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Il ne faudrait pas croire qu'il a fallu attendre que John Lennon se laisse pousser les cheveux, épouse Yoko Ono et chante la paix pour qu'un Beatle se mêle de politique. En 1964, les quatre de Liverpool prennent d'assaut les Etats-Unis pour une tournée qui doit confirmer la beatlemania outre-Atlantique. Mais pour eux, pas question d'observer la ségrégation raciale dans les salles comme une curiosité locale : leur rider (fiche technique sur l'organisation d'une date) précise donc qu'ils refuseront de se produire à n'importe quel concert où le public sera séparé sur la base de la couleur de peau. Sauf que le staff du Gator Bowl de Jacksonville ne l'entend pas de cette oreille et refuse de céder  pour la date du 11 septembre. Les Beatles convoquent alors une conférence de presse, Lennon y déclare : "On ne joue jamais devant des publics ségrégués, et on ne va pas commencer maintenant. Je préfère qu'on perde notre cachet." Face aux 32.000 billets réservés, le Gator Bowl préfère faire marche arrière que de perdre son argent. C'est donc devant une fosse multiculturelle qu'ils se produisent. Mais l'accrochage marque les musiciens, dont Paul MacCartney, qui au sujet de la mort de George Floyd a déploré récemment : "Je suis malade et en colère que presque 60 ans après ce concert on en soit là."