Retour sur un parcours

Ma grand-mère m’a foutu une baffe quand j’entonnais devant elle Je veux te voir à huit ans. Toute une génération d’enfants et d’adultes s’est enjaillé sur ce tube et Parle à ma main. Ca vous fait quoi de penser que vous êtes potentiellement responsables de la dépravation morale de milliers d’écoliers innocents ?
Julie : [Rires]. C’est vrai qu’on a eu quelques messages à l’époque. Mais on n’en a pas eu conscience, parce qu’au départ on se projette pas sur le succès d’un morceau. On s’en est pas du tout voulu.
Grand Marnier : Au départ, tu penses déjà qu’il faut que le son plaise à une sphère réduite. C’est un morceau qu’on a mis sur MySpace sans aucune attente. Après c’est parti, et ça t’échappe complètement. Quand tu crées, tu ne te dis pas que tu vas toucher des gens. De plus, on se dit qu’il y a bien pire dans le rap, ou dans d’autres musiques. Si c’est vrai que c’était un clash gentil, ça n’a pas vraiment été reçu comme ça à l’époque : c’était comme un clash de récré. 

Il y a un pont entre Pop Up et le nouvel album. Plusieurs empreintes ont jalonné votre parcours musical, beaucoup d’exploration. Quel regard portez-vous sur ces “styles” passés et votre évolution : y a t-il une continuité ? Qu'est-ce qui a changé ou non après 6 ans d'absence ?
Julie : On a toujours plus ou moins fait de la musique pop. Si on fait de la pop électronique, on ne s’empêche vraiment pas d’aller autre part, dans des trucs plus techno ou rap.
GM : C'est surtout que la structure de la pop nous donne un cadre qu’on peut exporter avec liberté. La méthode de production est électronique, et on peut en réalité tout faire. Tous les albums sont plus ou moins différents, c’est vrai : on grandit, on a des inspirations différentes… Mais on remarque une forme de continuité, tout de même : mêmes cerveaux, mêmes pensées. La voix de Julie et mes prods assurent cette continuité, même si la voix de Julie change, comme toutes les voix du monde : elle est beaucoup plus grave, douce et posée. La vieillesse, quoi... [rires].

En parlant de vieillesse et d’évolution, vous êtes passé de trio à duo. Le changement a-t-il eu un impact sur votre fonctionnement ? 
GM : Le pilier de Yelle, c’est vraiment Julie et moi. Tanguy [Destable, ndr] a pas mal composé, sur la fin du premier album et le second. Il a été sur les tournées et sur scène avec nous : il a été membre actif, collaborateur, très impliqué à certains moments, puis est parti parce qu’il en avait marre. Il a collaboré à nouveau avec nous, sur L’Ere du Verseau, mais nous on est le duo fondateur et fixe. On ne se définit pas vraiment comme duo ou trio : on écrit, on crée, on est décideurs. 
Julie : Mais c’est vrai qu’en même temps, c’est moi qui suis devant, qui porte la chose, qui suis sur scène, etc. Dans les interviews, j’y vais souvent toute seule. Malgré cela, on n’a pas besoin de définir, de mettre une étiquette.

Donc vous êtes une identité en mouvement ? 
Julie : En fait c’est un peu volontaire, on aime bien brouiller les pistes. 
GM : Oui, puis on laisse le choix aux gens d’apprécier ça comme ils veulent : comme solo act ou un groupe. Si t’as envie de dire que c’est un groupe, c’est bien, si tu dis que c’est que Julie, c’est que Julie. Ça nous importe peu. On essaie de se barrer de la moindre case qu’on puisse nous attribuer. Par exemple, ça nous fait chier qu’on dise : “Yelle elle fait ça, ou ça, et ça”. On préfère l’ouverture. C’est comme quand tu lis un livre ou que t’écoutes les paroles d’une chanson, il y a plusieurs façons de lire les paroles, plusieurs sensibilités, qui sont différentes les unes des autres. On n’impose pas de guideline, d’angle précis et plaqué. Ça nous barbe.

