’est ne pas choper la gastro à cause des huîtres à Noël ou une rhinopharyngite en léchant la barre du métro. 
Le travail
S’il y a bien une dernière chose qu’on aura pas envie de reprendre à la fin de ce confinement et à l’arrivée des beaux jours, c’est revoir la tête de son patron, devoir encore discuter avec ses collègues devant la machine à café et ne pas se faire rémunérer ses heures sup’. Soyons honnêtes, vous êtes bien en “télétravail”. Pourtant, nombreux sont encore les Français à devoir se tuer à la tâche pour faire tenir notre mère patrie et nous leur apportons tout notre soutien, de là à chanter à tue tête vendredi prochain à 20 heure sur nos balcons.