5D87E2A8-D6ED-487A-950D-6F2726C2EF6ETous les afficiniados d'eurodance qui fornique avec de la musique folklorique, de glottes qui vibrent devant des fonds d'écran Windows 95 et d'humiliation de la France ont été endeuillés par l'annulation de l'Eurovision. Mais heureusement les robots rêvent de variétoche électrique et la chaîne néerlandaise VPRO a décidé de lancer un tournoi réservé aux intelligences artificielles. Treize équipes de codeurs venus de Hollande, Australie, Suède, Belgique, Allemagne, Suisse, Grande-Bretagne et bien sûr de notre beau pays se sont donc affrontées lors du AI Song Contest.  Et il est passionnant de découvrir que la technologie peut à ce point repousser les limites du mauvais goût, encore plus loin que Richard Clayderman ou DeadMau5. La preuve, ce sont les australiens de Uncanny Valley qui ont remporté la compétition, avec de l'EDM écolo qui sample des koalas.

On aurait préféré que ce soit la chanson d'amour allemande I'll Marry You, Punk Come qui ressemblait, elle, au pire cauchemar d'Aphex Twin après une cuite au schnaps. Terrifiante, vaseuse et fascinante.

La France, elle, a pris une double ration de défaite. Car deux morceaux ont été proposés. Notre favorite : Je secoue le monde, comme si la voix de Google Translate se lançait dans le spoken word jazzy. 

L'équipe Algomus, venue de Picardie, a accouché de I Keep Counting, morceau généré par une I.A qui a ingéré plus de 10.000 thèmes musicaux classiques et accompagnée d'une chanteuse, Niam, qui interprète le texte, lui aussi créé par la machine à partir de lyrics de chansons de l'Eurovision. Qui aurait pu penser que la technologie de pointe ne ferait pas mieux qu'un mauvais groupe à la Fête de la musique ? Un beau plaidoyer pour la décroissance dans le champ de la composition musicale.