Pour son humour caustique
A priori, vous vous dites que le fonctionnement des institutions est à peu près aussi drôle que le dernier spectacle de Tex mais détrompez-vous : Parlement est une comédie politique désopilante. Entre les punchlines bien senties et acerbes à l’encontre des eurodéputés (“les nationalistes européens ont toujours l’air de revenir d’une partie de chasse en Bavière”), les situations ubuesques et la galerie de personnages hauts en couleurs que l’on croise dans les couloirs du bâtiment "en forme de Caprice des Dieux" : on rit beaucoup devant la série. Et après tout, il n’y a pas de raison pour que vos fessiers soient les seuls à bénéficier de séances de remise en forme intensives en cette période troublée; vos zygomatiques ont aussi besoin d’exercice régulier ! Avec Noé Debré à la co-écriture du scénario (Problemos, Le Poulain) et Xavier Lacaille, jeune espoir de l’humour français (le comédien est aussi co-scénariste sur les séries Validé et Loulou) en assistant parlementaire fraîchement débarqué à Bruxelles, on vous garantit que vous allez vous marrer.

Pour son casting non pas 5, mais 12 étoiles (comme le nombre exact sur le drapeau de l’U.E)
Fait rare pour une fiction coproduite par la France, Parlement bénéficie d’un casting européen de haut vol, avec des acteurs talentueux qui méritent à eux seuls de donner une chance au programme. Du côté francophone, outre l’attachant Samy, incarné par Xavier Lacaille, on retrouve avec plaisir Philippe Duquesne, membre illustre de la troupe des Deschiens en député européen tire-au-flanc aussi incompétent qu’attendrissant, ainsi que le comédien de théâtre William Nadylam, magistral en fonctionnaire flegmatique qui s’efforce de rester au dessus de la mêlée, mais se prend tout de même d’affection pour le personnage principal. Quant à la distribution internationale, elle est tout aussi séduisante puisqu’on découvre l’actrice et réalisatrice britannique Liz Kingsman, très convaincante en assistante parlementaire désabusée et cynique au service d’une députée pro-Brexit sous Xanax, ou bien le jeune comédien autrichien Lucas Englander, fabuleux en second-couteau toqué de la très charismatique mais néanmoins machiavélique Ingeborg, jouée par Christiane Paul. En deux  mots : grande classe. 

Parce que c’est une série pédagogique  
Vous ne vous appelez pas Christophe Barbier et  vous pensez que la cuisine parlementaire est imbitable ? Rassurez-vous, vous n’êtes pas le seul. D’ailleurs, le héros maladroit de la série est aussi désemparé que le spectateur quand on lui demande d’entrée de jeu de faire adopter un amendement sur la pêche. Et c’est l’un des enjeux de la série : tenter de lever le voile sur les arcanes du pouvoir, et dresser un portrait amusé de ceux qui font l’U.E. Un pari réussi puisqu’à mesure que l'intrigue avance, on a le sentiment d’y voir un peu plus clair dans le fonctionnement souvent nébuleux des institutions européennes.  

Parce que c’est un peu Game of Thrones, mais sans les dragons
Attendez un peu avant de pousser des cris d'orfraie : entre les lobbyistes qui s’invitent à la table des eurodéputés pour le compte des entreprises, les petites magouilles en coulisse pour orienter les votes, le cynisme ambiant, les convictions des uns qui se heurtent aux désillusions des autres, les alliances qui se nouent et le chantage exercé sur les élus pour torpiller un amendement, les réflexions à propos de la montée des populismes en Europe ou la hiérarchie des combats à mener...  Si vous avez aimé la série d’HBO pour ses questionnements sur la stratégie et la loyauté en politique, vous aimerez sans doute aussi Parlement. Bon ok, les budgets “effets spéciaux” et “figuration” sont un peu moins impressionnants, tout comme le nombre de tétons visibles à l'écran, mais les réflexions sur le pouvoir sont tout aussi passionnantes.