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À sa sortie, le succès cosmique de Take On Me n'avait rien d'acquis, au contraire, c’était vraiment mal barré : d'abord intitulé Miss Eerie et composé en 1981 par Pål Waaktaar et de Magne Furuholmen au sein d’une première formation (les Bridges), les premières prises du morceau s'inspiraient des riffs de Ray Manzarek (clavier mythique des Doors). Loin du morceau qu'on connaît donc. Et ça ne s’arrête pas là : par la suite, la chanson continue de muter, sous le titre Lesson One puis sous l'interminable All’s Well That Ends Well That Ends Well and Moves With the Sun (et autant de versions enregistrées). Une grosse prise de chou kafkaïenne, qui conduit les compositeurs — alors récemment signés chez Warner Bros — a détesté leur propre son. C’est dire.


L'arrivée du chanteur Morten Harket (et de son refrain inchantable pour les créatures terrestres) ainsi que les arrangements d’Alan Tarney (ancien des Shadows) ont permis au groupe de basculer dans une autre dimension, et de trouver l’identité qui lui manquait pour percer. Et si le single peinait toujours à décoller dans les charts depuis sa sortie en 1984,  l'échec cuisant du premier clip terminait de désespérer le groupe de voir leur carrière décoller un jour. Warner décida d'en mettre un grand coup, en produisant un second clip, avec à la réal, Steve Barron : célèbre pour le clip de Billie Jean sorti en 1982. De quoi enfin donner du panache à la team norvégienne et "assurément" booster la sortie de leur album Hunting High and Low en 1985. 

a-ha TakeOnMe_actu_05052019 (1)Ironie du sport ou destin prévisible, Take on me est sans doute la chanson la plus populaire de tous les temps avec son milliard de vues sur Youtube. Mais elle reste le seul et unique succès du groupe, condamné à l'abîme des tubes de jeunesse des plus vieux et des afters old-school des plus jeunes. A-ha est mort, vive A-ha !