Adina Howard, la fausse Christ 
1995. Adina Howard déhanche son boule avec Freak Like Me, tube américain qui lance son tendancieux album Do You Wanna Ride ?, dont l'illustration est des plus sublimes, contrairement à l'album. Si l'Amérique s'est défoulée sur cette collection de ballades hyper sexualisées et romantisées par des saxos baroques et des tempos lents, elle est vite passée à autre chose. La carrière d'Adina sera ponctuée d'un ego trip ridicule après ce hit : se prendre pour une Messie. À grands coups de métaphores religieuses pétées qui entendent annoncer son retour christique, elle nous donne Resurrection en 2017, ou The Second Coming en 2004. Sauf que non. 

Deborah Cox, la not supposed to be here
Deborah Cox est surtout connue pour son international Nobody's Supposed to Be Here, titre qui ne lui était initialement pas destiné. Cette mielleuse ballade sur-saturée de vibrato, chœur gospel et mélisme n'a pas franchi le cap de l'an 2000, tout comme sa mini carrière. Deborah pense poursuivre son petit bonhomme de chemin après ce succès, mais ses petits singles n'atteignent même pas la deux-centième place du Billboard américain. Depuis, elle fait de la télé et profane les chansons de Whitney Houston dans le biopic qui lui est consacré, alors qu'elle n'était même pas supposée les chanter.

Chanté Moore, victime du temps
Malgré son blase légendaire, Chanté Moore demeure une icône avortée. Sa carrière était pourtant prometteuse : elle perce en 1992 avec son premier album Precious et son single Love's Taken Over. Chanté est un produit de l'âge d'or du r'n'b, mais ne résiste pas aux ravages du temps et des modes. La mutation 2.0 du genre musical au tournant de l'an 2000 lui sera fatale. Après quelques singles comme l'assertif Chanté's Got A Man, son album Exposed est une production plate, ennuyeuse et sans relief. Straight Up, son titre phare, est une mauvaise bouillie de tubes comme Honey ou He Wasn't Man Enough, avec des "cling cling" et une espèce de P-Diddy qui assure une vieille caution rap en faisant de la chanson un mini-tube parmi 103941. Pourri. Depuis une nomination aux Grammy Awards en 2002, le monde a condamné Chanté à errer dans un désert. Et son album Moore is More, en 2013, relève de la mauvaise blague.

Shanice
Qui est cette dame ?

Tina Moore, la pépite des antiquaires
Tina est la non-cousine de Chanté Moore et Mandy Moore. Elle a réussi le méfait suivant : placer deux titres au top 20 britannique en 1997, Never Gonna Let You Go et Nobody Better. Le pire, c'est que ce ne sont que des remixes garage de ses chansons originales de 1995. Le premier de ces méfaits n'est pas ignoble : le beat, sympathique, et ce putain de sublime ensemble rouge sont toutefois affaiblis par de plates vocalises que tout le monde aurait pu faire : Brandy, Zhané, Mariah, Monica, ou même Corona et Queen Latifah. Le monde a finalement décidé de laisser partir Tina, condamnée à se retrouver dans un neurchi hip hop nostalgique sur Facebook. Nous n'en savons pas plus sur cette personne.

Larusso, fierté française
On a toujours huit trains de retard, mais ce n'est pas si grave. En 1999, Larusso nous démontait les tympans et siphonnaient nos cerveaux avec Tu m'oublieras. Et on l'a fait. Ses deux singles suivants qui ont contribué à la promotion de son album Simplement n'ont pas réussi à la sauver des méandres de l'oubli. Malgré des guichets fermés à l'Olympia, notre proto-diva plonge : Larusso en 2001 et My Box en 2010 sont restés lettres mortes. Nous attendons de pied ferme (ou pas) son retour non-désiré, qui devait arriver au printemps. Covid, quand tu nous tiens...


Mentions spéciales pour les personnes et groupes suivants, qui n'ont pas non plus été épargnés par le temps malgré la qualité de leur musique : 3LW, SWV, 702, GUY, Xscape, Next, Case, Tyrese, Blu Cantrell, et tant d'autres encore.