De l’esthétique à la levrette canine

Vos références actuelles et ce qui vous a nourri, en matière de musique, c’est quoi ?
Julie : C’est un label comme PC Music, SOPHIE, A.G. Cook, mais ça concerne plutôt l’expérimentation : ce sont des gens qui vont très loin dans la recherche sonore, qui poussent de manière très intéressante. 
GM : Julie écoute beaucoup de musique, mais pas moi, très peu. Quand j’ai besoin de musique, j’en fais, mais j’aime beaucoup le silence. Il y a ce truc de condensé d’envie musicale quand on se met à écrire, de frustration qui ressort, et qui devient créatif. Quand je conduis, j’écoute pas de musique, j’écoute le silence. Les idées viennent dans les déplacements, en marchant. Ça ne vient jamais en écoutant un beat, en me disant : “je veux faire un son comme celui-ci”. On accumule des moments de vie, et ça ressort à un moment donné. Safari Disco Club, par exemple, est né de l’association de ces trois mots : c’est devenu une chanson puis tout un album, tu vois. Ça sort. 

Je t'aime encore a été réalisé par Loïc Prigent. C'était comment de tourner avec lui ?
Julie : C'était super. Loïc, c'est un frère. Il est drôle, il n'arrête pas de dire des conneries, et c'était très détendu, très familial. Een l'occurrence, sur le tournage du clip, c'était très intéressant : on a fait se rencontrer et Charlie Le Mindu, et Loïc, et les chorégraphes, et notre styliste, c'est-à-dire des gens qui s'admirent réellement les uns les autres, sans s'être jamais vraiment rencontrés. C'était très doux et très chouette.

L’esthétique du clip, ainsi que celui de Karaté, est très minimaliste, épurée, et pourtant magistrale. Vous faites notamment le choix du blanc et du noir, contrairement aux coleurs du passé. Quelle signification cette esthétique a pour vous ?
Julie : On aime beaucoup aller à l’essentiel, dans la musique tout comme l’esthétique : faire quelque chose de minimal. Parfois, on discute beaucoup, on a beaucoup d’idées, et ça converge, ça se resserre à un moment - vers la précision.
GM : On aime aussi les choses qui sont très lisibles : la signalétique par exemple. Moi j’ai un goût pour les choses très dessinées, qui font paraître la chose simple, même si la lisibilité peut cacher un double sens : on peut voir les choses frontalement ou aller chercher des sens derrière. Par exemple, “J'veux un chien” [le prochain single, qui sort le 9 septembre, ndr] a vraiment été à un moment où on voulait un chien [rires]. Mais le double sens est là. 

En parlant de ce morceau, J'veux un chien, qui est très explicite et sexuel : c’est quoi, cette histoire ? Une métaphore, une fascination canine, les deux ?
Julie : Cette phrase, “j'veux un chien”, on se la répétait tout le temps. C’est aussi plus profond : le symbole du chien, c’est comme avoir un compagnon, un partenaire avec qui t’as cette liberté de faire ce que tu veux et d’avoir une sexualité très ouverte, sans barrière, et que ce soit un partenaire de vie avec qui ça marche, qui peut envoyer tout bouler et avoir une force de caractère pour dire : “J’me casse, salut”.
GM : Oui, d’où l’idée d’un triple sens : une relation avec un chien, un vrai chien, c’est un truc spontané, fusionnel, très direct, sans filtre, qu’on rêve d’avoir avec un humain aussi, si tu veux. J’ai envie de dire un truc, je le dis. Même sexuellement, tu t’exprimes directement sans ambages. Il y a le truc purement cul, le truc purement toutou, et puis aussi le truc de relations entre les gens, témoignée par la simplicité de la relation avec un chien. Quand t’as ça avec une personne, c’est ultime.

“Un animal qui me fasse mal, mais qui le fasse bien” dites-vous dans le morceau. C’est quoi la meilleure position sexuelle pour allier bien et mal ?
Julie [Réflexion. Longue réflexion.] : La levrette... ? Visuellement c’est assez fort, il y a un truc de domination, et ça lie bien et mal, j’ai l’impression. [rires]. 
GM : Fais gaffe, on les connait chez Brain : “LA LEVRETTE”. Yelle préfère la levrette.

