Chez Brain, on aime jeter nonchalamment une oreille sur les sorties de Burger Records, le disquaire californien devenu label important pour tous les punks, artisans garage et autres pourvoyeurs de riffs au milieu des annnées 2000. C'est donc avec stupéfaction qu'on a découvert que la structure battait sa coulpe, s'excusant d'avoir "perpétué la culture de la masculinité toxique" et qu'elle était en train d'être accusée de défendre des harceleurs et des pédophiles.

Tout a commencé avec des accusations anonymes via Twitter à l'encontre des Growlers, ces sous-Strokes laidback. Ils auraient demandé à une journaliste de montrer ses seins en pleine interview et aurait fait la même offense à une demoiselle de 15 ans en échange d'une place gratuite pour leur concert, Gérald Darmanin style. Un autre post accuse le guitariste Matt Taylor de s'amuser à enlever sa capote pendant les relations sexuelles, sans le consentement de ses partenaires. Puis, ça a été au tour du batteur du groupe surf punk SWMRS, Joey Armstrong, le fils du chanteur de Green Day, d'être qualifié de prédateur par Lydia Night, chanteuse de The Regrettes. Il aurait abusé de son pouvoir, elle qui avait 16 ans et lui 22 au début de leur relation. Idem pour un membre de The Buttertones, qu'une artiste accuse de viol alors qu'elle avait seulement 14 ans. Enfin, le compte Instagram Lured by Burger Records ("Trahi par Burger Records") a diffusé d'autres témoignages concernant les groupes Cosmonauts, Audacity ou The Frights. Au menu : agression de fan inconsciente et sexe avec des mineures. La fétichisation des adolescentes dans leurs œuvres leur est également reprochée.

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Si pour l'instant aucune action en justice n'a été intentée, l'ombre plane sur la scène toute entière. Le label, lui, sauve les meubles et ouvre une section rien que pour les filles : BRGRRRL. Mouais. Mais plus généralement, c'est toute la mythologie rock qu'on en vient à revoir autrement. Ce qu'on raconte dans certaines biographies comme étant des blagues potaches (coucou Bowie qui montre son zguègue à Debbie Harry comme ce beauf d'Hanouna) ou relevant de l'hystérie des groupies, ces anecdotes transgressives qui sont autant de médailles destinées à prouver la "déglinguitude" des musiciens, laissent bien souvent la parole des femmes sous silence. Tant mieux si ça change. Et tous les mécheux à veste en jean de suer leur mauvaise bière, eux qui se pensaient trop cool pour être traités de porcs. Ce n'est pas parce que vous pesez 60 kg, que vous êtes à moitié imberbes et nuls en sport que votre masculinité, faite d'entre-soi et d'excès, n'est pas toxique. A bon entendeur.

Update : Les groupes Nobunny et No Parents se sont dissous après avoir reconnu leur attitude prédatrice envers la gent féminine et Burger Records vient d'annoncer sa fermeture totale et définitive, cynisme quand tu nous tient, en postant cette vidéo :