La défenestration : Gilles Deleuze (1995)

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Certains présentent la fin de vie du philosophe français comme un ultime acte de liberté : atteint d'une longue maladie respiratoire qui le handicape, Deleuze fait le choix de se suicider par défenestration il y a vingt-cinq ans, le 4 novembre 1995, seulement quelques semaines après avoir fait l'objet d'un hommage par les Éditions de Minuit. 
Où le trouver : en Haute-Vienne.

La noyade : Virginia Woolf (1941)

l;k,jnhPionnière de la question féministe dans la littérature occidentale et grande figure du mouvement moderniste après la Première Guerre Mondiale, Virginia Woolf poursuivra sa quête d’originalité jusqu’à la mort. Considérablement atteinte par son trouble bipolaire, elle finit par renoncer à se supporter alors que la guerre sévit, en 1941. Elle présente son suicide à son mari comme la "meilleure chose à faire" . L'écrivaine fait donc le choix de se laisser mourir dans la rivière Ouse près de sa maison Monk's House dans le Sussex, après avoir rempli les poches de sa robe de cailloux. Son mari retrouve son corps trois semaines plus tard.
Où la trouver : dans son jardin.

L'empoisonnement : Stefan Zweig (1942)
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L'écrivain autrichien, comme beaucoup d'intellectuels germanophones et juifs face à la Seconde Guerre Mondiale, s'exile pendant le conflit. Fuyant au Brésil, Zweig est considérablement travaillé par de nombreuses angoisses, au premier rang desquelles figurent la mort et la vieillesse. Sa dernière visite à l'écrivain chrétien Georges Bernanos, lui aussi exilé, n'est pas assez puissante pour le convaincre de commettre l'irréparable. En février 1942, convaincu de la fin d'un monde agonisant, il se suicide au Véronal, puissant barbiturique, en compagnie de sa femme.
Où le trouver : en terre brésilienne à Petrópolis, au Brésil.

Un scénario épique et traditionnel : Yukio Mishima (1970)
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Mishima met le paquet pour son suicide : aidé de quelques hommes, l'écrivain japonais prend vainement en otage un général au ministère de la Défense de l'époque. À l'issue de ce qu'il savait être un échec, il s'éventre suivant la tradition du hara-kiri (ou seppuku), abandonnée officiellement par le pays en 1868. Tatenokai Masakatsu Morita, personne désignée pour décapiter le suicidé selon le code traditionnel (kaishakunin en japonais), ne parvient pas à passer à l'acte : c'est un certain Hiroyasu Koga qui s'en charge. Marguerite Yourcenar parlera un an plus tard de la mort de l'écrivain comme « une de ses œuvres, et la plus soigneusement préparée ».
Où le trouver : au cimetière japonais de Tama.
 


Une réplique originale : Hart Crane
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Hart Crane finit ses jours dans un tumulte aussi puissant que celui de sa vie. Poète américain du premier vingtième siècle et homosexuel, il est mis en difficulté par des problèmes financiers et son alcoolisme dans les dernières années de sa vie. Au retour de son voyage au Mexique en 1932, il est sévèrement corrigé pour avoir fait des avances sexuelles à un membre de l'équipage de l'USS Orizaba. Très saoul et vêtu de son pyjama, il se jette du navire en criant : "Goodbye, everybody !". Les différents témoins identifient cet acte comme suicidaire, même si l'écrivain ne l'a pas explicitement revendiqué. Sa dépouille n'a jamais été retrouvée en mer, malgré l'arrêt immédiat du bateau.
Où le trouver : à vous de chercher.


Le drame dans la vie quotidienne : Sylvia Plath

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Poétesse moderniste américaine et figure emblématique du mouvement féministe, Sylvia Plath est aussi connue pour son roman autobiographique La cloche de détresse (The Bell Jar, 1963), qui raconte la difficile existence d'une jeune adolescente enfermée dans un hôpital psychiatrique. Un mois après la publication du roman, alors que sa dépression gagne du terrain, la poétesse met la tête dans la gazinière, ouvre le gaz et attend la mort. Elle a pris soin de préparer le petit-déjeuner de ses deux enfants, qui dorment encore à l'étage et échappent à l'accident. Le dernier poème qu'elle écrit, intitulé Le bord (Edge), sonne comme un poignant aveu dont le premier vers est le suivant : "La femme s'est accomplie".
Où la trouver : dans le Yorkshire de l'Ouest.

Le triple combo d'un impatient : Sénèque
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En digne stoïcien, Sénèque se fiche de la mort. Gros thug de la souffrance, il multiplie les moyens de mettre fin à ses jours tant la mort semble le narguer. Compromis par des affaires politiques qui concernent l'entourage de Néron, il subit la disgrâce en l'an 62 avant d'être haï par l'empereur dont il était un des anciens proches. Contraint au suicide forcé par ce dernier lors de la Conjuration de Pison, il s'ouvre les veines des bras, puis des jambes, puis des jarrets. Mais la mort tarde à venir : Sénèque se fait amener du poison, lequel s'avère inutile sur un corps qui peine à se vider de son sang. Il tente ainsi un bain chaud, avant de mourir enfin dans une étuve dont les vapeurs finissent par l'étouffer. 
Où le trouver : en GF, chez Gallimard, ou aux Belles-Lettres.


++ Aucun humour ici. Si une personne de votre entourage connaît des difficultés psychiques, contactez immédiatement les urgences, SOS Amitié, mais surtout parlez et agissez.