L’Ère du Verseau, le renouveau du monde et du cul

Pourquoi ce titre ? Vous croyez à l’astrologie, ou c’est seulement pour être dans le truc hype du moment ? 
Julie : Non pas du tout, c’est pas la hype, et on n’est pas fasciné par l’astrologie. 
GM : C’est parti d’une rencontre que j’ai eue avec un médecin de médecine chinoise : on parlait de ce qu’on faisait dans la vie, de la chance, de la diffusion de la musique,  du “rôle” des jolies choses et de l’élévation de la musique. L’ère du verseau, selon lui, était liée à ça : une ère astrale dure environ 2000 ans. Là, on est dans celle du Poisson, celle qui s’effondre : régie par le pouvoir pyramidal, très hiérarchique, représentée par les religions, le capitalisme, le “toujours plus”. Celle du Verseau va arriver : 2130, ou les années 70. On est en charnière. 
Julie : L'ère du Poisson, c’est surtout une ère violente et guerrière. 
GM : Oui. Celle du Verseau, à l'inverse, c’est une société horizontale, une égalité, de la douceur et de la communication, de l’humanisme et de la solidarité. C'est tout ce dont parlaient les hippies des années 70, quand ils abordaient le “Age of Aquarius”. Douceur de vivre qui sonne comme nécessaire au vu des périodes comme celle que l’on traverse, où tout pète partout, où tout est trop tendu : des gens en politique essaient d’enfoncer le clou en faisant accroître la productivité, tous ces gros sabots du monde actuel. Tout ça, dans l’ère du Verseau, va changer et s’adoucir : l’idée nous a plu. C’est aussi en lien avec notre propre manière de vivre : on habite a la campagne, on a un potager, on est proche des éléments et de la nature.

Donc aucun de vous n’est Verseau ?
Julie : Ah, non, mais moi ma Lune est en Verseau [elle se donne une tape aux fesses]. Ma lune est en Verseau. [rires].

Tiens, c’est quand même drôle : les Verseaux seraient “réputés” pour être des bêtes sexuelles créatives, libérées et surprenantes au lit. Vous avez écrit Nuit de baise, et cet album aborde aussi le sexe de manière provocante et décomplexée. Vous couchez beaucoup tous les deux, malgré toutes ses années ensemble à être à la fois un couple et un binôme dans le boulot ?
Julie : Quels petits coquins ! [rires]. Si vous voulez entrer dans les détails, vous nous appelez [rires]. Dans l’histoire de la musique, il y a beaucoup de couples ou de duos qui ont arrêté, ou qui ont eu des enfants, c’est vrai. Nous, on est plutôt sur la pente ascendante. Je pense qu’en vieillissant, on est plus libre en tant qu'individus : on arrive à s’exprimer et à cohabiter, à avancer ensemble. En fait, ce qui marche pas dans les relations parfois, c’est de grandir en soi même mais pas avec l’autre. Et le fait de ne pas parler aussi. Nous, on se parle énormément : de sexualité, de tout [GM acquiesce]On se comprend et on se respecte, et on peut avancer ainsi au fil des années. On vieillit bien ensemble.
GM : Donc, pour répondre : oui, de plus en plus.

Cette question de l’amour qui dépasse la portée individuelle et charnelle : Je t’aime encore, c’est surtout une chanson politique, qui retrace vos sentiments ambivalents face au pays, entre amour et constat de l’ingratitude, du dénigrement, d’un public qui se dérobe. Vous pouvez nous en dire plus ?
GM : Comme tu dis, c’est un constat. Il n’y a pas de jugement. On n’est pas triste que certaines personnes ne captent rien à ce qu’on fait : ça veut peut-être dire que ce qu’on fait peut être intéressant. Par exemple, hier, j’écoutais Calogero dans le taxi… j’avais envie de mourir. C’est de la chanson supra… superficielle (après, j’ai peut-être rien compris et il y a peut-être 12 sens). En réalité, en France, le public dit parfois : “Yelle c’est chelou”. Des gens ont pas compris qu’on fasse un jour un duo avec Michael Youn, et le lendemain un E.P. chez Kitsuné, ces grands écarts qu’on adore faire, et qui perdent les gens quitte à les faire se dire : “attends est-ce que c’est bien ou naze ?”. Aux USA ou en Scandinavie,  les gens nous prennent comme on est, et trouvent ça cool d’expérimenter : c’est une richesse, pas une faiblesse. Notre public français est hyper fidèle et hyper cool, on l’adore, mais c’est vrai que le grand public nous balance tout le temps que Yelle, c’est juste Parle à ma main

