D’où vient-elle ? 
Du sud de Londres, dans une famille au mélange des cultures qui fait friser Marine Le Pen, régie par une mère bangladaise et un père irlandais. C’est simple, la jeune anglaise a su s'inspirer de ses origines, des CD de sa mère et a appris la musique seule dans sa chambre, d’abord sur un piano, puis à la guitare. Comme tous les musiciens en herbe adolescents nés dans les années 1990, elle enregistre et poste des chansons sur Youtube, jusqu’au succès d’une reprise de Ray Charles qui la pousse à concrétiser son projet. Elle a 15 ans et commence à enregistrer ses propres chansons dans un petit studio de son quartier. Une autre étape de son parcours, toujours sur Youtube, c’est son passage dans les studios de Colors pour y chanter une de ses premières chansons, celle qui va lancer sa carrière dans l’industrie musicale. 

Que fait-elle ? 
Pour le moment, trois EPs qui voguent entre les ondes des violons, de la guitarre basse jazzy, et des rythmiques qui s’inspirent directement du hip hop britannique (coucou M.I.A.), notamment dans le titre “Hurts”. Il y a un style bien british qu’on ne peut pas lui enlever, bien que l’on retrouve souvent des sonorités empruntées à la musique latine ou indienne dans ses arrangements. Après Influence (2018), Reminiscence (2019) et Perception (2019), Joy Crookes prépare en ce moment son nouvel album qui cette fois-ci ne sera pas un mot qui enfonce des portes ouvertes mais sur lequel la chanteuse reste plutôt mystérieuse : “on va voir” a-t-elle simplement indiqué. 

À quoi ça ressemble?
Ce qui penchent pour le jazz y verront une artiste soul et lui trouveront des similitudes avec Celeste, ceux qui préfèrent le hip-hop y reconnaîtront les bases du R&B et la proclameront descendante directe de Jorja Smith. Des petits malins trouveront une nouvelle analogie en proposant de la “neo pop soul” mais soyons clairs, c’est surtout de la musique, et de la bonne musique.  

A quoi ça ne ressemble pas? 
A tout ce que vous avez pu imaginer sur les chanteuses de R&B. Il ne s’agit pas ici de discours larmoyants qui pleurent l’être aimé parti pour une autre, comme Camille Lellouche sait si bien les imiter. Non, nous ne sommes plus dans les années 2000. Les textes de Joy Crookes explorent pleins de possibilités, de l’engagement féministe (“Man’s World”) à l’immigration en Angleterre (“London Mine”), des paroles qui parlent parfois d’amour (“Don’t let me down”) ou des problèmes psychologiques qu’on ne veut pas affronter dans son dernier single “Anyone But Me”. “Cela concerne directement ce qui se passe dans ma tête, ce n'est en effet pas super gai, c'est un moyen d'exprimer mes émotions et de marquer ma part d'ombre” confie-t-elle, ce qui ne vous est peut-être familier après plus d’un mois passé avec vous, votre conscience, vos démences, vos phobies et vos crises d'angoisses comme seuls colocataires. Sans avoir calculé qu’une pandémie mondiale tomberait en même temps que sa composition, il faut avouer que le timing est bien tombé : “L'idée est d'alterner entre des paroles amusantes et un esprit parfois très sombre. Ce n’était pas mon intention, mais oui, ça peut refléter ce que les gens ont dans la tête en ce moment” regrette-t-elle. Pourtant, il faut surtout y voir là une sorte de catharsis - une thérapie par l’expression pour ceux qui n’ont pas écouté madame Pichard pendant vos cours de français en Seconde 4 - puisque l’artiste a avoué elle-même souffrir d’une sévère dépression. 

On la retrouve où ? 
Pour le moment, dans ce clip, qu’elle a réalisé seule dans son appartement en rassemblant l’intégralité de ses yuccas et on espère sur scène, le plus vite possible, lorsqu’il sera de nouveau possible de communiquer musicalement avec la Grande Bretagne par le biais des concerts. Joy Crookes est très fan des réseaux sociaux, vous pouvez la retrouver faire sa promo au balcon ou dans les parcs londoniens et si vos soirées pictionary, Zoom, Petit bac’ sur Scribble commencent à vous les brisez, vous pouvez décliner et écouter sa playlist Deezer #Stayathome garantie sans vidéos de chats qui pètent (ça suffit la famille sur WhatsApp).   

 

 
 
 
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Bref, à 21 ans, elle a déjà fait la première partie de Jacob Banks et prépare, lentement mais sûrement dans son appartement à Londres, son premier album qu’on hâte de découvrir.