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Lu You était un mec plutôt badass pour un poète. La preuve, on l'a surnommé le "vieillard sans entraves" sur la fin de sa vie. Au XIIème siècle, patriote, il participe à plusieurs campagnes militaires et ose même critiquer les généraux qu'il juge incompétents, ce qui lui vaudra d'être licencié. Et autant vous dire que le Code du Travail de l'époque, c'était pas l'Etat Providence. Mais bon, il s'est refait la rondelle et a occupé des fonctions importantes dans diverses provinces avant de prendre sa retraite. S'il est devenu un personnage important dans le récit national chinois, tant pour sa vie que son oeuvre, on connaît moins sa terrible descente aux enfers, vassalisé par un félin tyrannique. Tout commence en 1183, il a 58 ans, et il est plein d'admiration pour son mini-tigre :
B00EBD5B-3E1A-4BA4-B8A7-17182D9E0F3C "J'ai eu un petit chaton avec un sac de sel
Pour protéger les innombrables livres de mon étude
C'est une honte ma famille est pauvre et mes revenus sont bas
Alors il n'a ni couverture pour dormir ni poisson à manger"

Sauf que... Tous les propriétaires de l'un de ces pervers narcissiques à poils le savent, après la lune de miel vient la lente et inéxorable succion de votre âme et l'amour propre qui termine dans une litière. Dix ans plus tard, Lu You n'est plus que l'ombre de son chat :

AAC7DB12-A0F6-4B86-B3C7-5B4B74A0DBC6" Nuit après nuit tu avais l'habitude de massacrer des rats
Guardant le grenier à blé si férocement
Alors pourquoi maintenant tu agis comme si tu vivais entre les murs d'un palace
Mangeant du poisson tous les jours et dormant dans mon lit ?"

Asservi, il ne lui reste plus que ses yeux pour pleurer et regarder son animal se prélasser, ronronnant insouciant, en RTT perpétuelle tandis que les souris dansent la zumba. 

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"Je ne te réprimande pas pour ne pas attraper de souris
Je te sert toujours ton poisson à temps
Tous les jours je te vois dormir sans inquiétude
Alors pourquoi tu continues de courir ça et là ?" 

Telle une fable de La Fontaine, que cette histoire vous serve d'avertissement, on n'adopte pas l'une de ces petites teignes impunément. Qu'on soit noble ou roturier, c'est toujours l'humain qui se fait domestiquer...