Votre image et exposition médiatique en France est ainsi un peu semée d'obstacles. Vous pourriez développer ?
GM : Les gens qui viennent nous voir nous ont toujours adoré, mais il est vrai beaucoup de grosses radios mainstream françaises nous ont boudé, voire nous détestaient. Avec L’Ère du Verseau, ça change un peu : les chansons passent un peu sur France Inter, et c’est cool. Je t’aime encore est aussi la mise en avant d’un décalage entre les gens intéressés et curieux, et d’autres plus “passifs” qui baignent dans les clichés. Dans la promotion française, on a du mal à sortir de ce carcan : quand des médias, parfois massifs, nous parlent pendant 75% du temps de Parle à ma main ou la Tecktonik, on se dit vraiment que le mec nous aide pas à nous accompagner là où on est à présent. La mise à jour est super dure, comme pour un ordinateur : c’est lent, ça rame. 

À l'inverse, comme vous dites, vous avez connu le succès aux États-Unis et traversé les pays. Quelle influence ces voyages ont eu sur votre carrière ?
GM : J’ai un peu l’impression qu’on est citoyen du monde, comme diraient les altermondialistes [rires]. Pour la tournée, on fait par exemple Paris, la Bretagne, puis la Suède et l’Australie. Les gens nous suivent à l’international et on se sent à l’aise aussi bien avec des fans à Tokyo qu’aux US, ou Paris.
Julie : On adore Lyon, par exemple. Paris et New-York sont des publics assez similaires, mais on remarque aussi des publics différents : Seattle, c’est plus vieux et plus rock ; à l’inverse, dans le sud américain comme Albuquerque, c’était plus jeune, avec beaucoup de Mexicains du fait de la proximité de la frontière. En vieillissant, ça fait plaisir de voir qu’on garde les fans de la première heure, et que certains nous découvrent maintenant, avec un tout nouveau public : lors de la tournée de Yelle Club Party, il y a deux ans, on voyait vraiment les vingtenaires qui nous ont (re)découvert. 

 Vous vous sentez "déchirés", cosmopolites, ou autre ?
GM : Phoenix, par exemple, a explosé sur le quatrième album [Wolfgang Amadeus Phoenix, ndr], alors qu’ils étaient une niche en France, avant. Plein de gens connaissent, mais ils ont bien marché aux Etats Unis.
Julie : Cette explosion les a exportés. En les voyant à Coachella, par exemple, c’était bondé. C’était impressionnant, en tant que Francais de les voir jouer à l’étranger. En France, on sentait que les gens comprennaient peut-être moins. 
GM : On se dit que le proverbe “Nul n’est prophète en son pays” marche bien, finalement. Nous, on est peut-être comme Phoenix, même s’ils sont plus fat que nous. C’est une échelle bien différente. 

En écoutant l’album, on entend des “valeurs nouvelles” qui peuvent émerger, et des constats. On le voit assez dans Karaté, où vous affrontez la violence numérique à grands coups de syllabes puissantes. Vous pourriez nous en dire un peu plus ?
Julie : Si Karaté parle de la violence sur les réseaux sociaux, il y a quand même autre chose. Sur Twitter, quand on se prend un message hyper méchant et qu’on répond simplement, avec gentillesse mais sans rentrer dans le clash, les gens disent : “Oh super tu m’as répondu t’es trop mignonne !”. C’est vraiment bizarre. Il y a un contraste entre l'attaque et la "communication" en face-à-face.
GM : On peut lier ça à l’esprit de Karaté, cette idée de laisser-aller spontané. Mais en composant, on avait réellement cette idée de spontanéité phonique : le but était de jouer sur les sons, les “ta-ta-ta” et la dureté des syllabes. Le mot “karaté” est hyper puissant, comme un tonnerre, de la même manière qu’un tweet peut être violent et foudroyant. Les deux se rejoignent : ce sont des claques, des choses inoffensives, liées au direct spontané, à l'expression libérée et frontale.

