Pinocchia, de Jean-Pierre Gibrat, Francis Leroi © Éditions Glénat 1995
Pinocchia, de Jean-Pierre Gibrat et Francis Leroi, 1995

Ok, il y a eu Tabatha Cash, Brigitte Lahaie ou Mia Khalifa. D’immenses porteuses de fantasmagorie érotique. Mais elles ne sont rien en comparaison des personnages fictifs. Peut-être parce qu’elles sont souvent nos premiers contacts avec l’érotisme (bien plus sympas, avouons, que d’attaquer par du porno hard core glané sur internet ou sur les rayons stratosphériques des maisons de la presse de nos enfances, pour les plus anciens des lecteurs). Mais aussi parce qu’elles sont fortes, puissantes.  Elles ne sont pas soumises au diktat cinématographique du fellation-pénétration-sodomie-éjaculation faciale. Non. Elles sont multiples. Timides ou affirmées. Sauvages ou dociles. Aventurière (dîtes-nous que Lara Croft n’est pas une inspiration de perso érotique), infirmière, hôtesse de l’air, bourgeoise, robotique, ingénue… Elles ne sont pas le simple support d’une scène qui sera, éventuellement, regardée en entier. Elles sont les héroïnes d’une aventure qui porte leurs noms. Elles sont les habitantes de pages qui vivent sous le pulpe de nos doigts, qui peuplent les étagères de nos bibliothèques. Elles sont féministes avant l’heure.

Anita, de Guido Crepax © Héritiers Crepax ; © Éditions DELCOURT, 2016 pour l’édition en langue française

Anita de Guido Crepax, 1981
 
 

Aujourd’hui, les BD de Paolo Eleuteri Serpieri sont considérées par tout le monde comme un chef-d’œuvre. Des dessins qui sentent la chair par leur chaleur, les courbes éternelles de Druuna, ce mélange de SF et d’érotisme. Comme le résume parfaitement Nicolas Cartelet, « les histoires passent, les héroïnes restent ». Une exergue d’un ouvrage magnifique. Un hommage. Les plus belles filles de la BD érotique. Un fantasme est une projection et on ne pourra jamais autant se projeter que sur ne œuvre de fiction. Vous avez un doute ? Alors pourquoi nous avons tous, hommes comme femmes, fantasmé sur Jessica Rabbit à un moment ?

Nagarya, de Riverstone © Dynamite, 2018

Nagarya, de Riverstone, 2018
 
 

On voudrait pas sonner comme un article de Télérama, mais franchement, c’est le cadeau parfait pour Noël. A la fois culturel et décalé. Pointue et grand public. Intellectuel et primaire. On ne va pas se mentir, feuilleter cet ouvrage plonge dans un émoi candide qui sent bon la madeleine de Proust. Si la recette de la madeleine impliquée de la cyprine et du stupre.1

Little Ego N.E de Vittorio Giardino, 2011
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Bettie Page, reine des pin-up de Boer, 2011
 
 
 

Couverture Manara, sublimer le réel, de Milo Manara © Éditions Glénat 2019_1++ Les plus belles filles de la BD érotique, éd. Dynamite, 270 p., 29,90 €