kislanyokOn entend souvent dire que pour les filles, c’était quand même pire avant. Sans doute oui, mais il reste tellement de boulot, suffit de prendre un métro la nuit ou de feuilleter un catalogue de Noël pour s'en rendre compte. Le marketing genré constitue un vrai moyen de brasser toujours plus d’oseille, en limitant l’amusement des petites filles à des sphères mortelles : les joies simples de la cuisine et du ménage, ou comment devenir une Bree Van de Kamp en puissance ; l’avant-goût rebutant de la maternité avec des poupons toujours plus interactifs, histoire de bloquer au stade anal très, très longtemps. De quoi faires de nos mouflets de bons adultes sous xanax. Aujourd’hui, cette tradition consumériste est certes dénoncée (merci Pépites Sexistes) et abandonnée peu à peu par les marques, mais elle occupe une place encore trop importante dans l’éducation des enfants. La brique danoise la plus célèbre de la planète a elle-même cédé à cette même tentation en sortant LEGO Friends, ce simulacre de Playmobil destiné aux fillettes. Négligeant par la même occasion une de ses valeurs fondamentales, l’ouverture des possibles par le jeu de construction. Cependant, voici ce que les parents pouvaient trouver en 1974 dans certaines boîtes LEGO : 

legopar

Aux parents,
L'envie de créer est la même chez tous les enfants. Garçons et filles. C'est l'imagination qui compte. Pas les compétences. Vous construisez ce qui vous vient à l'esprit, et comme vous le voulez. Un lit ou un camion. Une maison de poupée ou un vaisseau spatial.
Beaucoup de garçons aiment les maisons de poupées. Elles sont plus humaines que les vaisseaux spatiaux. Beaucoup de filles préfèrent les vaisseaux spatiaux. Ils sont plus excitants que les maisons de poupées. La chose la plus importante est de mettre le bon matériel entre leurs mains et de les laisser créer ce qui leur plaît vraiment.

Ce tract nous donnerait un peu plus d’espoir, s’il n’était pas aussi daté.