Ce qui chapeaute l’album, c’est donc l’idée de catharsis, de libération ?
Julie : Oui, tout à fait, quelque chose de libérateur. Dans Emancipense, le but est aussi de montrer que, lorsque dire est trop difficile, on peut le montrer dans et par le corps, donner des messages. Dans Un Million, on veut montrer qu’il faut affronter la vie, soulever le tapis, - affronter ses peurs. C’est ce qui en fait peut être l’un des albums les plus intimes, peut etre, et en un sens plus “grave”. Un petit voile se rajoute à la sincérité. 
GM : C’est comme si on avait élagué plusieurs choses dans la musique, pour être direct, pour servir le message sans fioriture. Dans Je t’aime encore, la voix est directe, articulée : on comprend clairement.

 Sur le succès

Vous avez une grande carrière, longue de 15 ans. Vous avez vu les média et moyens de promotion musicale changer. Quel regard vous portez sur la musique et le succès viral d'aujourd'hui ?
GM : Notre succès subi avec Je veux te voir puis PAMM a été plus progressif : on a eu le temps de voir les choses arriver, et de composer. Même si on ne s'y attendait pas, on a pu gérer. Aujourd'hui, les artistes parlent de plus en plus de leur chiffre en permanence : dans le rap, par exemple, dès qu’il y a 1 million de vues, il faut le dire. Oui, certes, t’es content quand t’as des scores, mais je trouve personnellement la commnication du chiffre un peu triste. Le verbe “percer” est révélateur : les jeunes veulent “percer”, la célébrité : c’est un verbe très étrange.
Julie : C'est comme si ils prennent le truc à l’envers. Pourquoi tu fais ça : tu aime vraiment ça, ou t’as envie d’être connu ?
GM : Ce prisme, il est assez récent. Dans la formulation, du moins. Avant, bien sur que des groupes voulaient être connus, ils avaient des rêves : maintenant, la fame semble primordiale. Ça peut donner une impression d’auto-marketing un peu pesante, même si ça veut pas dire que les gens ne sont pas talentueux !

Et Wejdene, ce serait un bon exemple ? 
GM : Oui, peut être. Perso, le morceau Anissa, je le trouve cool. Il est bien. [Ensemble :] “Tu hors de ma vue”, c’est génial : ça fait penser à Gotainer, dans Primitif. GM : C’est comme quand PNL vire des mots pour caler au timing et au flow : ça donne des choses très intéressantes, où on se fait surprendre, et qui font avancer la musique. Ils sont certes deveny très gros, très rapidement, mais concernant la “carrière”, seul le temps peut juger…

Vers la nouvelle ère : Yelle prophète

L’ère du Verseau annonce un nouvel ordre des choses : après un 2020 mouvementé et riche, on peut vous souhaiter quoi ?
GM : Que les concerts puissent reprendre le plus tôt. On ressent un gros manque physique de fête. C’est important pour nous, c’est clair : jouer, tourner. Sortir un album ou la tournée, au moins dans sa première phase, est incertaine, c’est un peu triste. Le meulleur qui puisse arriver, pour nous et pour tous, c’est qu'on puisse se retrouver pour s’enjailler et danser. Ce qui va nous miner, c’est de ne pas pouvoir danser, évacuer la compression et la frustration. Il faut que ça sorte, par de petites soupapes : les concerts et festivals, c’est ça.

Après un 2020 apocalyptiquement pourri, vous nous prévoyez quoi, pour 2021 ?
Julie : Je suis positive, personnellement. L'ère du verseau, c’est peut-être maintenant, qui sait ? En 2021, mon souhait est qu’il y ait une forme de renaissance, que quelque chose de meilleur émerge, après tout le caca de 2020. Mais bon...
GM : 2021, c’est vraiment demain… On va prendre du temps à sortir de la merde dans laquelle on est. Ça sera un peu long. Mais les gens vont commencer à se poser de bonnes questions, même si c’est le cas pour pas mal de personnes, surtout les nouvelles générations. La société va peut être "se calmer", et réflechir sur le moins-consommer, ce qui est plus calme. Il y a deux options, je pense : 2021 va peut-être dessiner quelque chose de plus soft, ou va péter complètement. 


++ L'album de Yelle, L'ère du Verseau, est disponible aujourd'hui sur toutes les plateformes de streaming, et le clip de "J'veux un chien" sortira le 9 septembre. Yelle se produira (croisons les doigts !) le 22 octobre à Strasbourg, le 30 à La Cigale, puis dans toute la France et l'Europe cet hiver.